Instagram refuse de bannir les contenus IA, son patron explique pourquoi c’est impossible
Depuis plusieurs mois, les contenus générés par intelligence artificielle envahissent les fils d’Instagram. Adam Mosseri, le patron du réseau social, vient de reconnaître qu’une interdiction pure et simple n’a aucune chance d’aboutir. Il prévoit même plusieurs années de tension entre créateurs humains et machines.

Photos et vidéos générées par ordinateur remplissent désormais les réseaux sociaux. Visages inventés, décors fabriqués, voix clonées, la vague touche toutes les plateformes. Meta puise déjà dans les publications des utilisateurs d’Instagram pour nourrir ses outils de création visuelle. Face à cette accumulation, le public doute de plus en plus de ce qu’il voit défiler.
Fin octobre, le patron de la plateforme s’est exprimé longuement sur le sujet lors d’un entretien vidéo. Dans cet échange, Adam Mosseri revient sur l’inquiétude des créateurs, qui redoutent de perdre leur audience au profit de personnages fabriqués. Beaucoup se voient déjà distancés par des profils virtuels, qui n’exigent ni déplacements ni séances photo. Instagram leur destine pourtant de nouveaux outils, comme la fonction Premier jet, capable de découper automatiquement un clip pour en garder le meilleur. Son discours prend malgré tout un tour nettement plus sombre.
Le patron d’Instagram juge irréaliste toute interdiction des contenus IA sur Instagram
Interrogé par les animateurs du podcast Colin and Samir, Adam Mosseri écarte toute interdiction des contenus générés par IA. Le responsable juge la mesure irréaliste pour une application suivie par des centaines de millions de personnes chaque jour. Les modèles progressent trop vite. Sur Instagram, les créateurs humains affrontent donc des comptes synthétiques, classés par l’algorithme selon les mêmes critères qu’eux.
La modération automatique complique encore la tâche. Selon le dirigeant, rien ne fâche autant la communauté qu’un auteur bien réel étiqueté par erreur comme producteur artificiel. Depuis août, Instagram impose un label aux profils mettant en scène un personnage fabriqué. De nombreux faux comptes passent pourtant entre les mailles du filet. Son patron estime aussi que l’expression « AI slop » circule aujourd’hui beaucoup trop largement.
Le soupçon devient la norme. Adam Mosseri annonce deux à trois années de frustration et de colère autour des publications synthétiques. Il en juge une partie fondée, et l’autre non. Sur Instagram, les images trop léchées éveillent déjà la méfiance, quand la vidéo brute et mal cadrée reste la meilleure preuve d’une présence humaine derrière l’objectif.