5G : l’Arcep force Orange, SFR, Bouygues et Free à passer à l’IPv6

Dans son rapport sur l’état de l’Internet en France en 2020 l’Arcep s’alarme de la lenteur de la transition 5G en particulier sur les réseaux mobiles. L’autorité a donc décidé de conditionner l’attribution des fréquences 5G au passage massif à l’IPv6.

Internet IPV6
Crédits : Unsplash

L’Arcep vient de publier son rapport 2020 sur l’état de l’Internet en France. Un rapport dans lequel ont apprend quantité d’infos sur ce qui a fait l’actualité du réseau en 2020, notamment sa résilience pendant la crise du coronavirus. Mais l’essentiel ne semblait pourtant pas vraiment là. Un chapitre entier du rapport est consacré à la transition IPV6, qui devient un enjeu majeur alors que nous sommes déjà, en France, et presque partout dans le monde désormais en pénurie d’adresses IPv4.

Cela signifie que les opérateurs doivent recycler des lots d’adresses libres, ce qui peut déboucher sur des problèmes comme le partage d’une même adresse IP, des problèmes de géolocalisation, et toutes les implications que cela peut avoir, y compris dans des enquêtes criminelles. « Sur le réseau fixe, en ce qui concerne les principaux opérateurs télécom en France, des progrès peuvent être constatés même si les opérateurs doivent encore poursuivre leurs efforts », note l’Arcep, avant de joindre des statistiques détaillées.

Ainsi Free compte déjà 80% de ses clients en IPv6, suivi de 68% chez Orange, 20% chez Bouygues mais seulement 6,7% chez SFR.  La belle performance de Free est en partie liée au fait qu’il n’est plus possible de désactiver IPv6 dans les Freebox. A l’inverse, chez SFR, IPv6 est disponible chez de nombreux clients mais n’est pas (encore) activé par défaut. On le voit des progrès restent à faire, et la pression pour y parvenir s’intensifie. En revanche, sur le réseau mobile, tout reste encore à construire.

IPv6 : tout reste à faire sur les réseaux mobiles

Un comble, au vu de la multiplication du nombre d’appareils mobiles, et au fait que les derniers réseaux (4G, 5G) ont été installés alors que l’on savait déjà que la transition IPv6 allait devoir se faire rapidement. « Sur le réseau mobile, l’Arcep s’inquiète du retard dans le déploiement d’IPv6 et invite les opérateurs à prendre les mesures nécessaires pour faire face à la pénurie d’IPv4 », déplore l’autorité. Effectivement lorsque l’on jette un œil aux statistiques, la situation n’est guère reluisante.

Seul Bouygues est parvenu à raccorder 79% de ses clients équipés d’un terminal Android. Pour le reste on peut parler de véritable zéro pointé. « De façon encore plus marquée que sur les réseaux fixes, le rythme des déploiements futurs de l’IPv6 de la part des opérateurs mobiles risque fort de ralentir la transition vers IPv6 », explique l’Arcep. Bien sûr l’activation de IPv6 chez les clients n’est qu’une partie du problème. L’écrasante majorité des sites web restent inaccessibles en IPv6 : « les hébergeurs de sites web représentent encore l’un des principaux goulots d’étranglement dans la migration vers IPv6 : sur les principaux sites visités par les Français selon le classement Alexa, seuls 27 % sont accessibles en IPv6 ».

Et de détailler : « le taux de sites disponibles en IPv6 est uniquement de 15,5 % lorsque l’on considère les 3,5 millions de sites web en .fr, .re, .pm, .yt, .tf et .wf. Ce pourcentage est en augmentation depuis 2015, mais le rythme de cette évolution semble loin de pouvoir permettre une transition complète dans les prochaines années ». Alors que la situation exige de forcer les opérateurs à accélérer la transition, l’Arcep lance une obligation de prise en charge IPv6 pour les opérateurs qui se verront attribuer des fréquences 5G dans la bande 3,4-3,8 GHz en France métropolitaine. L’Arcep précise : « le titulaire est tenu de rendre son réseau mobile compatible avec le protocole IPv6 à compter du 31 décembre 2020 ».

Lire également : IPv6 : « c’est trop lent », l’Arcep exhorte Free, Orange, SFR et Bouygues à éviter un internet « coupé en deux »

L’attribution de fréquences à la Réunion et à Mayotte sera elle aussi conditionnée au passage à IPv6. Une condition indispensable pour « assurer l’interopérabilité des services et ne pas freiner l’utilisation de services uniquement disponibles en IPv6, dans un contexte d’augmentation du nombre de terminaux et d’une pénurie d’adresses IPv4 au RIPE NCC ». Et vous, êtes-vous passé à IPv6 ? Partagez votre retour dans les commentaires.



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