Volkswagen a trouvé comment gagner de l’argent sur les voitures que personne ne veut réparer
Volkswagen réserve une seconde vie surprenante à certaines voitures dans son usine saxonne de Zwickau. Le berceau de la gamme ID vient d’y mettre en service une ligne industrielle inédite. Près de 4 100 véhicules y passeront chaque année à partir de 2027.
Le marché automobile européen bascule plus vite que prévu. Les immatriculations grimpent, le prix des carburants pèse sur les budgets, et le thermique vient de céder sa première place aux voitures électriques en Europe. Face à ce renversement, les constructeurs réorganisent leurs sites de production. Certains cherchent déjà d’autres sources de revenus.
Chez le géant allemand, les arbitrages se succèdent. Volkswagen a annulé des équipes supplémentaires à Wolfsburg, faute de demande suffisante pour le thermique. Son site de Zwickau, en Saxe, a pris le chemin inverse depuis 2018, avec 1,2 milliard d’euros investis pour passer au tout électrique. Six modèles y sortent des chaînes pour trois marques maison. Une activité d’un genre nouveau vient maintenant s’y greffer.
Volkswagen démonte les voitures pièce par pièce dans son usine historique pour les revendre aux garages
Sur 1 200 m², Volkswagen a monté une ligne de démontage en huit étapes, en neuf mois et 94 tonnes d’acier. Les voitures y sont vidées méthodiquement, les véhicules de préproduction d’abord, ceux en fin de vie ensuite. Portes, pare-chocs, moteurs et organes de transmission repartent vers les concessions, les garages indépendants ou les revendeurs. Cent salariés ont suivi une formation pour ce poste.
La cadence doit atteindre 4 100 véhicules par an dès 2027, en deux équipes. À terme, la division consacrée à l’économie circulaire pourrait employer jusqu’à 1 000 personnes. Beaucoup de voitures anciennes finissent à la casse dès que la facture de réparation dépasse leur valeur. Des pièces d’origine moins chères les maintiennent sur la route plus longtemps, et Volkswagen empoche la marge au passage. Ces composants partent vers les ateliers du réseau depuis cet été, bien avant la montée en cadence.
La rentabilité reste à démontrer. Aucun tarif, aucun volume de ventes ni condition de garantie n’ont filtré sur ces composants récupérés. Selon Volkswagen, le plastique d’un seul véhicule pourrait servir à trois voitures neuves. Plus gênant, aucune production automobile n’est prévue à Zwickau au-delà de 2031. Ce chantier tient donc autant du sauvetage industriel que du nouveau marché.
