Vous espériez quitter Android pour le système de Huawei ? Préparez-vous à patienter longtemps
Huawei entretient depuis des mois l’espoir de voir HarmonyOS s’installer hors de Chine. Le dirigeant de sa branche grand public vient pourtant de doucher les attentes devant la presse. Son système maison franchira les frontières, à son propre rythme.
Le marché mobile tourne depuis quinze ans autour de deux systèmes seulement. Android équipe environ trois téléphones sur quatre dans le monde, iOS occupe l’essentiel du reste. Un troisième acteur a pourtant émergé en Chine, porté par les sanctions américaines qui ont coupé le fabricant de Shenzhen des services de Google. Son logiciel soigne désormais autant le style que les performances, puisque la dernière version du système emprunte beaucoup au Liquid Glass d’Apple. Changer d’écosystème reste pourtant un exercice rare.
Fin août, la conférence consacrée à l’écosystème HarmonyOS avait réveillé les espoirs. À cette occasion, le président tournant du groupe annonçait des programmes pilotes dans quelques pays, puis un déploiement plus large en cas de succès. Huawei ne manque pas d’audace ailleurs, et la marque a pris Apple de vitesse sur le format pliable allongé. Depuis cette annonce, les curieux guettaient un signal concret. Six semaines plus tard, le ton a changé.
Le patron grand public de Huawei décrit une arrivée très progressive de HarmonyOS hors de Chine
Yu Chengdong, directeur de la branche grand public du groupe, s’est exprimé lors d’une table ronde avec la presse, rapportée par Huawei Central. Il a retracé le parcours de HarmonyOS, parti des téléphones et des tablettes avant d’atteindre les montres, les ordinateurs puis les voitures. Vient ensuite l’essentiel, avec une arrivée graduelle sur le marché mondial. Ses mots restent prudents, puisqu’il parle d’un plan initial, déroulé lentement et étape par étape. Aucun pays, aucune date, aucun appareil n’accompagne cette intention. Le calendrier reste entièrement ouvert, et rien n’est promis pour l’Europe.
Les chiffres avancés impressionnent malgré tout. L’écosystème revendique plus de 90 millions d’appareils, 450 000 applications et services et 23 000 partenaires industriels. Presque tout se concentre pourtant en Chine. Hors de ses frontières, Huawei vend toujours des téléphones sous EMUI, et persuader les développeurs occidentaux de porter leurs logiciels sur une troisième plateforme reste le principal obstacle. Un déploiement mondial crédible demanderait encore des années de travail. HarmonyOS attendra donc un bon moment avant d’arriver dans les boutiques françaises.
