Tinder, Grindr : ces applis organisent vos rencontres… mais surtout avec des annonceurs

Maj. le 15 janvier 2020 à 19 h 30 min

Les applications de rencontre communiqueraient les données personnelles de leurs utilisateurs à de nombreux annonceurs. Selon une étude sur les dix applications les plus populaires du Play Store commandée par le conseil norvégien des consommateurs, les informations des utilisateurs sont vendues à des régies publicitaires sans consentement ni possibilité de s’y opposer.

appli de rencontre vendeur de donnees
Credit to Nodstrum.com

Le RGPD, le règlement général sur la protection des données, est entré en vigueur le 25 mai 2018 en Europe. Cette réglementation cadre l’usage des données personnelles, en obligeant notamment tous les services Internet à obtenir le consentement des usagers et à offrir un moyen de revenir sur ce consentement. Le but : protéger les consommateurs et les sensibiliser à l’usage publicitaire des données personnelles.

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Si les sites Internet ont globalement adhéré à cette obligation, les applications pour smartphone n’ont visiblement pas encore franchi cette étape. Une étude publiée par le Forbrukerradet, le conseil des consommateurs norvégien, alerte les autorités européennes sur le comportement des applications les plus populaires du Play Store. Une dizaine d’applications ont été étudiées, dont une partie non négligeable est dédiée aux rencontres. Nous y retrouvons Tinder, déjà sujet d’une longue enquête publiée en 2019, OkCupid, Grindr ou encore Happn. Et le constat est accablant.

Grindr, le plus mauvais élève sur la protection des données

Toutes les applications, sans aucune exception, collectent les informations personnelles de leurs utilisateurs pour des opérations publicitaires et l’analyse comportementale. Le nombre d’entreprises avec qui elles partagent est supérieur à 130, avec une moyenne de 5 à 6 par service. Grindr est le champion du partage avec 18 entreprises tierces avec qui elle partage des informations. Parmi ces entreprises, vous retrouvez Doubleclick (Google), MoPub (Twitter) ou encore Facebook. Et ces mêmes entreprises communiquent ces données à des dizaines d’annonceurs.

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Les informations dévoilées aux annonceurs sont diverses. Dans le cas des applications de rencontre, il s’agit notamment de la position géographique et du type du profil recherché. Mais cela ne se limite pas à ça. L’étude montre également que moins de la moitié des dix applications du Play Store les plus répandues communiquent clairement sur l’utilisation marketing des données personnelles. Une sur cinq seulement demande le consentement de l’utilisateur pour utiliser les données personnelles. Et une sur dix offre à l’utilisateur une option pour réduire le nombre d’informations partagées avec les annonceurs. Les applications de rencontre font partie des mauvais élèves. Suite à la publication de cette étude, l’association UFC Que Choisir interpelle sur Twitter la CNIL pour qu’elle se saisisse de cette affaire.



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