Voiture électrique : l’ONU met en garde contre les effets pervers de la production massive de batteries

L’ONU a publié un rapport sur le marché florissant des véhicules électriques. Selon l’organisation, les batteries nécessaires pour alimenter ces voitures seront multipliées par huit dans les prochaines années. L’ONU affirme que cette surproduction aura de graves conséquences sur les pays qui fournissent les matières premières, comme le cobalt et le lithium. Notamment le Congo et le Chili.

renault zoe batterie schema
Schéma de la Zoe avec sa batterie. Crédit : Renault

La voiture électrique est considérée comme l’un des moyens de lutter contre les changements climatiques. Elle diminue notre dépendance aux énergies fossiles. Et elle baisse les émissions de CO2. Face à la crise sanitaire que nous traversons, la voiture électrique, fer de lance de la mobilité « propre », est, avec les véhicules hybrides rechargeables, les seuls à bénéficier d’une des aides de l’État mises en place pour soutenir le secteur automobile français. Et ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres.

Lire aussi – Voiture électrique : quelle est la durée de vie de la batterie ?

La voiture électrique est donc un bien écologiquement positif. Sauf que non. Un rapport de l’ONU pointe du doigt l’envers du décor, notamment au niveau de la batterie. Cet élément est l’un des plus importants dans un véhicule électrique : c’est elle qui alimente le moteur et les services à bord. Sans elle, rien ne bouge. Selon l’étude de l’Organisation des Nations Unies, plus de 23 millions de véhicules électriques seront vendus durant la prochaine décennie. Et le marché des batteries électriques sera multiplié par 8 entre 2020 et 2024, pour atteindre 58 milliards de dollars.

40 000 enfants travailleraient encore dans les mines du Congo

Pour fabriquer ces batteries, il faut des matières premières, notamment du cobalt et du lithium, qui proviennent de mines. Et les conditions d’extraction sont parfois très éloignées de l’image écolo de la voiture électrique. L’ONU cite plusieurs exemples dans son rapport. Le cobalt d’abord provient aux deux tiers de la République démocratique du Congo. Il est avéré qu’une grande partie du cobalt congolais est extrait par des enfants. Selon l’ONU, 40 000 enfants sont exploités dans des mines artisanales et travaillent pour un salaire de misère dans des conditions extrêmement dangereuses. Le Congo a promis d’interdire le travail infantile d’ici 2025.

Deuxième exemple. L’un des pays extracteurs de lithium est le Chili (d’autres sont l’Australie, le Mexique, l’Argentine, la Bolivie ou encore la Chine). Vous le savez peut-être, l’extraction du lithium se fait par évaporation. Il faut pomper la saumure dans les sous-sols des lacs salés. Cette saumure est placée dans d’immenses bassins d’eau à ciel ouvert. Cette eau s’évapore grâce au soleil pour faire apparaître du sel. Ce sel est ensuite ramassé et amené dans des usines pour être affiné.

La production de lithium assèche la Cordillère des Andes

Le paradoxe de l’extraction du lithium est qu’elle se fait généralement dans des déserts. Dans certaines régions, comme au Chili, la production du métal précieux consomme 65 % de l’eau présente dans la région désertique appelé Salar de Atamaca, l’un des principaux sites d’exploitation chiliens de lithium. Ce chiffre, cité dans le rapport de l’ONU, serait l’une des causes de la migration de nombreux agriculteurs et éleveurs, ainsi que de la dégradation écologique de la région : contamination des sols, pollution des nappes phréatiques, modification des terrains.

Ce n’est pas la première fois qu’un rapport pointe du doigt les effets négatifs de l’extraction des métaux nécessaires à la fabrication des batteries. Lors de la forte croissance du marché des smartphones, au début des années 2010, les mêmes arguments ont été avancés. Dix ans plus tard, la situation ne semble pas avoir bougé. Cependant, le smartphone n’a jamais eu l’aura pro-environnementale dont profite la voiture électrique.  Et c’est certainement le paradoxe entre cette image écologique et une réalité industrielle que l’ONU cherche à pointer du doigt.

Source : ONU



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