Des députés exigent un moratoire sur la 5G pour évaluer son impact écologique

 

La 5G est de nouveau au cœur des débats politiques. Des députés ont déposé le 1er mars 2021 trois amendements demandant un moratoire sur la nouvelle génération de téléphone mobile. L’objectif de ce dernier serait notamment de mesurer l’impact environnemental causé par le déploiement du réseau.

palmares 5G
Crédits : Pixabay

La 5G continue son déploiement progressif sur le territoire et pourrait bientôt arriver sur Paris. Le réseau reste néanmoins déprécié par de nombreux opposants, ou du moins sceptiques qui remettent en cause sa véritable utilité. En décembre dernier, la capitale a organisé une conférence citoyenne pour statuer des conditions de mise en service. C’est désormais au tour des députés de se questionner sur la nouvelle génération de téléphonie mobile.

Certains d’entre eux ont ainsi profité du projet de loi contre le dérèglement climatique pour demander un moratoire sur la 5G. Cette demande est se retrouve dans trois amendements déposés le 1er mars dernier. L’objectif est donc de mettre en pause le déploiement du réseau afin d’imposer des mesures protectrices de l’environnement, après étude de l’impact écologique réel. La Convention Citoyenne pour le Climat, achevée en février 2021, a notamment formulé la même demande.

Deux amendements pour mesurer l’impact écologique de la 5G

Les deux premiers amendements, en réalité similaires mais signés par différents élus, exigent la conduite d’une étude divisée en trois points. Premièrement, les députés souhaitent évaluer l’impact écologique de la 5G. Ensuite, ces derniers veulent proposer des solutions à même de limiter cet impact. Enfin, il est question d’imposer des mesures appliquant ces solutions aux opérateurs. Les amendements demandent donc à mesurer « les effets notables de ces autorisations d’utilisation de fréquences sur l’empreinte carbone de la France et la consommation d’énergie », et exigent du gouvernement des mesures « pour réduire l’impact environnemental de ces autorisations de fréquences ».

Ce n’est pas tout. Bien sûr, l’objectif est avant tout de faire « respecter les budgets carbone » lors de la distribution des fréquences. Mais les élus souhaitent également s’assurer que ces dernières « n’interfèrent pas avec les satellites d’exploration de la Terre et les analyses météorologiques ». Pour appuyer leur propos, les signataires citent notamment le Haut Conseil pour le Climat, qui a calculé une augmentation de 2,7 à 6,7 mégatonnes de CO2 rejetés dans l’atmosphère d’ici 2030. Les amendements dénoncent ainsi « une augmentation de la consommation d’électricité » causée par la 5G. Toutefois, il est difficile d’en être certain. D’un côté, les nouvelles antennes sont censées être moins gourmandes en énergies. De l’autre, celles-ci pourraient être plus sollicitées qu’auparavant.

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Un troisième amendement pour un exiger un moratoire

Le troisième amendement, cette fois soutenu par des députés de La France Insoumise, appelle à la mise en place d’un moratoire d’un an. Ce dernier ne s’arrête d’ailleurs pas là et s’étend à d’autres domaines du digital, comme l’illectronisme ou encore la fracture numérique dont souffrent plusieurs millions de Français. Selon les élus, la 4G et la fibre optique sont « suffisantes » en l’état actuel, rendant augmentation du débit superflue à ce stade. Ils proposent en outre un développement des capacités du réseau actuel, notamment dans les zones à risque de saturation.

Bien que les membres de La France Insoumise s’intéressent eux aussi aux sujets écologiques, ils mentionnent aussi les possibles dérives causées par la 5G. Récemment, des chercheurs en sécurité ont en effet découvert que des hackers peuvent se servir du réseau pour espionner et collecter des données personnelles. Leur inquiétude porte également sur les options de surveillance offertes au gouvernement, ou encore le développement exponentiel des objets connectés.

Ces trois amendements seront examinés à partir du 8 mars 2021 par la commission en charge de la loi contre le dérèglement climatique. L’étude des textes devrait se poursuivre jusqu’au 19 mars, date à laquelle une décision sera prise quant à leur validation. Cela dit, il est très probable que les députés n’obtiennent pas cette dernière, la majorité de l’Assemblée nationale étant opposée à un tel projet.



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