Maj. le 18 avril 2016 à 15 h 40 min

L’addiction aux smartphones est désormais clairement identifiée, avec les symptomes lui correspondant, sous le nom de « nomophobie ».

Le concept d’addiction aux smartphones a souvent été évoqué, parfois comme un sujet trivial, comme lorsqu’on a vu que leur usage a augmenté le temps passé au restaurant de 70%, parfois plus sérieusement, comme un véritable problème observé. Quoi qu’il en soit, il n’y avait pas eu encore de validation psychiatrique du phénomène, ce qui est désormais le cas.

nomophobie addiction smartphone

C’est David Greenfieald, Professeur adjoint de Psychiatrie à l’Université de l’Ecole de Médecine du Connecticut qui a enfin identifié les symptômes du trouble psychologique, lui donnant un nom par la même occasion. Aussi ridicule que cela puisse paraitre, le sujet préoccupe de plus en plus de professionnels ces dernières années, considérants que cette addiction se répand très rapidement.

Le terme « nomophobie » est la contraction de « no mobile phone phobia », littéralement une peur de ne pas avoir son smartphone. Les symptomes incluent un sentiment de panique ou de desespoir lorsque le sujet n’a pas son appareil, un isolement des évênements qui se passent autour de lui et même des personnes qui sont présentes physiquement.

Le besoin excessif de devoir vérifier ses notifications en permanence est également considéré comme symptomatique de la nomophobie. Si l’addiction est forte, le sujet pourra entendre ou sentir son telephone vibrer alors que ça n’est pas le cas, phénomène déjà connu de certains en tant que sonnerie ou vibration « fantôme », ou « syndrome de vibration de smartphone ».

addiction telephone

 Si tout ceci ressemble fort à une plaisanterie, le Docteur Greenfieald ne s’est pas contenté d’observer des comportements mais a bien pu constater les répercutions physiologiques. Il a dont pu établir une relation entre nos smartphones et nos transmetteurs de dopamines.

La Dopamine, c’est cette hormone naturelle que nous produisons pour nous pousser à avoir nos bons comportement pour survivre (normalement). Elle est liée au circuit du plaisir et de la récompense. Le Docteur Greenfield a vu qu’avec la nomophobie, tout comme avec les autres addictions, un déréglement de la dopamine a lieu :

a chaque fois que vous recevez une notification sur votre téléphone, il y a une légère élevation de la dopamine qui dit que vous avez peut-être reçu quelque chose d’important

Ce qu’il y a, c’est que vous ne savez pas ce que cela être ou quand cela aura lieu, ce qui vous pousse à vérifier en permanance, c’est comme la plus petite machine à sous du monde

Malgré cette nouvelle étude, la nomophobie n’a pas encore été intégrée au DSM, qui est l’ouvrage de référence répertoriant toute les maladies mentales. Luigi Bragazzi, un des psychologues proposant que la nomophobie soit listée dans le DSM, souligne cependant qu’elle n’est qu’un aspect d’une addiction plus large qui est la dépendance à internet. Ce problème a été largement observé en Chine où 24 millions de personnes seraient dépendantes.

Il y a déjà des camps d’entrainements en Chine et aux Etats-Unis pour se débarrasser de l’addiction aux smartphones. Sans allez jusque-là, vous pouvez télécharger l’application Menthal qui analyse votre utilisation du téléphone. A vous, une fois les excès constatés, de vous créer des règles simples pour revenir à un usage non compulsif de votre smartphone.

Et vous, avez vous pu observer certains symptômes chez vous ? Je dois confesser qu’en écrivant cet article, j’ai reconnu ce pic de plaisir quand j’entend la sonnerie de mes SMS ou la sensation d’avoir mon portable vibrant dans ma poche. Affaire à suivre, donc.

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