Un député veut faire payer Netflix, Google, Amazon et Facebook pour leur usage de bande passante en France

Un amendement a été déposé à l'Assemblée nationale pour la création d'une taxe sur la bande passante, à destination des fournisseurs de contenus tels que Netflix, Google, Facebook ou Amazon. Les FAI en seraient les principaux bénéficiaires, l'intérêt pour les consommateurs est plus contestable.  

netflix taxe
Crédit : 123rf

Les fournisseurs d'accès à internet (FAI) français réclament depuis bien longtemps une participation des géants du numérique au financement des infrastructures qu'ils utilisent. Les plus grandes plateformes, de streaming vidéo notamment, sont accusées de cannibaliser la bande passante et de mettre sous tension les réseaux des opérateurs, qui doivent investir dans leurs équipements pour répondre à la demande.

Est-il possible de forcer Netflix, Google, Amazon, Facebook et consorts à mettre la main à la poche ? C'est en tout cas la proposition du député RN Jean-Philippe Tanguy, qui a déposé un amendement en ce sens ce 13 octobre 2024, sans doute sous l'impulsion des FAI, note Nicolas Guillaume, PDG de Netalis.

Une taxe sur la bande passante

L'amendement en question ajoute une section VI au chapitre III du titre V du livre IV du code des impositions sur les biens et services. Celle-ci est baptisée “Contribution sur l’utilisation des réseaux de communication par les fournisseurs de contenus internet” et plébiscite “une contribution annuelle forfaitaire […] acquittée par les personnes morales fournisseurs de contenu et d’applications qui font appel à un ou plusieurs intermédiaires pour acheminer leur contenu jusqu’aux utilisateurs finaux”.

Autrement dit, les fournisseurs de contenus devraient payer une taxe pour pouvoir utiliser les infrastructures des opérateurs. Le montant de la contribution serait “calculé sur la base du trafic provenant des fournisseurs de contenu et d’applications”, qui passent directement ou par le biais d'intermédiaires par le réseau des “quatre principaux fournisseurs d’accès à internet français”. Ils ne sont pas nommés, mais il s'agit d'Orange, de Bouygues Telecom, de SFR et de Free.

Il est précisé que seuls “les fournisseurs de contenu et d’applications utilisant une bande passante moyenne annuelle supérieure à 1 Gigabit/sec” seraient concernés par cette mesure. Les petites plateformes seraient donc épargnées par la taxe, qui ne vise que les consommateurs les plus gourmands en bande passante.

Le montant à payer est proposé à 12 000 euros par Gigabit/sec d’utilisation annuelle moyenne de bande passante. L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) serait chargée d'estimer le volume de bande passante utilisée par les géants du numérique. En se basant sur les chiffres de l'Arcep pour le 2ᵉ semestre 2023, la taxe permettrait de récolter environ 550 millions d'euros par an. Netflix, qui représente 15 % de la bande passante des FAI français, devrait contribuer à hauteur de 84 millions d’euros. Pour Google, la somme à payer atteindrait 55 millions d’euros.

Les FAI principaux gagnants, pas forcément les consommateurs ?

Pour justifier une telle taxe, le texte souligne que développer et entretenir un réseau internet de qualité coûte très cher, un investissement supporté “par les contribuables et les consommateurs à travers leurs impôts et leurs forfaits internet”. De leur côté, les fournisseurs de contenu et d’application “ne participent presqu’en rien aux investissements et aux coûts d’entretien alors que leurs activités sont totalement dépendantes de l’existence et de la qualité de l’infrastructure”, dénonce le député, qui estime que ce comportement de passager clandestin est d'autant plus insupportable qu'il est le fait de “multinationales américaines parfois proches de situation oligopolistique”.

“Cet amendement n’a pas la prétention de présenter une solution technique définitive”, précise Jean-Philippe Tanguy, dont le but est d'ouvrir le débat sur cette question. Il était de toutes manières improbable qu'un tel texte soit adopté sous cette forme. L'idée de faire participer les plateformes numériques au développement et à la maintenance du réseau n'est pas nouvelle, mais se heurte à de nombreux problèmes. Elle se heurte au principe de neutralité du net, mais c'est surtout la réaction des acteurs du numérique qui est à craindre.

Il y a fort à parier que le consommateur finisse par faire les frais d'une telle taxe, d'une manière ou d'une autre. Dans le cas de Netflix par exemple, il pourrait s'agir d'une hausse de l'abonnement en France pour répercuter la taxe sur les utilisateurs. Une autre possibilité pour les plateformes serait de réduire fortement les débits sur notre territoire, dégradant la qualité du streaming vidéo. C'est ce que fait déjà YouTube en limitant le bitrate de ses vidéos en 1080p aux comptes gratuits, réservant le meilleur 1080p aux abonnés Premium.


Réagissez à cet article !

Demandez nos derniers articles !

Une planète trop petite ne pourrait jamais abriter la vie, les scientifiques savent enfin pourquoi

Les scientifiques rêvent de trouver la vie sur d’autres mondes depuis longtemps. Une nouvelle étude vient de fixer une limite de taille en dessous de laquelle tout espoir s’effondre. Une…

Le Motorola Edge 70 Max est officiel : un smartphone haut de gamme pour un prix accessible

Motorola lance l’Edge 70 Max en France, son nouveau smartphone premium. Entre design soigné, performances alléchantes et prix contenu, il a des arguments à faire valoir. Pas besoin de dépenser…

Soldes : la Nintendo Switch 2 chute à 399 € seulement durant cette vente flash, vite !

Les Soldes d’été devaient se terminer aujourd’hui mais elles ont été prolongées d’une semaine. Vous avez donc encore le temps de vous faire plaisir mais ne tardez pas non plus…

L’incroyable histoire de l’homme qui a réussi à s’offrir Google pour seulement 10 euros

Certains réalisent des prouesses scientifiques à 12 ans et voient le FBI débarquer chez eux, d’autres décrochent la Lune, littéralement, tandis que d’autres encore réussissent à berner la NASA pendant…

Test Bluetti Balco 260 : un système performant et évolutif pour réduire sa facture d’électricité !

Si vous avez franchi le cap du solaire en équipant votre domicile de panneaux ou si vous envisagez de prochainement le faire, la nouvelle batterie Balco 260 de Bluetti va vous…

Quelle est la meilleure eSIM pour voyager au Japon ?

Pour un voyage au Japon, disposer d’Internet dès la sortie de l’avion facilite beaucoup les premières heures du séjour. Une eSIM choisie et installée avant votre départ vous permettra d’utiliser…

Samsung Galaxy S26 Ultra : la mise à jour One UI 9 améliore l’écran de confidentialité

L’écran de confidentialité du Samsung Galaxy S26 Ultra gère désormais mieux le mode Picture in Picture (PiP) grâce à la mise à jour One UI 9. L’une des grandes nouveautés…

Vous n’oublierez plus les widgets de vos applis grâce à cette nouveauté du Play Store

Les widgets simplifient l’accès aux applications sans même les ouvrir. Trop souvent, ils restent oubliés au fond du menu de personnalisation. Google prépare une nouveauté du Play Store pour les…

Coup de théâtre : le rachat de Warner Bros par Paramount bloqué par la justice, l’un des plus gros deals du siècle bientôt annulé ?

Ce lundi 20 juillet, 12 procureurs étatsuniens ont obtenu la mise en pause du processus de rachat de Warner Bros par Paramount. Les plaignants estiment que la fusion des deux…

iOS 27 : vous ne serez plus jamais à court d’épisodes sur Apple TV grâce à cette nouveauté de la bêta 4

S’apprêter à regarder sa série, puis se rendre compte qu’on a oublié de télécharger les épisodes et qu’on est dans l’incapacité de le faire : il y a de quoi ressentir…