Orange-Bouygues : l’Etat rejette en partie l’opération de rachat

Alors que la semaine dernière les rumeurs laissaient entendre qu’Orange et Bouygues allaient présenter le projet de mariage au gouvernement avant la fin de la semaine. Selon les informations du Journal Du Dimanche, la réunion a bien eu lieu mais l’Etat s’oppose en partie à l’opération de rachat. Explications.

Le mariage entre Orange et Bouygues ne se déroulera pas aussi simplement que prévu. Le Journal Du Dimanche affirme que l’annonce du mariage devrait certainement « être décalée d’une semaine » soit le 23 février au lieu du 16. C’est l’Etat qui aurait freiné l’opération.

Mais pourquoi ? Principalement à cause des parts d’Orange que souhaitait détenir Bouygues. Après le rachat Bouygues comptait détenir 15% d’Orange. Mais l’Etat, actionnaire aujourd’hui à hauteur de 23% ne voit pas les choses de cet oeil.

Ainsi, il a rejeté le projet présenté la semaine dernière. Finalement Bouygues ne devrait « récupérer que 11% environ pour que l’Etat reste au dessus du seuil fatidique de 20% ». En parallèle, Free et SFR négocient les parts de Bouygues qu’ils vont récupérer. Au total l’opération devrait tourner autour de 4,5 milliards d’euros pour les deux opérateurs.

Par ailleurs, l’Etat a tenu à être ferme sur le terrain de l’emploi. Pour que le rachat soit validé il faudra maintenir les effectifs pendant trois ans. Une réponse qui devrait donc rassurer les syndicats inquiets de l’avenir des salariés.

Comme nous l’avions déjà expliqué, le grand gagnant de l’opération serait Free. Le quatrième opérateur pourrait étendre son réseau plus rapidement que prévu, ce qui remettrait également en doute son plan d’amélioration du débit jusqu’en 2019. Finalement les choses iraient bien plus vite.

Quant au réseau de boutiques Bouygues, c’est peut-être SFR qui pourrait en profiter. La stratégie de Free ne reposant pas sur les boutiques physiques, il serait logique que les points de vente reviennent à SFR. Mais là encore, il y a un problème. Le réseau de boutiques SFR est déjà très étendu et partout où il y a un point de vente de l’opérateur au carré rouge il y a un point de vente Bouygues Telecom. On risquerait donc le doublon.

L’opération qui s’annonçait comme relativement simple à réaliser se retrouve finalement confrontée à de nombreux obstacles. Les préparatifs du mariage entre Orange et Bouygues risquent de retarder encore quelques temps la cérémonie.

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Réagir à cet article

  • lolo

    L’opération n’a jamais été annoncée comme relativement simple, c’est tout le contraire.

  • alfred

    Je ne pense pas que le grand gagnant soit Free… Jusqu’à aujourd’hui, Free n’avait pas réellement de gros coûts fixes (peu d’antennes, pas d’infrastructure fixe). Donc il pouvait facilement s’ajuster au nombre de clients qu’il a, et ainsi, baisser ses tarifs en assurant une marge. Si le scénario de fusion prend effet, Free n’aura plus cette flexibilité s’il achète de l’infrastructure… Il aura de gros coûts fixes et donc un minimum de client bien plus élevé pour être rentable ! ce qui change beaucoup la donne ! Les vrais gagnants ici sont les clients et l’état. Une plus forte capacité d’investissement sur les réseaux, et plus de marges donc plus d’impôts.

    • Onverra

      Il ne faut pas oublier qu’on passe d’un marché de 4 à 3 opérateurs. Sachant que de très nombreux clients fixe Bouygues Télécom ne supporteront pas de passer chez Orange ou SFR, et qu’en plus les offres de Bouygues Télécom sont sont engagement, il y’a fort à parier qu’au minimum 30 % des clients fixe vont passer chez Free. Il y’aura donc 7 millions d’abonnés fixe chez Free au lieu de 6 millions. Sur le mobile, de nombreux clients qui n’ont pas envie de passer non plus chez Orange ou SFR iront chez Free Mobile. Donc dans un marché plus petit, chaque opérateur aura plus de clients, et donc plus d’argent à sa disposition.
      Par ailleurs, si les clients Sosh passent sur Red SFR, il y’a fort à parier que les 3/4 vont résilier en vitesse et passer soit chez Free Mobile, soit rester chez Orange et passer sur du Origami. Vu la popularité du réseau de SFR ces temps-ci, cela risque bien d’arriver.

  • itachi

    L’état aurait du « aider » bouygues à racheter SFR à l’époque et ne pas laisser un étranger racheter une société française.

    • Toto

      Totalement d’accord ! Surtout que Drahi a posé sa société mère à amsterdam et donc maxi évasion fiscale !!!! Sans compter les impayés aux fournisseurs ! Il faut limite boycotter cette boite !!!