Permis de conduire : le gouvernement pourrait supprimer le retrait de points pour les petits excès de vitesse

 

Les petits excès de vitesse, inférieurs à 5 km/h, pourraient bientôt entraîner seulement une amende. En effet, le ministère de l’Intérieur réfléchit à la possibilité de supprimer le retrait de point sur le permis de conduire pour ces petites infractions. Un projet qui survient après des années de stagnation pour la Sécurité routière, mais aussi en pleine période électorale.

voiture exces de vitesse
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« On va beaucoup moins taper sur les petits excès de vitesse ». Voilà ce qu’a affirmé une source du ministère de l’Intérieur à l’AFP, à propos de l’avenir du permis de conduire. Pour l’heure rien n’est fait, mais l’idée est simple : stopper le retrait de point pour les excès de vitesse inférieur à 5 km/h. Une proposition alléchante pour bon nombre d’automobilistes, à l’heure où la gronde générale monte face aux différentes réformes concernant les routes françaises.

En effet, il est bien difficile pour le gouvernement de faire avaler ses mesures dans le domaine. On se souvient du fiasco qu’a été la limitation à 80 km/h sur les routes de campagnes, et de la proposition controversée de la Convention citoyenne pour le climat de baisser la limitation à 110 km/h sur les autoroutes. D’autant que d’un point de vue sécurité, beaucoup considèrent qu’il s’agit de la bonne marche à suivre.

Un permis à points de plus en plus contesté

À ce jour, plus de la moitié des retraits permis découlent d’une perte de points, le plus souvent attribués à des petits excès vitesse, note l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (Onisr). Un chiffre à mettre en perspective avec le fait 80 % des automobilistes possèdent encore la totalité de leurs points, tandis qu’à peine 5 % d’entre eux en comptabilisent moins de six.

Reste que la Sécurité routière voit son efficacité stagner depuis presque 10 ans, comme le note un récent rapport de la Cour des Comptes. Là encore, tout le monde n’est pas d’accord. En 2017, la délégation à la Sécurité routière rappelait en effet qu’en 25 ans d’existence, le permis à points a réduit considérablement le nombre de morts sur nos routes. De plus de 9000 en 1992, ce chiffre a passé sous la barre des 3000 en 2021.

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La raison de ce projet pourrait donc se trouver ailleurs, d’autant que les excès de moins 5 km/h ne sont probablement pas les plus meurtriers au volant. Qui plus est, le gouvernement ne semble pas particulièrement enclin à lâcher du leste auprès des automobilistes, à en croire le développement des radars et les nombreuses innovations dont ceux-ci font l’objet. Au contraire, l’objectif pourrait bien être plus populaire.

La suppression du retrait point, une stratégie politique ?

Dans son rapport de 2021, la Cour des Comptes estime ainsi que pour augmenter l’efficacité de la Sécurité routière, l’objectif principal est désormais d’obtenir « l’adhésion des citoyens ». « Le manque de lisibilité de la doctrine d’emploi du contrôle sanction automatisé alimente dans l’opinion publique des critiques, souvent injustifiées, mais auxquelles ne sont pas toujours apportées des réponses adaptées », estimaient par ailleurs les hauts fonctionnaires.

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À seulement quelques semaines des élections législatives, et dans un contexte bien moins favorable qu’il y a cinq ans pour Renaissance, anciennement la République en Marche, le parti pourrait chercher d’autres moyens de s’attirer les faveurs des Français. Le permis à points est en effet loin de faire l’unanimité depuis sa création, notamment auprès des électeurs d’extrême droite. En outre, Marine Le Pen (RN) et Éric Zemmour (Reconquête) avaient tous deux promis de le supprimer durant leur campagne respective.

La suppression du retrait de point pour les petits excès promet donc de diviser l’opinion publique. La Ligue contre la violence routière a déjà réagi en déclarant que « c’est en luttant contre les petits excès de vitesse qu’il y aura une baisse de la mortalité ». De son côté, Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, se réjouit de cette perspective et espère que le gouvernement propose par la suite « d’aménager les sanctions financières ».

Source : AFP



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