La puce IA de votre PC ne sert pas qu’à l’intelligence artificielle, voici comment Windows 11 s’en sert déjà
Les ordinateurs vendus aujourd’hui embarquent presque tous une puce dédiée à l’intelligence artificielle. Un projet open source vient de lui trouver un usage totalement inattendu sur Windows 11. Son pilote fait dessiner l’ensemble du bureau par ce composant Intel, sans solliciter la puce graphique habituelle.

Depuis deux ans, les fabricants glissent un accélérateur neuronal dans presque tous les portables vendus en magasin. Il sert à flouter l’arrière-plan en visioconférence ou à transcrire une réunion. Hors de ces usages, il ne fait pas grand-chose. Microsoft préfère gagner en rapidité par le logiciel, et une mise à jour de juin a déjà accéléré l’ouverture du menu Démarrer sur certains PC.
Un projet open source publié fin octobre s’est attaqué à ce composant inemployé. Microsoft n’y est pour rien, même si la version 26H2 de Windows 11 a remanié plusieurs pans du système fin septembre. Ses auteurs ont travaillé sur un seul ordinateur portable Intel de génération Panther Lake. Leur idée consiste à confier au processeur neuronal un travail totalement étranger à sa vocation.
Le bureau de Windows 11 s’affiche entièrement grâce à la puce IA des ordinateurs Intel
Le pilote fait dessiner tout le bureau de Windows 11 par la puce IA. En apparence, rien ne change, puisque le système croit toujours s’adresser au circuit graphique habituel, alors qu’une couche intermédiaire détaillée dans le dépôt du projet redirige chaque ordre de dessin vers les six petits cœurs de calcul du composant. Aucun logiciel installé ne s’aperçoit de la substitution. Trente-huit routines d’affichage ont été réécrites, puis vérifiées une à une, point par point. Le rendu final est identique à l’original.
Les chiffres douchent l’enthousiasme. Sur la machine de test, l’image ne se renouvelle que 2,5 fois par seconde, loin des 30 rafraîchissements visés. Côté souris, le curseur accuse 94 millisecondes de retard en moyenne, et les pires pointes frôlent les deux secondes. Transparence et flou, eux, se font attendre bien plus longtemps encore. Pendant ce temps, la puce Intel tourne à 58 % de charge.
L’installation reste réservée aux curieux avertis. Elle réclame les droits administrateur, plus un mode spécial de Windows 11. En cas de plantage, le bureau peut devenir inutilisable quelques minutes. Aucun soulagement de la puce graphique n’a été mesuré non plus. Tout l’intérêt tient à la démonstration. Faire tourner tout l’affichage sur une puce conçue pour l’intelligence artificielle fonctionne vraiment. Reste à savoir si quelqu’un parviendra un jour à accélérer suffisamment l’ensemble.