Des entreprises créées et gérées par IA, bientôt une réalité aux États-Unis ?
Aux États-Unis, le Delaware envisage de permettre la gestion d’entreprises par des IA. Des robots autonomes pourraient même obtenir le droit de signer des contrats.

Le Delaware est déjà réputé comme étant un paradis fiscal au sein des États-Unis. Il pourrait aussi devenir un pionnier en matière de gestion d’entreprise par des intelligences artificielles. L’État a lancé un projet de loi prévoyant la possibilité de faire créer et gérer des entités commerciales par des IA. Des robots autonomes auraient alors le droit de signer des contrats, d’intenter des poursuites et de prendre des décisions au nom de l’entreprise, rapporte le Financial Times.
Selon les idées actuellement discutées, ces entreprises disposeraient d’un statut particulier, les contraignant notamment à évoluer dans un « bac à sable réglementaire » pendant une période pilote de 30 mois. La proposition devrait être présentée en janvier prochain et fait évidemment beaucoup jaser. L’IA est loin d’être infaillible, et on a déjà des cas d’entreprises confrontées à des poursuites judiciaires à cause d’actions entreprises par leurs systèmes d’IA, qui n’ont pas été suffisamment supervisés.
Des entreprises gérées de A à Z par des IA, une idée très sérieuse aux États-Unis
La secrétaire d’État (démocrate) Charuni Patibanda-Sanchez, chargée de l’immatriculation des entreprises, est à l’initiative de ce projet. L’objectif est de continuer à faire du Delaware un leader de la création d’entreprises, car il en dépend fortement. La crainte est que d’autres États au sein des États-Unis ou que d’autres pays prennent une avance en matière de législation IA pour les entreprises, et que ces entités viennent concurrencer le Delaware sur son terrain.
Charuni Patibanda-Sanchez estime qu’il est important de « tester le commerce d’agents au grand jour, sous supervision, avec un capital lié à la responsabilité et la possibilité de fermer un système ». Elle déclare que « le commerce autonome est possible grâce aux technologies actuelles », et que la seule question en suspens « est de savoir où il trouvera sa place ».
Des investisseurs ont déjà apporté leur soutien au projet, mais des voix s’élèvent aussi à son encontre. « Nous craignons que la proposition de loi du Delaware relative à l’IA ne serve à protéger les puissantes entreprises d’IA et leurs investisseurs de toute responsabilité en cas d’actions imprudentes et nuisibles », a réagi James Comer, le président (républicain) de la commission de surveillance de la Chambre des représentants.