Google a brièvement mis en ligne un papier scientifique dans lequel on apprend qu’il a réussi à obtenir le résultat du premier calcul ne pouvant être traité que par un ordinateur quantique. Le dispositif a obtenu le résultat grâce à 53 qubits en seulement 3 minutes 20 secondes contre plus de 10 000 années de calcul pour un ordinateur conventionnel.

Ordinateur quantique / Google

Le Financial Times est parvenu à mettre la main sur un papier scientifique brièvement publié par des ingénieurs de Google sur le site de la Nasa avant d’être retiré. Dans le résumé du document, intitulé « Suprématie quantique au moyen d’un processeur programmable supraconducteur », on peut ainsi lire : « à notre connaissance, cette expérience marque le premier calcul informatisé qui ne peut être effectué que par un processeur quantique ».

Google aurait atteint la « suprématie quantique » : mais qu’est-ce que cela signifie ?

Le calcul lui même a été effectué en à peine 3 minutes 20 secondes alorsqu’il aurait fallu plus de 10 000 années de calcul ininterrompues à Summit, le supercalculateur le plus puissant au monde. Si cela se confirme Google a effectivement réussi à entrer dans l’ère de la « suprématie quantique ». Avec tout ce que cela implique en termes d’intelligence artificielle, cryptographie et simulations scientifiques.

Atteindre la « suprématie quantique » signifie avoir mis au point un ordinateur pouvant effectuer des calculs quantiques sans simulation. Ordinateur qui doit pouvoir effectuer, grâce à un nombre suffisant de qubits, des calculs impossibles à simuler dans un ordinateur conventionnel. Cette limite est atteinte vers 50 qubits – les super ordinateurs actuels peuvent seulement simuler des systèmes avec entre 5 et 20 qubits.

Les efforts de Google avec son ordinateur de 53 qubits ne sont pas neufs : la firme espérait, apprend-t-on dans le même document, y parvenir en 2017 avec un ordinateur de 72 qubits. Mais ce dernier était trop instable – il était pratiquement impossible de garder le système, qui implique de plonger des matériaux supraconducteurs dans une cuve refroidie à des températures très basses, cohérent d’un point de vue quantique. C’est pourquoi les chercheurs ont décidé d’alléger leur système d’une vingtaine de qubits.

La fuite de ce papier scientifique a fait réagir de nombreux acteurs. Dont IBM qui est aussi très en pointe sur le sujet. Le géant bleu ne met pas en cause les résultat mais refuse d’admettre que Google a atteint la « suprématie quantique ». Selon IBM la machine de Google a en effet exclusivement été conçue pour réaliser un calcul précis.

Lire également : Google présente son ordinateur quantique 100 millions de fois plus rapide qu’un PC

IBM est déjà parvenu à faire fonctionner un processeur de 50 qubits pendant 90 microsecondes en novembre 2017. De son côté, Intel a également un processeur de 49 qubits très avancé présenté lors du CES 2018. On attend donc avec impatience de savoir pourquoi Google a retiré sa publication scientifique et en apprendre davantage sur leur machine et les résultats de leur expérience.

Source : Financial Times



Réagissez à cet article !
Abonnez-vous gratuitement à la newsletter
Chaque semaine, le meilleur de Phonandroid dans votre boite mail !
Demandez nos derniers articles !
Peugeot e-208 : le prix de la citadine électrique augmente de 400 €

La Peugeot e-208, la dernière citadine électrique du constructeur français, voit ses tarifs augmenter de 400 €. Toutefois, cette augmentation ne concerne pas uniquement la motorisation électrique de la 208, mais bien toutes les motorisations.  Peugeot dévoile ce mercredi 3…

AMD séduit de plus en plus de joueurs aux dépends d’Intel

Intel domine le marché des processeurs PC depuis des années mais doit faire face à la concurrence d’AMD, bien décidé à lui grignoter des parts de marché. Il faut dire que le créateur des processeurs Ryzen a des arguments à…