Le ministère de la Justice est ciblé par un ransomware, les pirates menacent de publier des données sensibles

Le ministère de la Justice française serait victime d'un ransomware. C'est en tout cas ce qu'avance, images à l'appui, le youtubeur et ingénieur en intelligence artificielle Defend Intelligence sur Twitter. D'après ses sources, des données ont été compromises et les pirates menacent de les divulguer le 10 février 2022 si la rançon exigée n'est pas versée par les autorités.

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Crédits : Pixabay

Depuis plusieurs années maintenant, les ransomwares sont devenus des armes de destruction massive pour les pirates, capables de mettre à genoux des institutions, des entreprises et de mettre à mal des infrastructures vitales pour l'économie d'un pays. Rien qu'en France, le nombre d'attaques a bondi de 32% en 2021, comme le précisait le ministère de l'Intérieur dans une étude publiée en novembre 2021.

Ironie du sort, le ministère de la Justice a été victime d'une attaque par ransomware ce jeudi 27 janvier 2022. Nous devons cette information au youtubeur et ingénieur en intelligence artificielle Defend Intelligence, qui vient de publier un thread complet sur cette affaire sur Twitter.

Comme il le détaille sur le réseau social, le ministère de la Justice a été pris pour cible par le ransomware LockBit. On peut d'ailleurs voir sur le site des opérateurs du logiciel malveillant que l'institution figure parmi les cibles récentes. Les pirates exigent le versement de la rançon, sous peine de divulguer des données compromises grâce au piratage du site du ministère de la Justice.

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Crédits : Defend Intelligence via Twitter

Les casiers judiciaires publiés sur la toile faute de paiement ?

Quels peuvent être les dommages potentiels de cette cyberattaque ? Pour l'instant, impossible de savoir la teneur des données volées. Comme le suggère Defend Intelligence, le pire serait de voir les informations confidentielles des citoyens diffusées sur la toile. On parle ici des casiers judiciaires, des suivis, des plaintes, etc. “Dans le meilleur des cas, les données qui fuiteraient seraient des données publiques agrégées d'avocats, d'huissiers, de lieux de justice, etc.”, explique Defend Intelligence.

À l'heure où nous écrivons ces lignes, le CERT, le Centre gouvernemental de veille, d'alerte et de réponse aux attaques informatiques n'a pas publié de déclaration officielle sur le sujet. Nous mettrons à jour cet article dès que nous aurons de plus amples informations. Quoi qu'il en soit, on ne sait pas vraiment comment les pirates ont pu obtenir un accès au site du ministère de la Justice. La thèse de l'erreur humaine est soutenue par Defend Intelligence. Par ailleurs et comme vient de nous le confirmer l'ingénieur sur Twitter, près de 10 000 fichiers seraient en attente sur la page dédiée au leak de justice.fr. Il faudra attendre le jour J, soit le 10 février, pour en avoir le cœur net.

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Crédits : Defend Intelligence via Twitter

LockBit, la référence des ransomwares

Concernant le ransomware LockBit, peut-être que ce nom vous dit quelque chose. Ce maliciel a gagné en popularité chez les pirates depuis 2019. Son fonctionnement reste simple : accéder aux données et chiffrer leur accès pour les rendre inutilisables. Étape suivante, exiger le versement d'une rançon (souvent en cryptomonnaies) pour en recouvrir la jouissance. Très rapidement, ce ransomware a été utilisé massivement contre de grandes entreprises et des gouvernements.

Depuis, ce ransomware comme beaucoup d'autres a évolué pour permettre aux pirates de collecter des données, en plus de chiffrer leur accès. De fait, les attaquants peuvent menacer leurs cibles de diffuser les informations sensibles récupérées sur la toile. Une raison de plus de les inciter à passer à la caisse.

À lire également : Ransomwares – les pirates deviennent sans pitié pour forcer les victimes à payer plus

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Crédits : Defend Intelligence via Twitter

Les ransomwares mettent à mal entreprises et gouvernement

Dans les exemples les plus récents, on se souvient du ransomware lancé par le groupe de pirates russes DarkSide qui a paralysé l'un des principaux oléoducs américains. Une cyberattaque qui avait poussé le gouvernement à déclencher l'état d'urgence et à considérer les attaques par ransomware du même acabit que le terrorisme.

Peu de temps après cet évènement, les États-Unis ont d'ailleurs promis la somme de 10 millions de dollars pour toute information qui mènerait à la capture des membres du groupe DarkSide. Quant à l‘agression contre l'entreprise Kaseya, elle s'est imposée comme la plus importante cyberattaque de l'histoire, avec une rançon de plus de 70 millions de dollars en Bitcoin. Plus récemment encore, c'est le groupe d'armement français Thalès qui a été visé par un ransomware. Faute de paiement, des données ont été divulguées, mais l'entreprise a minimisé l'impact de l'attaque.


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