Sécurité : quand le New York Times espionne 12 millions d’américains grâce à leur smartphone

Le New-York Times a pu traquer les smartphones de 12 millions d’américains. Le journal publie une enquête édifiante et passionnante sur les dangers que représentent les smartphones pour notre vie privée. Grâce une base de données gigantesque fournie par une source anonyme, les journalistes ont pu traquer, espionner, retracer le parcours de 12 millions de citoyens américains. 

Crédits : New-York Times
En image, la localisation de 10 000 smartphones dans Central Park à New-York.

« Chaque minute chaque jour, partout sur la planète, une douzaine de compagnies – largement non-réglementées, très peu surveillées – enregistrent les mouvements de dizaines de personnes grâce à leurs smartphones et sauvegardent ces informations dans d’immenses bases données ». Voilà comment commence l’enquête passionnante et édifiante du journal le New-York Times publiée le 19 décembre 2019.

Les journalistes du Times Privacy Project, une équipe d’investigation dédiée à la défense de nos données personnelles et des dérives des nouvelles technologies, a mis la main sur une de ces bases de données. « C’est de loin le fichier le plus imposant et le plus sensible que des journalistes aient pu consulter », raconte l’auteur de l’article. Ce document contenait la localisation de plus de 12 millions de citoyens américains sur plusieurs mois, entre 2016 et 2017. Au total, plus de 50 milliards de coordonnées géographiques différentes, entre Washington, New-York, San Francisco et Los Angeles.

Le New-York Times a pu accéder à ces données grâce à des sources proches des sociétés pointées du doigt par la journal. Par peur de sanctions professionnelles, ces personnes ont préféré gardé l’anonymat. Pendant des mois, et avec le soutien d’entreprises spécialisées dans la collecte de données, d’ingénieurs, d’avocats et de scientifiques, les journalistes ont pu traquer les mouvements d’un grand nombre de personnes, avec une précision effrayante. Ils ont pu suivre le parcours de 10 000 personnes à Central Park, assister aux allées et venues incessants de centaines d'employés au Pentagone (le ministère de la Défense américain), ou connaître avec exactitude l’heure de départ et d’arrivée des invités de Johnny Deep, de Tiger Woods ou d’Arnold Schwarzenegger.

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Ces entreprises qui savent absolument tout sur nous

Toutes ces informations ne proviennent pas d’un opérateur téléphone ou d’une agence gouvernementale obscure. Elles appartiennent à une douzaine de sociétés qui collectent dans la discrétion la plus totale les données transmises par la plupart de nos applications présentes sur nos smartphones. Pour ces entreprises « votre vie est un livre ouvert », explique l’article. Ces compagnies revendent ces données à des fins marketings. Elles évitent toute médiatisation, et hormis Foursquare qui est connue aux USA, les onze autres sont inconnues du grand public.

Pour le New-York Times, le problème principal reste le cadre juridique américain, bien trop permissif. « Aujourd’hui, il est parfaitement légale de recueillir et de vendre toutes ces informations. Aux Etats-Unis, comme dans la plupart des pays du monde, aucune loi fédérale ne limite ce qui est devenu un vaste et lucratif commerce du pistage des êtres humains. Seules les politiques internes de l’entreprises et la décence individuelle des employés empêchent ceux qui ont accès à ces données de traquer par exemple un ex-conjoint ou de vendre le trajet du soir d’un agent de la CIA à une puissance étrangère », explique l’auteur.

Cette longue enquête n’est que la première partie d’un vaste dossier en sept chapitres, élaboré par les journalistes du New-York Times. Si vous maîtrisez un tant soit peu l’anglais, ou si Google Traduction est votre meilleur ami, nous ne pouvons que vous conseillez de lire cette investigation passionnante et terrifiante sur l’exploitation de nos données, sur les risques que cela engendre pour notre sécurité et celles de nos pays, et sur les solutions possibles pour y remédier.

Source : New-York Times

Crédits : New-York Times
La localisation de centaines de personnes dans la Maison Blanche.



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