Facebook, Google : l’Australie se joint à l’Europe pour leur imposer de payer les sites de presse

Facebook et Google devront en Australie, comme en Europe, se conformer à un ensemble de règles pour rémunérer les sites de presse. Le secteur est sinistré comme d’autres par la crise du coronavirus.

Google et Facebook presse
Crédits : Unsplash

Les autorités australiennes ont demandé au gendarme de la concurrence (Australian Competition and Consumer Commission, ou ACCC) de créer un corpus de règles obligatoires auxquelles Facebook et Google devront se conformer dans leurs relations avec les sites de presse.

Parmi ces provisions, les deux firmes devront rémunérer les sites de presses dont elles reprennent des extraits d’articles et illustrations. De facto, la situation dans le pays ressemble à la situation en Europe sur fonds d’entrée en vigueur de la réglementation sur les droits voisins.

Google sera en effet prochainement contraint dans toute l’Union Européenne de rémunérer les sites de presse qui apparaissent dans Google Actualités. Avec un ensemble de mesures qui protègent les parties prenantes contre les pressions de la plateforme.

Les autorités australiennes s’appuient de leur côté sur un rapport qui conclut que Google et Facebook concentre une large part de marché dans la publicité en ligne. Or, relève le rapport, « le plus gros de leurs contenus provient de groupes de presse ».

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Google et Facebook génèrent des recettes avec des contenus pour lesquels ils ne paient rien

Google comme Facebook reprennent en effet abondamment des articles de sites de presse dont ils reproduisent l’illustration et un court extrait sans payer de quelconques contreparties aux producteurs.

Dans le même temps, internet transforme complètement le secteur de la presse, qui devient de facto de plus en plus dépendant du marché publicitaire en ligne, largement dominé par Google et dans une moindre mesure Facebook.

Dans ces conditions, il est difficile, pour ne pas dire impossible, aux sites de presse de résister seuls, à la volonté de ces géants. Or, pour ne rien arranger, le secteur de la presse doit faire face à la crise du coronavirus.

Ce qui implique concrètement une baisse des recettes telle qu’elle met en danger de nombreux titres. Ce qui explique pourquoi les autorités en Europe comme en Australie commencent à prendre le relai en forçant les parties à se mettre d’accord.

Obligation de négocier

Le « code de conduite' » souhaité par les autorités australiennes est en cours de rédaction. Il devrait être dévoilé dans le courant de l’été. Entre autres mesures, toute entreprise reprenant des extraits et illustrations de sites de presse devra négocier une rémunération avec ces derniers. Sous peine de sanctions.

Selon The Verge, Facebook a accueilli assez fraichement la décision des autorités australiennes. Le site de Mark Zuckerberg se dit « déçu » et met en avant que la plateforme a investi « des millions de dollars » pour soutenir les éditeurs australiens, au travers d’accords sur les contenus partenariat, et formations.

Google explique de son côté avoir collaboré avec 25 éditeurs depuis le mois de février pour établir un code volontaire qui fixe les conditions des relations entre les plateformes et les sites de presse. « Nous avons oeuvré à travailler constructivement avec l’industrie, l’ACCC et le gouvernement pour développer un Code de conduite et nous continueront ces efforts dans le processus révisé qu’a défini le gouvernement aujourd’hui ».

Source : The Verge



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