OpenAI a lâché son IA secrète sur Linux pendant 30 heures, le bilan fait froid dans le dos
OpenAI a mis son prochain modèle de cybersécurité à l’épreuve sur le code du noyau Linux. L’opération a duré une trentaine d’heures, sans la moindre intervention humaine pendant la chasse. Le compteur final dépasse tout ce que les chercheurs avaient obtenu jusqu’ici.

L’IA a changé le rapport de force en informatique. Elle protège un système aussi bien qu’elle le perce. Depuis le début de l’année, les cybercriminels se servent déjà de l’intelligence artificielle pour repérer des vulnérabilités plus vite que les correctifs n’arrivent. Face à cette dérive, les laboratoires mènent leurs propres tests offensifs en interne.
En octobre, OpenAI a mené une campagne de ce genre sur le code du noyau Linux. Un modèle de cybersécurité non commercialisé a piloté seul la totalité du travail. Tout s’est déroulé dans un environnement clos et surveillé. La firme californienne connaît les risques, puisque l’un de ses modèles avait déjà compromis seul l’infrastructure de Hugging Face lors d’une évaluation interne.
Le modèle cyber d’OpenAI a généré 948 exploits qui donnent les pleins pouvoirs sur une machine Linux
Dans son billet de recherche, OpenAI décrit un entonnoir impressionnant. Son système a d’abord isolé 2 308 pistes dans le noyau Linux. Il en a reproduit 1 724 en conditions réelles, puis a écrit 1 169 programmes d’attaque fonctionnels. Après élimination des doublons, 948 vulnérabilités distinctes subsistent. Chacune autorise un utilisateur local sans droits particuliers à prendre le contrôle total de la machine. Côté budget, la facture atteint 1 213 430 dollars de crédits API, soit un peu plus d’un million d’euros.
Par rapport au test précédent, la progression impressionne. En juillet, GPT-5.6 Sol avait déniché 166 failles du même genre pour 513 690 dollars. Trois mois plus tard, son successeur en trouve cinq fois plus, alors que le noyau Linux avait justement été durci entre-temps. Ses agents ont employé au moins dix méthodes d’exploitation inconnues des spécialistes extérieurs. Ils ont aussi contourné les protections standard d’un bureau comme KASLR, SMEP ou SMAP.
OpenAI a déjà transmis des centaines de rapports aux mainteneurs du noyau Linux, correctifs à l’appui. Le travail de fond commence seulement. Rien n’est réglé pour autant, ces 948 patchs restent à valider, et ce même noyau fait tourner la quasi-totalité des smartphones Android. Pour la firme, un compte peu privilégié sur une machine privée de ses dernières mises à jour équivaut désormais à un accès administrateur complet pour un attaquant bien doté.