Google, Meta et TikTok veulent bloquer une loi qui protège les enfants de l’addiction aux réseaux sociaux
Google, Meta et TikTok attaquent un État américain en justice. En cause : une loi de protection des mineurs contre l’addiction aux réseaux sociaux. Les plateformes souhaitent faire bloquer son application.

Longtemps ignorée, la question de l’usage des réseaux sociaux par les mineurs est devenue centrale dans de nombreux pays du monde. L’Australie les a carrément interdit aux moins de 16 ans par exemple, avec un succès très mitigé pour le moment. La France voulait faire de même avec les moins de 15 ans, mais la proposition de loi controversée a finalement été bloquée par le Conseil constitutionnel en août 2026. Ce qui n’empêche pas l’Union européenne d’annoncer une mesure similaire pour l’ensemble de ses pays membres.
Outre-Atlantique, les débats sont plus houleux puisqu’ils ont lieu devant les tribunaux. Accusé de rendre les mineurs accros aux réseaux sociaux, Meta a finalement signé un accord à 16 milliards d’euros avec mise en place de limitations strictes sur Facebook et Instagram pour les jeunes américains entre 13 et 17 ans. Un revers pour le groupe de Mark Zuckerberg, qui maintenant choisit d’attaquer plutôt que de se défendre. Idem pour Google et TikTok.
La Californie assignée en justice par Google, Meta et TikTok
Le 10 septembre 2026, le gouverneur de Californie Gavin Newsom signait la loi Assembly Bill 1709. Elle interdit aux réseaux sociaux de proposer des « fonctionnalités psychologiquement exploitantes » aux mineurs. C’est-à-dire celles qui risquent d’entraîner une addiction aux plateformes, par exemple les recommandations personnalisées ou la diffusion de vidéos avec lecture automatique. Le texte oblige aussi les services concernés à supprimer les comptes des mineurs intégrant ces fonctions.
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Dans trois plaintes séparées à l’encontre de l’État de Californie, Google, Meta et TikTok disent que cette loi leur impose d’adapter la présentation de leurs contenus selon les critères établis par le gouvernement, au détriment du jugement des parents. Dans le détail, les entreprises affirment que le texte est contraire au 1er amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression.
Elles évoquent aussi une atteinte à la section 230 la loi fédérale sur la décence dans les communications. Elle dégage largement les plateformes en ligne de toute responsabilité concernant les contenus publiés par leurs utilisateurs. Le procureur général de Californie Rob Bonta examine les plaintes, tout en indiquant que son bureau « s’engage à défendre les lois de bon sens de la Californie visant à protéger les enfants sur Internet ».
L’atteinte à la liberté d’expression pointée du doigt
Pour un porte-parole de Google, « les parents sont les mieux placés pour prendre les bonnes décisions pour leur famille. Des lois trop générales comme celle-ci finissent en réalité par nuire aux systèmes que nous avons mis en place pour aider les enfants à trouver des vidéos de grande qualité et adaptées à leur âge ». Même son de cloche chez Meta, qui souligne une forme d’hypocrisie de l’État voulant imposer sa vision à certaines plateformes tout en laissant les mineurs en utiliser d’autres similaires sans aucune limite.
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TikTok déclare de son côté que la liberté d’expression « ne peut être restreinte au seul motif de protéger les jeunes contre des idées ou des images qu’un organe législatif juge inappropriées ». Mais contrairement à ce que l’on peut penser, les entreprises visées ne sont pas les seules à trouver la loi de la Californie problématique. L’Electronic Frontier Foundation, une association à but non lucratif de défense des droits numériques, la qualifie de « véritable cauchemar pour la vie privée et la liberté d’expression ».
Les procédures judiciaires n’en sont qu’à leur début et promettent d’être longues. En l’absence de suspension ou d’annulation par un juge américain, la loi Assembly Bill 1709 prendra effet en Californie le 1er janvier 2027.
Source : The Guardian