Une roche venue de Mars vient de livrer un indice fascinant sur son passé
Une météorite martienne, découverte dans le désert du Sahara, nous en apprend plus sur la planète rouge. En étudiant celle-ci, les chercheurs estiment que Mars a connu une période particulièrement humide et propice à l’apparition de la vie.

Aujourd’hui, Mars est un véritable enfer glacé. Notre proche cousine n’est qu’un vaste désert de poussière et de roche, particulièrement froid et bombardé de radiations. Mais cela n’aurait pas toujours été le cas. En effet, les missions envoyées sur Mars, telles que celles des rovers Perseverance et Curiosity de la NASA, nous ont révélé des indices passionnants. La planète possède des traces d’anciens lits de rivières et d’autres lacs aujourd’hui disparus. D’ailleurs, Curiosity a détecté des molécules qui auraient pu donner naissance à la vie.
Toutefois, les scientifiques ont tendance à se retrouver dans une impasse pour leurs recherches. En effet, l’ensemble des échantillons martiens doivent être étudiés sur place, à l’aide des instruments intégrés aux rovers. Et pour cause : ramener des échantillons sur Terre est une mission extrêmement difficile.
Des rivières auraient coulé sur Mars
La NASA prévoit pourtant depuis longtemps de se lancer dans cette entreprise particulièrement ambitieuse. Mais de multiples dépassements de budgets, associés à un retard toujours plus conséquent, rendent la mission plus qu’hypothétique à l’heure actuelle. Mais il ne faut pas oublier que parfois, Mars nous « rend visite » d’elle-même.
C’est en tout cas ce qu’ont pu constater les chercheurs, qui ont découvert une météorite martienne dans le désert du Sahara. Baptisée Teghaza 001, celle-ci serait particulièrement ancienne. « Elle est très ancienne et ressemble à certaines des plus vieilles roches terrestres », explique Yang Liu, chercheuse en planétologie au Jet Propulsion Laboratory de la NASA.
En étudiant la météorite martienne, les chercheurs ont détecté une concentration inhabituellement élevée en oxygène 18. Celle-ci, couplée à d’autres paramètres, pourrait suggérer que Mars possédait autrefois de nombreux cours d’eau.
« De l’eau circulait activement dans la croûte martienne », poursuit la chercheuse. « Au moment où cette roche s’est formée, Mars possédait bien une hydrosphère, et celle-ci interagissait intensément avec la croûte de la planète. » « Le système était en réalité plus dynamique et plus actif que nous le pensions. »
Et réussir à ramener des échantillons martiens sur Terre pourrait nous aider à mieux comprendre la planète rouge. C’est en tout cas ce que rappelle la chercheuse, qui conclut : « Si ces échantillons reviennent sur Terre, ils permettront de faire un nombre considérable de découvertes. Cela pourrait révolutionner notre compréhension de Mars et des débuts du système solaire. »