Quatorze ans de charges et décharges plus tard, ces batteries de voitures électriques refusent toujours de mourir
Le stockage par batteries a connu son tout premier grand chantier en Chine, il y a quinze ans. CATL, numéro un mondial du secteur, vient de récupérer les cellules LFP du site pour les passer au crible de ses laboratoires. Leur état après quatorze ans de service intéresse directement les conducteurs de voitures électriques.

La crainte de voir une batterie s’effondrer au bout de quelques hivers colle à la peau de la voiture électrique. Les données racontent pourtant autre chose. Sur ce point, un rapport bâti sur 500 000 mesures de packs a classé les modèles selon la capacité qu’ils conservent. Passé 150 000 kilomètres, la plupart gardent encore plus de 90 % de leur énergie. Reste que ces relevés couvrent rarement plus de cinq ou six ans.
Les conditions d’usage pèsent bien plus lourd que l’âge. La chaleur permanente a nettement abîmé le pack d’une Tesla Model 3 ex-location à Hawaï. À l’inverse, un immense parc de stockage chinois a tourné quatorze ans d’affilée sans interruption. CATL vient d’en récupérer les cellules LFP pour les démonter.
Les cellules LFP conservent 85 % de leur capacité après quatorze ans de service
Le site de Zhangbei a été le premier grand système de stockage par batteries au monde. Sa puissance de stockage atteignait 63 MWh. Mis en route en 2011, il a alimenté les Jeux olympiques d’hiver de 2022 avant son arrêt en juin 2025. Aucune cellule n’a été remplacée pendant ces quatorze ans. D’après CATL, plus de cinquante unités LFP sont reparties en laboratoire, où les mesures donnent environ 85 % de la capacité d’origine. Elles pourraient encaisser un millier de cycles supplémentaires, soit une dizaine d’années dans un usage secondaire.
Au démontage, les électrodes apparaissent toujours alignées et le graphite ne montre pas d’usure visible. CATL attribue cette longévité à la chimie lithium-fer-phosphate, moins dense en énergie que le NMC, plus tolérante aux cycles répétés et moins chère à produire. Ces cellules n’ont toutefois jamais subi de charge rapide, ni les vibrations, ni les écarts de température d’une voiture. Un parc fixe travaille dans un environnement stable, sous surveillance permanente. Rien ne se transpose donc tel quel à l’automobile. Il reste que la technologie LFP, désormais courante sur les modèles d’entrée de gamme, vieillit lentement quand on la ménage.