Huawei est accusé d’avoir espionné les abonnés d’un opérateur aux Pays-Bas

 

Huawei est une nouvelle fois accusé d'espionnage. D'après un quotidien néerlandais, le groupe chinois a espionné les données des 6,5 millions d'abonnés de l’opérateur KPN pendant plusieurs années. Pire, l'équipementier aurait aussi eu accès aux conversations de l’ancien premier ministre des Pays-Bas et des membres du gouvernement. 

Huawei

Ce samedi 17 avril 2021, une enquête réalisée par De Volkskrant, un journal néerlandais, est venue accuser Huawei d'espionnage aux Pays-Bas. Le groupe chinois aurait pu accéder aux données des 6,5 millions de clients de l'opérateur KPN. Depuis 2009, l'opérateur s'appuie en effet sur l'équipement réseau développé par Huawei pour proposer ses services dans le pays. C'est également le cas de nombreux opérateurs français, dont Bouygues Telecom. Cependant, par mesure de précaution, les autorités françaises ont demandé aux FAI de démanteler les antennes fournies par Huawei d'ici 2028.

Grâce à ces technologies exploitées par KPN, Huawei pouvait accéder aux réseaux et systèmes de l'opérateur téléphonique depuis la Chine. Concrètement, le groupe chinois était en mesure d'écouter à distance toutes les conversations des abonnés KPN de manière illimitée, incontrôlée et non autorisée”. Evidemment, cette pratique est en violation avec les accords passés entre Huawei et l'opérateur.

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Huawei et KPN se défendent

Parmi les abonnés mis sur écoute à leur insu, on trouve des personnalités politiques, dont des ministres. Le rapport met notamment en avant le nom de Jan Peter Balkenende, premier Ministre des Pays-Bas entre 2002 et 2010. Pour étayer ses accusations, le média se base sur un rapport interne de KPN réalisé en 2010. L'opérateur avait alors commandé un audit de son réseau à Capgemini, une société française spécialisée en services informatiques.

Les résultats de cette enquête avaient été passées sous silence afin d'éviter un scandale. “La pérennité de KPN Mobiel est grandement menacée: des autorisations pourraient être annulées, les autorités et entreprises pourraient retirer la confiance placée en KPN s'il était rendu public que le gouvernement chinois peut mettre sur écoute des numéros mobiles de KPN et paralyser le réseau” avance le rapport de KPN de l'époque. Néanmoins, KPN aurait décidé de réduire l'ampleur de son partenariat avec Huawei concernant la maintenance de son réseau sur base des résultats de cette enquête.

Après la parution de l'enquête de De Volkskrant, KPN est monté au créneau pour rassurer ses abonnés. “Il n'a jamais été constaté que des données clients ont été dérobées par Huawei sur nos réseaux, nos systèmes ou (que des numéros) ont été placés sur écoute” affirme l'opérateur. En parallèle, Huawei a rappelé que “le rapport a été donné aux services de renseignements néerlandais il y a plus de 10 ans” et qu'aucune accusation à encontre n'a jamais été formulée aux Pays-Bas.

Pourtant, Huawei a déjà été accusé d'espionnage aux Pays-Bas. En 2019, le groupe chinois était accusé d'avoir mis en place des backdoors dans les équipements réseaux utilisés par les opérateurs nationaux, dont Vodafone, KPN ou T-Mobile/Tele2. Cette affaire avait contribué à l'éviction de Huawei du réseau 5G des Pays-Bas.

Source : De Volkskrant



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