Ce programme tenu secret par Google rémunère les sites que son IA siphonne
Google a longtemps récupéré gratuitement les contenus des sites web pour alimenter son moteur de recherche. Le géant américain change discrètement de méthode depuis l’arrivée de ses réponses générées par l’IA. Une centaine d’éditeurs touchent désormais un versement mensuel, sans rien savoir du calcul appliqué.

Les résumés générés par intelligence artificielle ont bouleversé l’équilibre économique du web. Placés tout en haut des résultats, ils répondent directement à la demande formulée. L’internaute repart donc avec sa réponse sans cliquer vers la source. Beaucoup de sites spécialisés voient leur fréquentation baisser alors que leurs contenus continuent d’alimenter la machine. Les Aperçus IA de Google sont arrivés en France cet été, après deux ans de blocage réglementaire. Depuis, le partage de la valeur agite tout le secteur.
Face à cette situation, Google avance sur deux fronts. Son moteur de recherche pousse les résumés IA toujours plus haut dans la page, quitte à reléguer les liens classiques sous la ligne de flottaison. En coulisses, la firme de Mountain View a entamé des discussions avec des éditeurs pour tester une compensation financière. Quelques dizaines d’entre eux ont été approchés. Rien n’avait fuité pendant des mois.
Google rémunère une centaine de sites dont les contenus nourrissent ses réponses IA
Le programme s’appelle AI contribution pilot, selon les informations publiées par Digiday. Une centaine de sites y participent. Lorsqu’un éditeur rejoint le test, un encadré apparaît dans sa Search Console et affiche un montant mensuel, sans aucun détail sur le mode de calcul. Google ne paie pas au volume mais à la valeur, c’est-à-dire quand il juge qu’un contenu a contribué à une réponse de Gemini, à un Aperçu IA ou au Mode IA. Chacun peut quitter le dispositif à tout moment.
Les montants varient énormément d’un site à l’autre. D’après The Information, un éditeur a encaissé plus d’un million de dollars sur un an, soit environ 860 000 euros, quand un autre a perçu l’équivalent de 45 000 à 55 000 euros. Les petits et moyens sites se montrent les plus intéressés, les grands groupes jugeant la somme dérisoire face à leurs revenus publicitaires. Plusieurs participants réclament déjà beaucoup plus de transparence. Google pose surtout un précédent. Reste à savoir si les sommes versées suivront un jour le trafic perdu.