Amazon attend l’autorisation de lancer 3 236 satellites pour lancer une offre d’accès à internet mondiale comme SpaceX

Amazon vient de demander l’autorisation à la Federal Communications Commission (FCC) de lancer quelques 3 236 satellites. Une constellation, baptisée projet Kuiper, qui doit permettre au géant du commerce en ligne sur internet de devenir un points lourd de l’accès à internet dans le monde. Le projet rappelle celui de SpaceX avec la constellation Starlink – un concurrent qui a pris pour l’instant une longueur d’avance.

Projet Kuiper Amazon satellites internet

Après SpaceX, Amazon a décidé d’afficher lui aussi ses ambitions en matière d’accès à internet mondial. Le Projet Kuiper prévoit la mise en orbite de 3 236 satellites dans 98 plans orbitaux et à une altitude comprise entre 590 et 630 km. Selon le dossier déposé auprès de la FCC américaine, le but de la firme est bien, comme SpaceX, de fournir un accès à internet à des « dizaines de millions de personnes à travers le monde ». Même si le projet est en réalité nettement moins ambitieux. Les satellites communiqueront entre eux dans la bande Ka, et emploieront une technologie anti-interférences. Ils ne s’ajouteront a priori pas aux débris spatiaux autour de la terre, puisque, compte-tenu de leur altitude, ils ne pourront rester en orbite que pour une durée de 10 ans, même si le contact avec la Terre – au travers de 12 stations baptisées AWS Ground Station unit – était coupé.

Kuiper : le projet de constellation de satellites d’Amazon franchit une nouvelle étape

Le projet est, on vous le disait, une version réduite de Starlink, la constellation de satellites que SpaceX a annoncé en janvier 2015, et que la firme commence depuis quelque temps à mettre en orbite. Amazon admet ainsi dans sa demande que sa constellation ne couvrira pas le monde entier – en particulier l’Alaska, en ce qui concerne les Etats-Unis. SpaceX souhaite de son côté à terme déployer 12 000 satellites, soit plus de 4 fois plus que le projet d’Amazon, à trois altitudes différentes, 340 km, 550 km, et 1500 km. La communication avec la Terre se fera au travers de 270 stations. Le projet Starlink couvrira pratiquement toute la planète, jusqu’à une certaine latitude – la constellation ne couvrira vraisemblablement pas de zones au-delà du cercle arctique par exemple. Les premières offres d’accès pour Starlink doivent être proposées à l’horizon 2020.

Pour l’heure le projet Kuiper est plus nébuleux : son existence n’est connue que depuis avril 2019. On sait que Amazon offrira « un accès haut débit au travers de partenariats avec d’autres entreprises » – bien qu’il est tout à fait possible qu’Amazon vende également ses propres accès. On imagine que, comme le suggère le nom de ses stations à terre, le service sera intégré à la console AWS, permettant à des entreprises de créer leur propre service basé sur cette technologie. On sait en outre que le projet Kuiper est dirigé par Rajeev Badyal, ancien vice-président de la division de SpaceX dédiée à la constellation Starlink. En revanche, rien n’a filtré pour l’instant sur le calendrier de déploiement, ni de lancement du service. Bien sûr, le fait qu’un deuxième acteur de taille vienne sur ce marché est plutôt une bonne nouvelle pour le consommateur, puisque cela créera à terme de la concurrence.

Amazon et SpaceX ne sont d’ailleurs pas les seuls. Il y a la constellation de satellites OneWeb (à terme 2000+ satellites) lancée en partenariat avec AirBus et qui doit permettre le lancement du service en 2021. Samsung a également annoncé en 2015 une proposition : une constellation de 4600 satellites à 1400 km d’altitude. Telesat doit également lancer un service d’ici 2021, en s’appuyant sur une constellation plus modeste de 117 satellites. Reste désormais à démontrer les capacités de ce type d’accès à internet. Jusqu’à présent, les accès à internet par satellite géosynchrones trainent la réputation d’être particulièrement chers et comparativement peu performants par rapport à des accès cuivre ou fibre. Ces nouvelles solutions doivent contourner la plupart des obstacles techniques grâce à des satellites à une altitude non-géosynchrone et surtout beaucoup plus basse.

Lire également : Amazon veut devenir un fournisseur d’accès à internet mondial grâce à plus de 3000 satellites

L’enjeu est de taille, tant pour SpaceX qu’Amazon. S’ils réussissent à populariser leur service, les deux groupes devraient voir leurs revenus exploser. Ainsi certaines estimations autour de Starlink tablent sur des revenus de plus de 70 milliards de dollars par an. Soulignons qu’encore une fois ce sont deux entreprises américaines qui se mettent en position de devenir les leaders d’un nouveau marché prometteur, sans que des alternatives réellement équivalentes existent en Europe. De quoi accroitre, semble-t-il, encore un peu plus la dépendance des européens aux innovations américaines dans les prochaines décennies…

Que pensez-vous de ces nouveaux projets de constellations de satellites ? Partagez votre avis dans les commentaires !

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