GTA : non, le jeu vidéo ne rend pas violent selon cette étude

 

Une nouvelle étude tente de séparer la notion de violence dans les jeux vidéo et agressivité dans la vie réelle. 500 joueurs ont participé à une expérience visant à étudier les changements comportementaux des joueurs sur plusieurs années. Certains d’entre eux ont commencé très jeunes à jouer à des jeux violents. Et pourtant, ce ne sont pas ceux qui développent le plus d’agressivité.

GTA 5

Quand le jeu vidéo se résumait à Pong, Pacman et Space Invaders, la question de la violence dans les jeux vidéo ne préoccupait personne, parce qu'elle n'existait pas vraiment. Mais, avec des titres comme Doom, Wolfenstein, Mortal Kombat, Carmageddon ou plus récemment des séries Grand Theft Auto (dont le 6e épisodes est encore officiellement cours de développement), The Darkness, Gears of War ou Postal, des familles inquiètes posent des questions sur la pratique, notamment chez les jeunes. Et ce malgré un marquage précis de chaque production qui permettent, même aux néophytes, de savoir si un jeu correspond à une tranche d'âge ou non. Prenez Cyberpunk 2077 par exemple : le jeu est interdit aux moins de 18 ans, parce qu'il est violent et explicite.

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Les familles s'inquiètent. Et les politiques utilisent régulièrement la violence des jeux vidéo comme bouc-émissaire quand un drame survient. Quand un lycéen entre dans un établissement scolaire pour entreprendre une tuerie de masse, la première réponse des pouvoirs publics est souvent “il joue à GTA” ou “il écoute Marylin Manson”. Un raccourci dangereux. D'abord parce que l'Homme n'a pas attendu le jeu vidéo pour tuer son prochain. Ensuite, parce que, contrairement aux idées reçues, le jeu vidéo peut être psychologiquement bénéfique à un malade.

Voir au-delà des préjugés et des affirmations sans preuve

Certaines études montre en effet qu'un bon jeu vidéo peut parfaitement remplacer une séance de psychanalyse. Et certains docteur en psychologie expliquent que le jeu peut aider à combattre certaines addiction. Notamment celle au jeu vidéo. Donc, objectivement, un jeu violent rend-il violent ? La question a été posée à de nombreuses reprises. Et aucune étude n’est parvenue à faire le lien.

Une nouvelle étude publiée la semaine dernière va plus loin. Elle affirme qu’il n’existe pas de relation de cause à effet entre la violence d’un jeu, même pratiqué jeune, et l’agressivité du joueur dans la vraie vie. Cette étude s’appelle « Growing Up with Grand Theft Auto: A 10-Year Study of Longitudinal Growth of Violent Video Game Play in Adolescents ». Publiée dans le magazine scientifique Cyberpsychology, Behavior, and Social Networking, elle démontre l’absence de lien comportemental. GTA est cité dans le titre, mais la série n’a pas été la seule à passer entre les mains des joueurs étudiés.

Des joueurs étudiés pendant 10 ans, une première !

Cette étude est assez atypique. En effet, elle s’étend sur plusieurs années. Et plus précisément sur une décennie. Tous les joueurs n’ont pas été étudiés durant toute cette période. En revanche, certains ont participé sur plusieurs années. Ainsi, les chercheurs ont pu analyser le comportement de certains d’entre eux à plusieurs étapes de leur développement et leurs habitudes de joueurs (fréquence de jeu, type de jeux, etc.). Trois typologies émergent ainsi : ceux qui ont joué à des jeux violents quand ils étaient adolescents, ceux qui ont joué à des jeux peu ou moyennement violents et ceux qui n’y ont pas joué étant jeunes.

Les premiers, très faible minorité dans groupe (4%), ont peu à peu choisi des jeux moins violents. Dans ce groupe, les garçons davantage représentés. Les deuxièmes, qui représentent moins d’un quart de l’échantillon, ont parfois commencé jouer à des jeux plus violents, mais une fois plus adultes seulement. Enfin, les derniers, qui représentent près des trois quarts des joueurs étudiés, ont découvert les jeux violents une fois adultes. Et certains s'y adonnent avec assiduité.

Pas de lien entre la violence d'un jeu et la violence d'un joueur

Des trois groupes, c’est le deuxième qui montre, en moyenne, une agressivité plus élevée. En revanche, le taux d’agressivité n’est pas différent d’une population non joueuse. Cela veut dire que les jeux violents n’ont pas d’incidence tangible sur l’agressivité du joueur, mais aussi que la pratique à l’adolescence d’un jeu violent ne favorise pas l’apparition de comportements plus violents. Les auteurs de l’étude notent que ses résultats peuvent évidemment intégrer une marge d’erreur, puisque les résultats dépendent de l’honnêteté des déclarations des personnes étudiées.

Source : Cyberpsychology, Behavior, and Social Networking



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