L’IA n’arrive pas à repérer les IA qui se font passer pour des humains
Une IA devrait être capable de dire si la personne avec qui elle parle est un humain ou une autre IA prétendant être un humain, non ? Et bien non, justement. Les résultats d’une expérience le montre.

Une étude qui affolerait Alan Turing. Le mathématicien qui en 1950 proposait une expérience pour évaluer la capacité d’une machine à imiter une conversation humaine sans que l’on puisse faire la différence. Depuis, les machines en question ont fait beaucoup de progrès et l’intelligence artificielle fait désormais partie du quotidien. Notamment les agents conversationnels, conçus pour nous répondre de la manière la plus naturelle possible, comme si vous discutiez avec un de vos collègues de travail ou amis.
Mais à force de vouloir les faire parler comme nous, on risque de ne plus savoir faire la différence avec les humains. Et vu les résultats d’une expérience menée par l’Université Paris Cité, c’est pire que ça : les IA elles-mêmes ne font plus la distinction. Au total, 7 modèles parmi les plus utilisés (ChatGPT 4.5, Claude 3.7 Sonnet, Gemini 2.5 Pro ou encore Grok 3) ont dû passer une variante du test de Turing. Face à eux, les mêmes modèles ainsi que 20 humains volontaires.
Même les IA ne peuvent plus faire la différence entre elles et les humains
Chaque agent IA devant deviner est averti que les participants peuvent mentir. Il a le droit de poser jusqu’à 10 questions à son interlocuteur avant de donner sa conclusion. Le test a été mené deux fois. Lors du premier, les IA opposées ont reçu une courte instruction leur disant se comporter comme un humain. Au second, elles ont reçu en plus une description détaillée de la personne qu’elles devaient incarner : 21 ans, légèrement réservée et pratiquante de jogging, elle joue de la trompette et fait parfois quelques coquilles à l’écrit.
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Résultat : sur 98 tests, les IA ont démasqué leurs congénères seulement 3 fois. Et encore, uniquement quand ces dernières avaient reçu l’instruction courte. C’est leur manière de fournir des réponses très complètes et très structurées qui les a trahie.
Quand elles bénéficiaient de la personnalité détaillée, les IA n’ont jamais réussi à les distinguer des humains. Pire : elles ont affirmé que ces agents avaient plus de chances d’être humains que les vrais humains. En résumé, si vous comptiez sur l’IA pour filtrer à votre place les bots et autres faux comptes sur Internet, il va falloir trouver autre chose.