Le vrai coût de fabrication de nos smartphones : pollution, esclavage, conflits armés

Date de dernière mise à jour : le 14 avril 2016 à 22 h 23 min

Le reportage Cash Investigation, diffusé sur France 2 et ayant pour sujet les dessous les plus choquants de l’industrie smartphone, a fait beaucoup de bruit, levant le voile sur une réalité qui, parfois soupçonnée, est désormais indéniable.

Ces nouvelles technologies étant au cœur de notre site, il n’était pas possible d’ignorer ces informations, c’est pourquoi nous vous avons préparé un dossier faisant le point sur la réalité cachée de nos téléphones portables.

Le décor

Le marché du smartphone a complètement transformé nos vies. Ces appareils ont atteint un tel niveau d’ergonomie, épousent tellement le quotidien pour simplifier la communication, l’accès à l’information, les déplacements et la productivité en générale, qu’on oublie presque leur présence, entrée dans les fibres de nos comportements.

Il n’y a pourtant pas si longtemps, rien de tout cela n’existait, et nos téléphones portables, appelés aujourd’hui les « feature » phones, ne nous permettaient que de téléphoner, ce qui était déjà fascinant à l’époque.

En remontant un peu plus dans le temps, ces mêmes portables n’existaient pas, et nous oublions aujourd’hui qu’il ne fallait pas oublier le code d’un ami pour pouvoir accéder à son immeuble, que nos rendez-vous devaient être calés avec soins pour ne pas se rater, qu’il fallait savoir lire une carte pour se déplacer, et les exemples sont nombreux.

Ce nouveau marché est ainsi devenu une des clefs de l’économie moderne, de nouveaux métiers ont été créés, des empires se sont montés, et la compétition s’est mise à faire rage.

Cette dernière amène les fabricants à vouloir toujours augmenter leurs marges, et certains d’entre eux tentent de parvenir à cela tout en pratiquant des tarifs low cost. C’est ainsi que la course à la production peu onéreuse, quel que soit son prix moral, se développe.

Le reportage Cash Investigation : les secrets inavouables de nos téléphones portables, parle de ce coût réel, humain et écologique, en enquêtant sur la réalité se cachant derrière la fabrication de nos appareils, l’extraction des matières premières, et les économies faites dans la chaine de production en s’appuyant sur des entreprises n’hésitant pas à faire travailler des enfants.

Quoique nos smartphones soient des objets fascinants, une réalité doit aujourd’hui être connue de tous les consommateurs. Si les soupçons concernant l’origine de ces appareils existaient déjà, que d’autres industries nous avaient déjà offert la preuve de ce que les fabricants sont capables de faire pour diminuer les coûts, et que la provenance de certains composants impliquait logiquement des drames humains cachés, les choses n’étaient pas concrètes.

Aujourd’hui, l’enquête délivrée par France 2 fait passer le statut de cette question de simple spéculation à pure réalité.

1 – De quoi sont faits nos portables

Avant que nos smartphones ne soient ces objets artificiels et finalisés que nous connaissons si bien, il y a évidemment des ressources naturelles.

Les chiffres concernant la surconsommation humaine, et plus particulièrement occidentale, se multiplient ces dernières années, mais alors que l’information est déjà assez connue du grand public concernant des ressources telles que les les terres cultivables, la question des minerais et autres matériaux l’est moins.

Pourtant, l’explosion de marché des smartphones a boosté l’exploitation d’une quarantaine de matériaux, générant à la fois l’appauvrissement des sols, le traumatisme des écosystèmes alentours, la pollution, et mettant en péril la vie des hommes travaillant dans ces gisements avec des conditions ne respectant souvent aucun standard de sécurité, fréquemment pour le compte de chefs de guerre pour qui la vente des minerais extraits permet l’armement.

Ainsi, l’histoire de la quasi-totalité des smartphones circulant sur le marché est teintée par différents drames humains et environnementaux, impliquant également le travail d’enfants à différentes étapes de la chaîne.

Nous découvrons alors non seulement que derrière le low cost se cachent des économies faites au prix des droits de l’homme, mais que même les produits les plus chers participent à ce système macabre.

Enfin, ces matériaux utilisés sont non-renouvelables, c’est-à-dire que nos civilisations ont un stock déterminé de ces différentes ressources, et qu’il n’y en aura pas plus (techniquement, ses ressources se renouvellent aussi, mais leur genèse se fait à une échelle de temps géologique et donc négligeable à l’échelle de la civilisation).

Ainsi, la production frénétique, que le simple coût humain décrit plus haut serait amplement suffisant à remettre en question, est également problématique en ceci qu’elle se dirige dans un cul-de-sac matériel que l’homme moderne néglige.

2 – Le travail des enfants

Le reportage de France 2, lors de son enquête, se rend à l’usine LCE, l’un des fournisseurs d’écrans de plusieurs grands fabricants de smartphones.

Au-delà du fait que les employés doivent avoir une productivité qu’on imagine à peine exécutable, que ces derniers soient numérotés au sens le plus littéral du terme, que les méthodes managériales consistent notamment à leur faire afficher aux murs de l’usine des lettres dans lesquels ils s’excusent pour leurs fautes, au-delà du fait que ces employés vivent dans des dortoirs déplorables, enfin, au moins la moitié d’entre eux sont des enfants.

Employer des enfants plutôt que des adultes offre quelques avantages non négligeables. Cela permet en premier lieu d’avoir une main d’oeuvre à bon prix, dans des pays où cette dernière n’est déjà pas onéreuse à la base. De plus, les enfants sont plus faciles à contrôler.

Ainsi, ce sont des personnes ayant parfois moins de 13 ans que l’on découvre, travaillent 13 heures par jours, avec un jour de congé toutes les deux semaines et deux jours fériés par ans, pour un salaire de 160 euros par mois. Peu d’entreprises échappent au scandale, et Huawei en a fait les frais lors d’une interview musclée de la journaliste de Cash Investigation.

Ce simple fait à lui seul devrait suffire à condamner l’industrie tout entière, assez désolant pour que nos comportements en tant que consommateurs puissent changer, pourtant, il ne s’agit pas du seul secret que renferment nos smartphones.

3 – La pollution

Nous avons vu plus haut la diversité des matériaux composant nos téléphones portables. Comme souvent dans le cas des matières premières. Bien entendu, celles-ci doivent être transformées pour obtenir les composants que nous connaissons.

Le reportage fait un zoom sur les aimants de nos smartphones. Il y en a une dizaine par appareil, et ils sont faits en néodyme, l’élément chimique le plus magnétique du tableau périodique. 97% de la production mondiale est localisée au même endroit, à Baotou, en Chine.

La production de néodyme génère de grandes quantités de déchets, ce qui est d’autant plus dramatique que ces derniers sont particulièrement nocifs. Ainsi, chaque tonne de du matériau fabriquée produit une tonne de déchets et 75 000 litres d’eau polluée.

L’intégralité de cette eau nocive est simplement déversée dans ce qui est littéralement un lac de rejets, recevant 600 000 tonnes annuelles de résidus. Les conséquences sont une radioactivité très élevée dans les environs et une contamination des sols.

Le bilan chimique et humain dépasse l’entendement, des villages se vident, l’eau et les récoltes n’étant plus comestibles, l’essentiel des personnes étant restées meurt avant 40 ans, les cancers se développent et le bétail montre des mutations dont l’origine est connue, celles-ci étant caractéristiques de l’empoisonnement au fluoride, un des nombreux produits retrouvés dans le lac.

Une analyse de l’eau extraite dans ces sols dévoile un mélange toxique d’Arsenic, Lithium, Manganèse, Strontium et Sodium, de taux d’Uranium 6 fois au-dessus de la norme, et les sulfates 10 fois supérieurs à ce qu’impose la réglementation européenne.

La conséquence, c’est que les hôpitaux locaux ne désemplissent pas de victimes de cancer. Du personnel médical interviewé explique qu’ils traitent plus de 700 patients dans une structure de 200 lits, et que 98 % d’entre eux sont présents pour des cancers. Pour les médecins, la ville de Baotou est en train de mourir, avec des centaines de décès conséquents à l’infiltration dans les sols de ce lac de déchets.

Le groupe exploitant la mine et à l’origine de ce bassin chimique s’appelle Baogang, et fournit une grande partie de l’industrie smartphone dont Sony, et a même un partenariat avec LG.

Il n’est pas évident de savoir qui travaille exactement avec Baogang, notamment en raison de sociétés-écrans dont nous parlerons un peu plus bas, mais au regard du quasi-monopole que le groupe affiche dans le domaine, il est fort probable qu’une majorité écrasante des smartphones que nous avons dans les mains quotidiennement participent en partie au scandale de Baotou.

4 – Le Congo exploité

Plus l’on dissèque un smartphone, plus vient la sensation désagréable que chaque pièce le composant est la conclusion d’une histoire terrible, inconnue, et se répétant en permanence, dès qu’un marché représente des milliards.

Parmi ces histoires, celles du tantale et de l’étain, des composants essentiels en électronique mobile, le premier permettant de conserver l’énergie et donc de faire des condensateurs et le second servant aux soudures.

L’extraction des ressources congolaises est problématique en trois grands points ; les conditions de travail des mineurs, la présence d’enfants parmi eux, et ce que l’argent gagné par la production finance. Un des nœuds du problème se trouve encore dans la centralisation de la production en un point donné. C’est au Congo que se trouve 80 % du tantale produit, et le travail dans les mines se fait dans des conditions déplorables.

Dans ces dernières, la sécurité est quasi inexistante et les éboulements sont fréquents. Lorsque cela arrive, les victimes sont laissées sous les gravats et la mine bifurque simplement pour poursuivre le travail.

Au-delà de ces conditions déjà déplorables, il faut considérer la présence d’enfants parmi les mineurs. Ces derniers sont un avantage pour le système, de par le contrôle plus aisé que l’on peut avoir sur eux, comme nous l’avons vu dans le cas de l’usine LCE, mais aussi parce que les enfants n’ayant pas la même notion du danger et de leur vulnérabilité, ils prennent plus de risques que les adultes, optimisant la productivité des exploitants.

Tout ceci est d’autant pus problématique que ces richesses ne profitent pas aux locaux. La ville adjacente à ce lieu majeur d’extraction est une des zones les plus pauvres du monde. Par ailleurs, une grande partie des mines de tantale et d’étain sont aux mains de guerriers rebelles, finançant leur conflit avec l’argent produit sur le dos de ces esclaves modernes. Le phénomène est connu sous le nom des minerais de sang, celui des victimes du conflit sévissant au Congo, et celui des mineurs.

Ainsi, d’une manière très concrète, les smartphones que nous utilisons quotidiennement sont fabriqués sur le malheur d’autres êtres humains. Il ne s’agit pas de faire dans le sensationnalisme ou l’excès d’emphase. Il n’y a que la réalité ici, le marché doit changer, car les composants de nos appareils nourrissent le conflit armé ayant fait le plus de morts depuis la Seconde Guerre mondiale.

On aimerait penser que la chose reste anecdotique, mais comme précédemment, la proportion de tantale et d’étain venant du Congo est telle qu’il est peu probable que nos machines y échappent. Ici encore, il n’est pas évident de savoir qui exactement profite de ces minerais, mais les noms de RIM (BlackBerry), Nokia et Motorola sont connus, présents dans les clients d’AVX, un acheteur se fournissant auprès de MHI, une entreprise possédant une grande partie des mines.

Imaginer que ces entreprises sont les seules, dans un secteur actuellement aussi concurrentiel que celui des smartphones, serait une erreur. Il faut donc qu’un changement collectif ait lieu, qui ne pourra venir que de la loi, d’une part, et du réveil des consommateurs, d’autre part, qui peuvent, en nombre, imposer de nouvelles exigences à leurs marques fétiches. Encore faudra-t-il qu’ils soient prêts à acheter « idéologique ».

5 – La façade

Face à un tel déluge d’informations désolantes, on se retrouve sidérés et curieux. Comment de tels comportements ont pu échapper au monde ? Comment des villes peuvent-elles être décimées par la pollution, des enfants peuvent-ils travailler 28 jours par mois, d’autres être abandonnés dans des mines et comment des euros que nous dépensons dans nos appareils peuvent-ils à terme financer les balles qui tueront des innocents sans qu’on ne l’ait jamais su ?

Le premier constat, peut-être le plus terrible, est qu’on le savait. Le travail des enfants, les minerais de sang, et la pollution provoquée par la production de matières premières pour l’électronique sont connus depuis longtemps, mais l’information fonctionnant par vague de prise de conscience, phénomène de mode, et concurrence sordide entre un drame et un autre, personne ne s’y est vraiment intéressé.

Par ailleurs, la question de l’identité des coupables est importante. Savoir que l’extraction des ressources, leur transformation et leur assemblage produisent ces scandales en série est une chose. Mais pour être choqué, pour se soulever et pour que les choses changent, parfois, il faut que l’information devienne « nominative », et que les coupables aient un visage, ou tout du moins un nom.

Cette dernière condition n’est pas évidente à remplir, car des structures se sont montées pour protéger les sociétés. Un principe vieux comme l’économie est celui des sociétés-écrans. Ainsi, il faut suivre les matières premières à la trace pour savoir à qui profite le crime.

La chose étant d’une part internationale, les intermédiaires étant nombreux, et les sociétés-écrans faisant leur travail de façade, la tâche est difficile. C’est ainsi que, toujours dans le cadre du reportage de France 2, les journalistes ont pris sept mois à remonter la filière des minerais de sang.

Les reporters ont en effet ciblé leurs efforts sur une société étant l’un des plus gros acheteurs des minerais de sang, King Wood. En se rendant au siège social officiel de la société, les journalistes se sont retrouvés face à un simple bureau fournissant des sociétés-écrans à la pelle.

Le cœur du problème est là, dans des petites entreprises produisant des centaines de sociétés fantômes chaque année, derrière lesquelles se cachent les entreprises participant au commerce des terres rares, l’autre nom donné aux différentes ressources utilisées en électronique.

Pourtant, en poussant l’enquête, les journalistes ont réussi à remonter la filière des minerais de sang jusqu’à Apple, et la société n’est certainement pas la seule.

La façade tient également bon grâce aux lobbies. Les plus grands fabricants du monde se réunissent, mettant de côté leur concurrence sauvage, autour d’intérêts communs. C’est ainsi qu’ils peuvent par exemple accorder leurs violons quant à la posture à adopter lorsqu’on les questionne sur des fournisseurs suspects, délivrant alors des réponses identiques à la virgule.

Par ailleurs, ces lobbies forment également une entité derrière laquelle les entreprises se retranchent, agissant alors comme un tout, diluant leur responsabilité individuelle dans un ensemble plus grand.

Le dernier rouage du mécanisme protégeant les entreprises est la communication de marque. Ainsi, beaucoup d’évènements organisés par des fabricants tels que Samsung sont extrêmement consensuels, la majorité des journalistes sur place ayant été invitée aux frais de la marque, et régulièrement équipée de ses derniers produits.

Ces gestes, simples pour des géants de cette ampleur, évident la plupart des questions de fond. L’ensemble du système, des journalistes aux consommateurs, se satisfait de cette situation.

Lorsque nous attendons le dernier modèle de notre marque préféré, nous ne voulons pas que notre fascination pour la technologie soit dérangée par des pensées venant gêner notre plaisir. Il est très facile de se sentir déresponsabilisé lorsqu’on sait que le changement de notre seul comportement ne changerait rien.

C’est souvent sur la base de ce mécanisme que tous les dérapages de la société de consommation peuvent avoir lieu, des conditions de vie de la viande finissant dans nos assiettes aux textiles utilisés pour nos vêtements en passant, bien sûr, par les smartphones circulant dans nos vies.

Pourtant, si l’on se tourne vers les chiffres, une réalité indéniable apparaît. Le site de l’association Ethical Consumer fournit un utilitaire très intéressant notant les entreprises à partir de paramètres tirés dans une base de données colossale d’informations régulièrement mise à jour par l’association. Vous pouvez ainsi faire varier l’importance des paramètres pour voir où se situent les entreprises par rapport au critère observé.

Conclusion : Ce qui change, ce qu’on peut espérer

Quant à la perspective de changement, notre premier réflexe est de se dire que les jeux sont faits, que le monde est un ensemble d’interactions complexes, d’enjeux financiers nous dépassant, de juridictions ne coopérant pas toujours, et que les autres consommateurs, eux, de toute manière, ne seront pas prêts à faire les mêmes efforts que soi.

La vérité est que tout ceci est assez juste. Pourtant, les choses changent parfois. Comme le commerce équitable s’est mis à cibler une population désirant des produits dont la vente profite plus aux agriculteurs, le marché du smartphone pourrait afficher ce genre de tendance, pour peu que le consommateur exprime se désire, voir même cette condition.

Nous vous présentions, il y a quelques jours, le smartphone équitable Fairphone, un appareil ayant obtenu la note maximum sur le classement d’Ethical Consummer, et surveillant notamment la provenance des matériaux qu’il utilise. Si nous nous tournions vers ce genre de produit, la démarche équitable deviendrait un avantage concurrentiel pour les entreprises, qui s’y adapteraient, si ce n’est par esprit moral, par démarche tactique.

En tout cas, l’espoir existe, et si le Fairphone n’a pas encore été un succès foudroyant, le successeur est déjà prévu pour l’année prochaine. Il n’y a « plus » qu’à faire de cette action la nouvelle norme.

Aujourd’hui, les lois évoluent, les fabricants vont devoir peu à peu se manifester avec plus de transparence quant à la provenance de leurs composants et peut-être même aux conditions de travail aux différents points de la chaine. Il ne sera plus alors possible de nier que nous savons.

Internet est un outil redoutable dans les mains des consommateurs, et ces derniers savent s’organiser, faire monter des buzz, agir collectivement. Le reportage à l’origine de cet article a fait l’effet d’une petite bombe sur le web, et c’est à nous de tout faire pour que la chose ne soit pas qu’une mode, un sujet du moment qui sera bientôt remplacé par un autre.

Nous aimons nos smartphones, nous sommes passionnés par ces technologies qui ont apporté des avantages formidables, qui peuvent même à terme amener une égalité dans l’accès au savoir, avec des projets comme Android One et la distribution d’internet à travers le monde avec les satellites d’Elon Musk.

Il ne s’agit pas aujourd’hui de tourner le dos à tous ces avantages et de jeter en bloc cette révolution à laquelle nous assistons depuis dix ans, mais d’augmenter notre niveau d’exigence éthique pour que notre plaisir ne soit plus la cause des pires pratiques que la société de consommation puisse produire.

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Réagir à cet article

  • Très bon article! Merci.

  • Ben007

    Excellent résumé du reportage de France 2. Ce sujet est grave et écœurant mais la plupart s’en moque. La preuve. Presque personne içi pour commenter cet article … :-(

    • Flacon de neige

      Personne ne peut nier que ce qui se passe est littéralement dégueulasse, mais commenter cet article n’y changera rien, donc que personne n’exprime son ressentiment ne veut pas dire que personne ne ressent rien…

      La meilleure des solutions venant des utilisateurs serait le boycott général, mais si 3 clampins vont commencer le boycott, qu’en est-il des 3 000 000 000 d’autres qui consomment ? La plupart, dont moi, font avec…

      Une autre solution pourrait passer par la législation, et comme on l’a vu dans le reportage, les USA ont commencé à le faire, mais l’UE laisse encore le choix ; alors tant qu’on n’aura pas des dirigeants qui ont les couilles de s’opposer aux valises tirelires, les choses ne bougeront pas…

  • Thera

    Malheureusement rien de nouveau ici (les composants sont utilisés dans l’électronique grand public en général). Cela résulte d’un constat très simple : le monde occidental n’a pas les moyens de payer ce qu’il produit. Donc il le fait ailleurs, là où c’est beaucoup moins chers.
    C’est un problème global, les riches exploitent les pauvres. Alors on peut essayer le commerce équitable, de proximité, … mais il faut avoir les moyens de le faire.

    • Psychobunny

      C’est le serpent qui se mord la queue. Le commerce équitable est plus cher et effectivement l’occident n’a pas les moyens de se payer ce qu’il pourrait produire. Ce qu’il faudrait est limiter notre consommation, car un des aspects qui n’est pas abordé ici est l’obsolescence de ces produits, qui est extrèmement rapide, et qui produit aussi des déchets. Un « vieux » smartphone pollue à la production mais aussi au remplacement.
      On se berce de l’illusion qu’on recycle, mais cet article démontre qu’il n’en est rien, on ne refait pas du neuf avec du vieux, on produit du neuf. Recycler cela reviendrait beaucoup plus cher que d’en fabriquer de nouveaux à partir de ressources non renouvelables et en exploitant des esclaves pour le profit de gros groupes financiers et de chefs de guerre.

      Ce ne sont pas eux qui sont à blâmer, ils ne font que leur boulot d’exploiteurs, ce sont ceux qui les soutiennent et les financent. Leur pouvoir est fragile, c’est nous aussi qu’ils exploitent, car il ne s’agit pas qu’un produit soit bon ou améliore l’antèrieur, mais qu’il soit vendu.
      En gros il ne s’agit pas de se priver de smartphone mais d’exiger qu’ils soient produits dans des conditions acceptables et, donc de les payer à leur juste prix, c’est à dire beaucoup plus cher, et d’en consommer moins. Ce n’est pas innocent si on nous sort une nouveauté révolutionnaire tous les deux mois qui rend obsolète le smartphone à peine déballé.
      Car même si on nous fait une reprise de l’ancien, on ne voit aucun smartphone fabriqué en occident à partir d’éléments recyclés, et on peut se demander où sont les énormes décharges où s’entassent tous les « vieux » smartphones dont se débarrassent les occidentaux et où sont les énormes usines qui recyclent les matières premières qui les composent. La réponse renvoie aux pays sous-développés où ce sont encore des enfants et des miséreux qui travaillent à trier les déchets pour le compte d’esclavagistes et de terroristes. Tout le monde est coupable, et on commence seulement à prendre vaguement conscience que la facture de notre inconséquence va être très salée.

      Mais baste ! Phonadroid n’est vraiment pas l’endroit pour se lancer dans un débat politico-philosophique.

  • Exium

    « En remontant un peu plus dans le temps, ces même portables n’existaient pas, et nous oublions aujourd’hui qu’il ne fallait pas oublier le code d’un ami pour pouvoir accéder à son immeuble, que nos rendez-vous devaient être calés avec soins pour ne pas se rater, qu’il fallait savoir lire un carte pour se déplacer, et les exemples sont nombreux. »

    Alors bien entendu, je ne vais pas m’arrêter là, mais commencer ainsi, avec une telle tirade dramaturgique, c’est légèrement se moquer du monde…
    Alors certes, ce n’était probablement pas aussi pratique qu’aujourd’hui, mais les agendas, les notes, etc… (le tout synchronisable avec ses PC) sont des éléments qui n’ont nullement attendu l’arrivée du smartphone pour faire leur apparitions ou leur place dans l’utilisation courante de nos usages, et ce, au moins depuis l’arrivée de l’écran couleur (mais il y avait déjà de telles apps sur des feature phones monochromes)… Donc, faire passer ces technologies pour des objets préhistorique digne du bebop ou du 3310, il y a peut-être un pas à ne pas franchir…

    D’ailleurs à ce propos, ces dernières années dans les dites innovations software de nos OS, il est réapparu des éléments que nous n’avions malheureusement plus vu avec l’entrée de l’iphone (en dehors des apps tierces sur les store), tel que par exemple la configuration de process pour ne pas être dérangé de telle heure à telle heure, ou dan tels lieux,… et bien qu’ils n’étaient pas aussi raffinés qu’aujourd’hui et leur réintroduction en standard chez certains OS, ils étaient bien là avant.

  • Abus

    Notre monde est basé sur le profit et la bêtise. Ce dossier en est un triste exemple !
    A commencer par tous les PDG de ces grandes entreprises qui ferment les yeux. Ils ne pensent qu’à la gloire et à accumuler une fortune qu’ils n’auront même pas l’occasion de dépenser en une vie.
    Et nous, consommateurs, avons également une part de responsabilité. Exemple :qui attend que son smartphone soit HS pour le changer ? certains utilisateurs veulent toujours le smartphone dernier cri pour le paraitre, et parce que ça fait « classe ». C’est ce qu’on appelle de la surconsommation qui entraine du gaspillage, de la pollution et des drames humains.
    Mais tant que cela se passe « chez les autres », beaucoup ferment les yeux…

    • lolo

      « qui attend que son smartphone soit HS pour le changer ? »

      Moi.

      J’ai toujours mon Galaxy S2 acheté fin 2011.

      Il fonctionne très bien, est un peu plus lent mais suffisant pour mon usage (téléphonie, hangouts, google chrome, gps…)

      La batterie est en train de lâcher, mais je vais en prendre une autre officielle pour 20€.

      Bien sûr, j’ai bien envie d’un Iphone 6 ou bien d’un Z3 Compact, mais pourquoi changer vu que le mien me convient déjà très bien et fait son job ?

      • Saykse

        Je suis dans le même cas avec mon xperia S de 2012 sauf que la batterie est non amovible …

        • Cpasmoictoi

          J’ai changé mon Xperia S par un moto G à cause de celà…

      • Maxou

        Copain !

        J’ai également encore mon galaxy s2 qui fais absolument tout ce que je souhaite.
        Je vois dans mon entourage des gens qui s’achètent le tout dernier smartphone, et pourquoi ? pour être à la mode, et l’exploiter à 10% de sa capacité.

    • Flacon de poudre

      « qui attend que son smartphone soit HS pour le changer ? »

      Moi.

      Pareil que le lolo, sauf avec un Galaxy Nexus. Qui a toutes les majs grace à la rom custom et qui tient très bien mon usage.
      La même que lui avec la batterie aussi ^^

      Puis faut autre chose que le simple objet qui fait son taf et qu’on possède déjà : le prix d’un smartphone… (je parle d’un HdG qui ferait envie à n’importe quel non-ermite) Lâcher 500/600€, c’est un investissement, et pas à la portée de tout le monde (on va me parler des forfaits, mais avec les engagements, tu paies le téléphone plus cher que son prix de base au final…) et pourquoi dépenser autant d’argent alors qu’on possède le même matos mais en plus vieux ?

    • Olivier

      Moi aussi, j’ai toujours mon Galaxy Note 1, qui fait le job, même si pas mal de lags (bien que plus rapide sous CM 10.1 vs Touch Wiz)
      Ça me suffit amplement pour lire, regarder des videos, écouter de la musique et accessoirement téléphoner :)

  • jejemc

    Salut, j’ai vu le reportage aussi franchement, je savais que les téléphones étaient fabriqués par les Chinois pour leur paye ridicules, mais le reste non , et franchement je trouve cela lamentable les pauvres qui bossent dans des mines même pas sécurisées avec des pelles de merde voire des bout de bois ridicule et en meure juste pour quels euros alors que les hauts PDG sans mettes plein les poches .
    Enfin je m’arrête la sinon on na pas fini mais les PDG et autres devrait vraiment avoir honte de se faire tant d’argent sur le dos des pauvres qui bossent comme des chiens .

    • Alex

      Idem et maintenant sa me dégoute de savoir aussi que des gens sont morts pour les produits que nous consommons ! :/

      • Manu

        certaines de ces travailleur se sont donné la mort car il était à bout de force…

        • Medhi

          Sérieux, fais un effort sur l’orthographe. J’ai l’impression de lire un enfant de 6ème sérieux -_-

          • Manu

            Quoi!! ta un problème avec les 6ème?? :D

        • Exium

          Et ? Où veux tu en venir ?

          • Stef80

            Certaines marques ont fait mettre des filets anti suicides.

          • Manu

            Bah, regarde le reportage sur Foxconn…

      • Léa35

        Et encore, c’est pas comme si on en avait VRAIMENT besoin…

    • Exium

      « les PDG et autres devrait vraiment avoir honte de se faire tant d’argent sur le dos des pauvres qui bossent comme des chiens . »

      Mmm… tu as oublié le cynisme, oeil par lequel certains regardent le monde, d’autres te diront qu’il y a du pragmatisme dans le regard porter sur leurs actes… et beaucoup d’autres sentiments encore.

    • Salim Lakhadari

      Mais c’est vrai quel révélation ce reportage on ne savait rien de tout cela auparavant ! Moi je croyais aussi que les travailleurs des usine Nike étais syndicaliser —

    • Léa35

      t’inquiète que les PDG en ont rien à faire des horreurs qu’ils créent !

  • jean-luc Mutabazi

    Bon je vais mangé moi mais sinon bonne article et la question a posé et celle-ci « êtes-vous prêts à payer plus cher vos appareils électroniques (1.5 à 3* plus cher)? »

  • DELAUNEY

    C’est vrai que se reportage est super enfin du journalisme d’investigation de qualité.
    il est vrai que nous avons notre part de responsabilité, coté recyclage des matériaux ce n’est pas terrible en ce qui concerne les smartphone. mais nous avons aussi une responsabilité politique, nous devons interpeller les politiques, organiser et signer des pétitions, et plus simplement en parler et en débattre autour de soit utiliser les réseaux sociaux pour dénoncer tout cela.

    Aujourd’hui c’est vrai que la société est basé sur le profit maximum, le profit à tout prix sans aucune valeur morale. Quand allons avancer vers du commerce avec des valeurs humaines, comme le commerce éthique, cela devrait être la norme pour tout le commerce qui existe.

    Dans un contrat de vente devrait figurer en grosse lettre le respect des droits de l’homme, de l’environnement et du code travail international, et si cela n’est pas respecté pas de ventes ou des mise en place d’un taxation forte et dissuasive, voir incitative aux bon respect de ces valeurs.

    Il faudrait peu être aussi criminaliser par glissement l’ensemble de la chaîne de responsabilité en commençant pas les donneurs d’ordres car quand on sait que l’activité que l’on génère tue des Hommes et l’environnement cela est Criminel et cela devrait être punis comme tel.

    Enfin vu le nombre de personnes qui ont regardé se reportage cela aura sans doute un impact, faudrait le traduire et le diffuser dans d’autres pays, bravo France 2.

  • Tuan

    C’est complètement irrespectueux de pouvoir traiter des personnes semblables à nous…

    Espérons que tout le monde prenne conscience du monde qui les entoure à temps car les riches vont devenir encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres…

    L’humanité va bientôt devenir les humanités si aucune réaction se fait à temps…

  • 1messager

    Vue la marge de profit colossale que les constructeurs se font on pourrait payer tout ces gens traité comme des esclaves plus cher et les faire travailler beaucoup moins et dans de meilleurs conditions sans que les prix ne change énormément. Pas envie de continuer à économiser si c’est pour être complice de tout cette monstrueuse cruauté plus longtemps.

    • jean-luc Mutabazi

      AH parce que vous croyez qu’ils vont réduire leurs marges ??? Il n’y a qu’à regarder le Nexus 6 ….

  • Adrien

    Bon résumé de ce qui a été dit dans le Cash Investigation sur FR2.
    Dommage que l’article soit bourré de fautes, ça rend la chose un peu moins sérieuse !

  • Nanardpvt18

    Excellent article ! Je confirme les dires des autres commentaires ! Pour ma part, je suis sensible à ce genre de piqûre de rappel, merci !

  • Olivier

    MERCI pour cet article
    En ce qui me concerne j’attend un fairphone avec une dalle 5,5 pouces … (je vais peut être attendre longtemps) …

  • lamperouge

    Les dérapages de la société de consommation… Et si la société de consommation n’était pas a elle seule un dérapage ?

  • magicrincevent

    c’est beau de s’offusquer, mais les journalistes qui critiquent et dénoncent utilisent eux aussi un téléphone. Si tout le monde jouait le jeu, on devrait boycotter tous les téléphones et refuser de les utiliser. prêts?
    il existe déjà des films de sensibilisation. cherchez unwatchable sur youtube, c’est pas à regarder au boulot, c’est pas pour les enfants et c’est insoutenable. Mais c’est ce qu’il se passe.
    Au passage, ça a toujours été le cas, les esclaves dans les mines ou les conflits pour une ressource sont vieux comme la civilisation.

  • RDVAR

    Je suis client SONY depuis le P800, aujourd’hui j’ai un Z1,
    mais après avoir vu ce reportage, si SONY ne change pas sa façon de faire, je n’achèterais plus de SONY.
    A eux de voir et sachez que nous avons un certain pouvoir

  • Young Dough

    A mesure qu’on lit cet article on a du a mal a y croire tellement c’est affreux mais ceci n’empeche pas que le plus beaux smarphone ne soit en notre possession

  • Young Dough

    vous (les responsables de phonandroid) n’acceptez que des commentaires qui vous faitent du plaisir. J’avais mis un joli commentaire comme ca et puis vous l’avez retire.

  • 2sfhim

    D’où l’intérêt d’acheter des produits fabriqués en France ou en Europe (UE) par exemple, ou fabriqués dans des pays développés (Japon, États-Unis …) Ça élimine ou réduit beaucoup déjà la plupart des problèmes pour les usines et la pollution. C’est pas parfait, mais c’est mieux qu’ailleurs. Le problème c’est qu’il y a de moins en moins de choses fabriquées dans ces pays-là… Et ça ne résout pas le problème des matières premières.

  • Salim Lakhadari

    Mais tu crois pas que les dirigeants ils ont en juste rien à foutre car sa arrange bien tt les grandes marques

  • Nico-goku

    Merci pour l’article.

  • Stumpjumper

    A regarder pour ceux que la situation des mineurs aux katanga intéresse, à voir!
    katanga business:

  • LC

    On doit une grande partie de ces choses au désir de certains de vouloir toujours plus pour moins cher. Bien peu accepterons de payer pour la qualité et la propreté qui va derrière. On vit dans un système qui fonctionne parfaitement si on s’y plie, ce que de moins en moins de gens font.

  • Lelouch Ltm

    Mon pauvre pays le Congo qui souffre en silence alors que les autres s’en mettent plein les poches. Toutes ses guerres subies juste pour favoriser l’exploitation non controlée. Triste

  • Laeticia

    Je n’ai pas vu le reportage mais je me souviens à une époque pas si lointaine qu’un général US avait témoigné ds un grand quotidien américain que l’attaque de l’Afghanistan était en autre pour les mines de lithium …

  • Léa35

    quand mais parents me demandaient si je voulais avoir un portable, avant, je disais non sans trop savoir pourquoi. Aujourd’hui, je sais, je dis non parce que leur fabrication c’est en fait de l’
    esclavagisme pur et dur !!!!waaaaaah, j’arrive pas à croire ce que je viens de lire…à la base, je cherchais juste des infos concernant les téléphones portables pour mon DM de français ! Ca y est, je sais ce que je vais mettre dedans…

  • Léa35

    ce qui est fou c’est qu’on peut rien y faire…on vit dans une société de consommation ! pour changer ça, y a que deux solutions : arrêter d’acheter des portables ou se révolter mais c’est impossible…du coup, on est obligés de regarder avec un œil extérieur tout ce qui se passe devant nos yeux. Ce qui est dingue, c’est que y a 50 ans, tout le monde vivait sans et personne en avait besoin…