Huawei : Washington poursuit la firme pour conspiration, racket et vol de secrets industriels

Maj. le 5 mars 2020 à 16 h 51 min

Huawei est visé par une nouvelle plainte des Etats-Unis. Washington accuse la firme et deux de ses filiales de racket au niveau fédéral et conspiration dans le but de voler des secrets industriels d’entreprises américaines. Cette nouvelle plainte dresse le portrait d’une entreprise qui aurait minutieusement organisé un espionnage industriel à grande échelle. 

Le quotidien américain The New York Times rapporte que Washington a lancé une nouvelle procédure contre Huawei et deux de ses filiales. Les Etats-Unis accusent cette fois-ci la firme de « racket au niveau fédéral » et conspiration dans le but de voler des secrets industriels d’entreprises américaines. Le chef d’accusation de racket au niveau fédéral est lié à une loi américaine qui a été historiquement utilisée pour confondre les leaders de gangs et autoriser le ministère public à ajouter des chefs d’inculpation qui ne seraient pas possibles autrement.

La « conspiration » dont est accusée Huawei serait en lien avec des activités qui courent depuis 1999. Quant au vol de secret industriels, il s’appuie selon la plainte sur des faits intervenus dans six entreprises américaines qui ne sont pas directement nommées dans les documents. Néanmoins à en croire New York Times, il s’agirait de Cisco Systems, Motorola Solutions, Fujitsu, Quintel Technology, T-Mobile et CNEX Labs. Huawei a d’ailleurs déjà eu des démêlées judiciaires avec une partie de ces entreprises.

Les Etats-Unis renforcent la pression contre Huawei

Par exemple, Cisco, qui fabrique des équipements réseau, a poursuivi Huawei en 2003 – accusant la firme d’avoir violé nombre de ses brevets et d’avoir copié le code source de ses logiciels et documentation. La plainte a été abandonnée l’année dernière, après avoir obtenu de Huawei la promesse de changements sur les produits concernés. Quintel a poursuivi Huawei en 2015, accusant la firme d’avoir volé sa technologie d’antennes. L’affaire s’est conclue en 2018. Motorola a mis fin à des procédures pour violation de propriétés intellectuelles en 2011.

La plainte dresse le portrait d’une entreprise qui a minutieusement organisé et orchestré une campagne de vols de secrets industriels. Le New York Times cite une allégation selon laquelle en 2004 un employé de la firme se serait immiscé dans une exposition à Chicago pour voler la technologie d’un concurrent. L'employé « a été découvert au milieu de la nuit, après que l’exposition ait fermé ses portes dans le pavillon d’une entreprise technologique » rapporte la plainte.

L’homme, qui portait un badge qui prétendait que le nom de son employeur était « Weihua » (Huawei en verlan) aurait été surpris alors qu’il était « en train de retirer le panneau d’un équipement réseau et de prendre des photos des circuits à l’intérieur ». Autre épisode cité par le New York Times, les « contremesures » de Huawei contre une entreprise concurrente spécialisée dans le stockage.

Huawei aurait convaincu des responsables de la firme de venir faire une présentation sur leurs projets, puis leur aurait demandé une copie des slides avant de les transmettre « immédiatement » aux ingénieurs d’une filiale travaillant sur un produit concurrent. Cette nouvelle plainte ajoute du poids à la posture des Etats-Unis dans leur guerre commerciale avec la Chine, et renforce la pression sur Huawei, déjà visé par des sanctions très contraignantes.

Lire également : Huawei – les Etats-Unis préparent de nouvelles sanctions, comme si ça ne suffisait pas

La plainte s’ajoute d’ailleurs à une autre, dans laquelle Washington accuse Huawei d’avoir violé des sanctions contre l’Iran. Pour Huawei, ces nouvelles accusations sont « infondées et injustes ». La firme accuse les Etats-Unis de vouloir nuire « irrévocablement à la réputation et aux activités de Huawei, pour des raisons liées à la concurrence », et d’ajouter que ces accusations ne sont que « le réemballage d’accusations portées au civil il y a près de 20 ans, qui n’ont jamais permis de justifier aucune pénalité substantielle ».

Source : NYT



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