En Russie, un homme va faire de la prison pour avoir afficher le logo Instagram sur son site
La Russie vient une nouvelle fois de démontrer la dureté de son système judiciaire. Denis Soldatov vient d'être condamné à plusieurs jours de détention pour avoir ajouté le logo d'Instagram sur son site web. Or, le réseau social est interdit dans le pays.

On le sait, la Russie impose des lois beaucoup plus dures à ses citoyens que ce l'on a l'habitude de voir en France et dans le reste de l'Europe. Le pays est entre autres tristement connu pour sa criminalisation assumée de la communauté LGBT, mais sur Internet aussi, les habitants doivent se tenir à carreau. Il y a quelques années, le gouvernement a notamment fait en sorte qu'il ne soit plus possible d'être anonyme sur le web et il semblerait que l'un de ses ressortissants vienne d'en faire les frais.
Pourtant, en apparence, Denis Soldatov n'a rien fait de foncièrement répréhensible. Sur son site, ce dernier a intégré une rangée de boutons menant à ses différents réseaux sociaux, comme on en voit tant sur Internet depuis des années. Parmi ces derniers, on retrouve son compte Instagram. C'est malheureusement ce qui va le mener en prison. En effet, il est formellement interdit d'utiliser Instagram en Russie. Pour le gouvernement russe, son logo n'est donc rien d'autre qu'un symbole extrémiste.
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15 jours de prison pour avoir affiché son compte Instagram
Denis Soldatov se fait rapidement arrêter et se retrouve face au tribunal de Meshchansky, à Moscou. Comme le rapporte le média russe Baza sur son canal Telegram, l'accusé s'est défendu en affirmant avoir retiré le logo et fait fermer son site. Une défense qui n'a visiblement pas convaincu les magistrats, qui l'ont condamné à 15 jours de détention administrative.
Denis Soldatov est un défenseur des droits humains et administrateur du site Goulag-info. On ignore s'il s'opposait directement au régime en place, ce qui aurait pu accélérer sa procédure d'incarcération. Ce n'est pas la première fois que la justice russe puni un de ses citoyens suite à son activité sur Internet. Il y a quelques jours, Vassili Yovdi a quant à lui été condamné à payer une amende de 30 000 roubles pour avoir liké des vidéos YouTube jugées suspectes.