Journées mondiales sans mobile : rendez-vous les 6, 7 et 8 février pour décrocher

Les 6, 7 et 8 février prochains auront lieu les journées mondiales sans téléphone mobile. L’occasion de décrocher un peu et de réfléchir pendant trois jours à notre rapport à cette technologie. Oui, il faut bien trois jours pour faire le tour de la question non ?

C’est l’écrivain indépendant Phil Marso qui propose depuis le 6 février 2001 la journée mondiale sans mobile. A l’origine sa démarche consistait à réfléchir sur les changements comportementaux de l’Homme dans sa façon de communiquer suite à l’arrivée du mobile dans nos vies. Et au départ, le rendez-vous ne durait qu’une journée.

En 2003, une association écologiste a tenté de récupérer l’évènement en vain. En 2004, la journée s’est transformée en trois jours. Et en 2016, le créateur de l’évènement a mis en place un système de défis à relever au cours de ces trois jours. Pour relever ces 6 défis il faut 3 pré-requis :

  • Laisser son smartphone à la maison
  • S’équiper d’un appareil photo non connecté
  • Se munir d’une bouteille en verre

Ensuite il faudra relever les défis suivants :

  • Rendez-vous dans un lieu public de votre choix à 30 minutes de chez vous en vous munissant d’un plan de la ville version papier
  • Prenez-vous en photo sur le lieu public choisi (avec l’appareil non connecté)
  • Trouvez un container pour jeter votre bouteille en verre
  • Achetez une carte postale et un timbre et envoyez-là à l’adresse suivante :

  • Rendez-vous au 1 rue (avenue, place etc.) de la République de votre ville ou village. Photographiez la plaque.
  • Trouvez une cabine téléphonique pour joindre quelqu’un et photographiez-vous dedans (à l’époque il y en avait encore des cabines, aujourd’hui ça va être compliqué)

Pourquoi le 6 février ?

Si la journée du 6 février a été choisie c’est tout simplement parce qu’il s’agit du jour de la Saint Gaston. C’est une référence à la chanson de Nino Ferrer dans laquelle on peut entendre : « Gastion, y’a l’téléfon qui son, Et y’a jamais person qui répond ».

Au départ, il s’agissait donc de porter un regard plus neutre sur la relation que l’on entretient avec son téléphone. Mais à l’époque le téléphone mobile n’était qu’un petit compagnon qui permettait de passer des coups de téléphone et de répondre à des SMS.

Qui plus est, nous n’avions pas vraiment de dépendance puisque les forfaits étaient limités à quelques heures d’appels et quelques SMS. Il n’y a avait pas l’internet mobile, les emails n’étaient pas non plus légion. Mais ça, c’était avant.

La dépendance aux smartphones donne du sens à l’évènement

Depuis l’apparition des smartphones, les utilisateurs ont considérablement changé leur rapport à la technologie mobile. Alors qu’auparavant l’utilisateur était entièrement maître de son produit, la naissance d’appareils qui peuvent tout faire, tout le temps, et depuis n’importe quel endroit a changé la donne.

Désormais c’est le smartphone qui contrôle l’utilisateur. Les réseaux sociaux et le système de notifications nous ont rendu complètement addicts (pas tout le monde, mais de manière générale). Certains ont même développé une maladie, reconnue désormais, appelée nomophobie.

Les smartphones nous permettent d’être relié au monde entier, en permanence. La peur de manquer quelque chose envahit de nombreux utilisateurs. Certains développent des angoisses lorsqu’ils sortent de chez eux sans leur smartphone par exemple.

Les journées mondiales sans mobile sont donc une excellente opportunité de se détacher. D’autant qu’elles ont lieu durant le week-end. La fameuse excuse du « je ne peux pas m’en séparer c’est mon outil de travail » ne fonctionnera donc pas.

Cette année, on parle aussi d’écologie

Chaque année, un thème majeur entoure les journées mondiales sans mobile. Cette année c’est l’écologie, l’environnement qui sont à l’honneur. Il faut dire que l’année a été marquée par de nombreuses dénonciations des pratiques des géants du secteur. On pense évidemment au reportage sans appel de Cash Investigation. Cette année donc, 5 pistes de réflexions entoureront le débat :

  • L’exploitation des métaux lourds et des polluants organiques qui permettent de fabriquer les smartphones. Leur extraction pose la question des dégradations environnementales.
  • L’exposition des employés aux « poisons » présents sur les lignes de production
  • L’exploitation des enfants dans l’extraction des matières premières ou sur les chaînes de production
  • Le problème du recyclage qui n’est pas optimal, certains composants polluants de nos smartphones échappant au système
  • L’incidence des ondes magnétiques provenant des smartphones sur le climat

Vous l’aurez compris, les journées mondiales sans téléphone mobile ne sont pas de simples journées durant lesquelles il suffit de se séparer de son smartphone et de relever quelques défis. Les enjeux sont plus importants. C’est l’occasion de prendre du recul sur la place qu’ont pris nos compagnons mobiles dans notre quotidien.

C’est également l’occasion de prendre conscience des conséquences de notre surconsommation. Car, autant jouer franc-jeu, un français change de mobile bien plus souvent qu’il n’en a réellement besoin. Cette surconsommation a des conséquences dramatiques sur l’environnement mais pas uniquement.

Comme nous l’expliquions dans un dossier il y a peu, l’exploitation des enfants et les dangers auxquels ils sont confrontés chaque jour doivent également être pris en compte. Chaque consommateur est responsable aussi de ce système.

Enfin, terminons tout de même sur une note plus légère. Ces trois jours vont également permettre (à condition de décrocher) de profiter de nos proches, de passer de vrais moments pendant lesquels aucun bip, aucune sonnerie, aucune vibration ne viendra interrompre une conversation passionnante ou une franche partie de rigolade. Alors, allez-vous jouer le jeu des journées mondiales sans téléphone mobile ?

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Réagir à cet article

  • alchi

    C’est vraiment n’importe quoi « ces journées sans… ». Moi je propose de faire une journée sans aller aux toilettes (pour l’écologie c’est important) ou une journée sans ouvrir les yeux (pareil, on allume pas nos lumières donc c’est écologique) !

    • Koska

      On devrais faire des journées sans électricité, sans machines à vapeurs, sans roues, sans feu…..
      Il faut arrêter avec ces histoires de « dépendance ». Je ne suis pas plus ni moins dépendant à mon smartphone qu’à mon EDF ou aux roues de ma voiture. Cela fait passer le progrès pour un mal.

      D’autant que ce n’est au smartphone que nous pouvons être addict, mais à certains de ces services. Mesure et raison sont la base de tout, et faire une journée sans n’a aucun intérêt.

    • iAndroid

      Toutes ces journées inutiles, à part occuper les écolos, bobos, ceux qui n’ont pas de famille et ne savent pas quoi faire de leur temps, on le voit dans les reportages ils ont quasi tous le même profil de no-life déprésso-revendicatifs !
      Et pour eux, il faudrait leur trouver une journée sans leur accessoire de prédilection : les chaussures de randonnée !!!

      • Zizigoulou

        En allant dans le commentaires, je pensais tomber sur « C tro b1 lol sôrté bend de geek »
        Merci, les amis.

  • Tony Fiant

    Je propose une journée mondiale sans journée mondiale.
    Déjà que tout le monde s’en fout sauf une poignée de bobos pseudo intellos, nous n’avons maintenant même plus assez de jours dans l’année pour toutes ces magnifiques occasions.
    Demain, c’est la journée de la culture de plants de patates douces dans le nord est du Nicaragua.

    • starlight

      Vendredi 5 février c’est la journée mondial du Nutella, si tu préfère suivre cette événements plutôt que les journée sans.

  • Anthony Michael Agosti

    Sans moi, j’suis loin d’être addict mais vu mon type d’usage d’mon smartphone ça s’ra pas possible ! :-P