Le télescope spatial James Webb a observé un monde infernal où le ciel lui-même est en pierre
Les planètes de lave comptent parmi les mondes les plus extrêmes repérés par les astronomes. TOI-561 b, située à 280 années-lumière, vient d’être observée pendant 37 heures par le télescope spatial James Webb. Les mesures révèlent un astre étonnamment brillant, enveloppé d’une couche de roche vaporisée.

Le catalogue des exoplanètes se compte désormais en milliers. Certaines ressemblent à la Terre, d’autres n’entrent dans aucune case. Parmi les plus déroutantes, la densité d’une exoplanète géante approche celle de la guimauve. Aucun groupe ne résiste autant aux comparaisons que celui des mondes de lave. Ces planètes frôlent leur étoile au point de garder leur surface en fusion.
Observer ces astres relève pourtant de l’exploit. Leur lumière se perd dans celle de leur étoile, des centaines de fois plus intense. Côté instruments, les progrès s’accélèrent, et les astronomes ont repéré une planète de la taille de Jupiter à un stade très précoce de sa formation. Pour les mondes de lave, le défi consiste à mesurer la chaleur renvoyée par chaque face. Avec 37 heures d’observation, le télescope spatial James Webb s’est attaqué à l’un d’eux.
La planète TOI-561 b réfléchit autant de lumière que Vénus grâce à ses nuages de roche
Selon une étude parue dans The Astronomical Journal, TOI-561 b boucle son orbite en onze heures seulement. Repérée en 2020 par le satellite TESS, elle tourne à 280 années-lumière de nous. Sa face éclairée dépasse 1 600 °C, assez pour maintenir un océan de roche liquide. Le télescope spatial James Webb l’a suivie sur près de quatre orbites complètes.
Puis les mesures ont livré une surprise. La planète TOI-561 b renvoie environ 75 % de la lumière reçue, autant que Vénus, quand la Terre en réfléchit à peine 30 %. Pareille brillance ne colle pas avec un sol de lave nue, sombre par nature. Pour l’équipe de Lisa Dang, de l’Université de Waterloo, des nuages de silice et de magnésium se forment côté jour, puis renvoient une partie du rayonnement vers l’espace comme un miroir.
Reste à comprendre ce que cache ce voile brillant. La nuit, les températures restent trop basses pour expliquer la chaleur manquante. Une atmosphère entoure donc probablement TOI-561 b. Sa composition échappe encore aux chercheurs. Deux pistes tiennent la corde, un brouillard de gaz carbonique comme sur Vénus, ou une couche soufrée entretenue par des volcans comme sur Io.