Méfiez-vous de cette invitation qui vous promet trois mois gratuits de ChatGPT Pro, elle cache une attaque redoutable
Les salariés reçoivent en ce moment des invitations alléchantes à des événements consacrés à l’intelligence artificielle. Derrière le logo d’OpenAI se cache en réalité une page d’inscription frauduleuse. Trois mois de ChatGPT Pro servent d’appât pour détourner les comptes Microsoft et Google.

La cible a changé. Désormais, les attaques les plus efficaces visent les salariés, leur curiosité professionnelle, leur envie de tester un outil avant les collègues. Début novembre, un ingénieur de Binance piégé par un faux recrutement a ouvert la voie à un vol de plusieurs milliards. Ces leurres empruntent maintenant l’habit d’une offre d’emploi, d’une formation ou d’une conférence. Dans l’intelligence artificielle, personne ne veut rater la prochaine nouveauté.
Le détournement des grands noms de l’IA dure depuis des mois. En octobre, un faux modèle hébergé sur le site officiel de ChatGPT distribuait déjà un virus aux visiteurs. Des chercheurs ont repéré ces dernières semaines une série de fausses pages d’inscription bien plus retorses. Deux variantes circulent. Dans la première, l’OpenAI Academy annonce une diffusion consacrée au marketing, avec trois mois d’abonnement premium à la clé. Sur la seconde, un briefing privé SpaceX fixé au 12 novembre promet du Grok Heavy ou une action maison. Des liens raccourcis Google ou des redirections de services légitimes acheminent ces invitations, pendant qu’un filtre anti-robot de Cloudflare masque les pages aux scanners.
Ces fausses pages volent les comptes Microsoft sans jamais demander le mot de passe
D’après le rapport publié par Push Security, chaque page affiche deux boutons de connexion. Chaque visiteur choisit entre deux géants, et le piège s’adapte à sa décision, puisque la page réclame côté Microsoft un code à saisir sur le véritable écran d’authentification du groupe américain. La victime valide elle-même l’autorisation, puis les jetons filent vers l’attaquant. Son mot de passe n’a jamais circulé.
Le bouton Google ouvre de son côté une fenêtre relayant le vrai formulaire de connexion, et l’attaquant hérite d’un accès déjà ouvert sans affronter la moindre vérification. En arrière-plan, le relais capte le mot de passe, la réponse à la double authentification, puis le cookie de session. Pour les victimes Microsoft, les pirates ajoutent une seconde page frauduleuse afin de récupérer aussi leurs identifiants. Les équipes marketing restent les cibles favorites, car elles guettent les nouveautés avant tout le monde.