Cette brosse à dents électrocute les bactéries pour une bouche plus saine
Des chercheurs ont mis au point une brosse à dents dont les poils produisent une charge électrique qui facilite l’élimination des bactéries buccales. Un concept qui a déjà fait ses preuves sur le papier, aujourd’hui concrétisé.

Se brosser les dents tous les jours, un rituel que l’on nous inculque très tôt dans nos vies. Chacun choisit ensuite ses outils pour obtenir une hygiène bucco-dentaire satisfaisante : brosse à dents manuelle ou électrique, dentifrice, bain de bouche, hydropulseur, fil dentaire… Quelle que soit votre routine, le but est le même : se débarrasser des bactéries responsables du développement de la plaque dentaire et des caries.
Le problème, c’est que ces dernières n’ont pas très envie d’être délogées. Pour se protéger de nos assauts, elles ont développé un genre d’armure sous la forme d’une pellicule appelée biofilm. Pour faciliter l’élimination de ces squatteurs buccaux indésirables, une méthode consiste à fragiliser ce biofilm par divers moyens. On pense aux brosses à dents ionisantes, qui vont libérer des particules chargées repoussant la plaque dentaire. Ou celles dont les poils sont imprégnés d’un agent antibactérien. Ici, l’idée combine en quelque sorte ces deux approches.
Des filaments électriques pour une brosse à dents qui choque les bactéries
Une équipe de scientifiques chinois a mis au point une brosse à dents intégrant du fluorure de polyvinylidène (PVDF) directement dans ses poils. Pour faire simple, ce polymère peut générer de l’électricité à même de perturber le biofilm des bactéries. L’intérêt principal étant que cette réaction se déclenche naturellement. Pas besoin d’une batterie envoyant un stimuli donc. En laboratoire, la brosse à dents a réduit de 45 à 78 % la population des principales bactéries buccales pathogènes, contre moins de 10 % pour une brosse classique.
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Sur des dents de bovins, les poils en PVDF ont désagrégé les biofilms avec une efficacité supérieur à 99 %. Des tests ont ensuite été menés sur 115 volontaires humains pendant 3 mois. Là aussi, la brosse permet de réduire l’abondance relative de plusieurs bactéries pathogènes. Elle donne aussi de meilleurs résultats sur la réduction de la plaque dentaire et la santé des gencives comparé à une brossage ordinaire.
Encourageant, mais n’oublions pas que ces résultats ne se traduisent pas forcément par une diminution des risques de caries ou de maladies touchant les gencives. La bonne nouvelle, c’est qu’on sait maintenant que le concept imaginé sur le papier fonctionne chez les humains. Une base sur laquelle les scientifiques vont pouvoir s’appuyer.
Source : Science Advances