Un sénateur français veut protéger les gamers “des dérives” des microtransactions

Les microtransactions et les loot boxes dans les jeux vidéo sont la cible du sénateur français Jérôme Durain. Selon lui, il est important de protéger les consommateurs contre les dérives de ce système alors que les compétitions eSport prennent de plus en plus importance et que le secteur souhaite s'ouvrir aux paris en ligne.

 

Les microtransactions sont dans le viseur du sénateur français Jérôme Durain. Ce dernier a confié avoir écrit un courrier à l’autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) pour qu'elle se penche sur le cas des loot boxes. Ces bonus payants contiennent des récompenses aléatoires et “certains observateurs pointent là un rapprochement du monde du jeu vidéo avec les pratiques propres aux jeux d’argent et de hasard”, rappelle l'élu de Saône-et-Loire. Le secrétaire d’État en charge du numérique, Mounir Mahjoubi, ainsi que différents organismes professionnels liés au jeu vidéo, ont également été contactés.

“Éviter les dérives” des microtransactions selon le sénateur

“La transparence n’est pas généralisée en ce qui concerne les statistiques régissant les loot boxes même si de bonnes pratiques existent parfois […] Bon nombre de joueurs et d’observateurs spécialisés s’interrogent sur les effets délétères de la généralisation de ces micro-transactions dans le monde du jeu vidéo”, est-il indiqué dans la lettre du parlementaire. “Les loot boxes me semblent nécessiter une attention toute particulière de la part des pouvoirs publics”, estime Jérôme Durain, qui y voit “l’opportunité qu’il y aurait à assurer une protection des consommateurs en la matière”.

Il rappelle également que “certains de nos voisins européens se penchent sur la question en saisissant leurs autorités régulatrices”. En effet, la Belgique et le Royaume-Uni se sont penchés sur la question. Une enquête a été ouverte sur Star Wars Battlefront II et Overwatch par la commission des jeux de hasard belge. Jérôme Durain critique “le développement de pratiques dites de pay to win”, qui consiste à dépenser de l'argent pour devenir plus puissant et obtenir des avantages en partie. Il met en opposition les loot boxes offrant des contenus uniquement cosmétiques, qui “semblent bien acceptées par la communauté des joueurs”. Une communauté qui a réussi à faire plier EA, contraint de retirer les microtransactions sur Star Wars Battlefront II.

“A l’heure où certains acteurs prédisent une ouverture prochaine des paris sur les rencontres esportives, une autorégulation rapide et sincère du secteur constituerait une nouvelle rassurante”, indique le député. En fait, la Française des Jeux a déjà lancé sa plateforme de paris eSportifs, qui ne permet pas encore de miser de l'argent réel. A l'étranger par contre, des plateformes comme Betway, Sky Bet et Betfair se sont déjà lancées, aidées par une législation plus souple. En cas d'incapacité des éditeurs à répondre à la demande des joueurs et des autorités, une intervention des pouvoirs publics serait alors nécessaire.

A noter que l'intérêt de Jérôme Durain pour le jeu vidéo ne date pas d'hier. En 2016, il était déjà l'auteur d'un rapport sur l'eSport remis à Axelle Lemaire, alors secrétaire d’État au Numérique. Dans le cadre du projet de loi pour une République numérique, il proposait de sécuriser juriquement l'organisation des compétitions eSport, de clarifier le statut social des joueurs professionnels et d'encourager le développement du secteur en France. Le 8 novembre 2017, le jeu vidéo s'invitait encore à l'Assemblée Nationale par le biais de Denis Masséglia, qui félicitait publiquement l'équipe de France d'Overwatch pour sa quatrième place en Coupe du Monde.

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