Ces mystérieux points rouges repérés par le télescope spatial James Webb trouveraient une explication monstrueuse
Le télescope spatial James Webb observe depuis des années de minuscules taches rouges dont personne ne comprend la nature. Une nouvelle étude américaine avance un scénario d’une rare violence, hérité des toutes premières générations d’étoiles. Il réglerait au passage l’énigme des trous noirs bien trop massifs pour l’âge qu’avait alors l’univers.

Presque toutes les galaxies connues abritent un trou noir supermassif en leur centre. Sa masse atteint des millions, voire des milliards de masses solaires. Les astronomes peinent encore à les recenser, au point que des milliers de volontaires ont été mobilisés pour repérer les trous noirs manquants de la Voie lactée. Une question résiste pourtant. Comment ont-ils grossi si vite ?
Depuis 2022, le télescope spatial James Webb repère aussi de minuscules objets compacts aux confins du cosmos. Leur nature divise toujours les chercheurs, même si une étude affirmait déjà avoir percé le secret de ces points rouges. Ils se comptent par milliers avant le premier milliard d’années, puis s’effacent. Une équipe californienne vient de relier les deux énigmes.
Les premières étoiles se percutaient sans relâche jusqu’à former des astres gigantesques
Selon une étude publiée dans The Astrophysical Journal, les étoiles du jeune univers vivaient entassées. Leurs collisions étaient donc monnaie courante. Seuls les chocs les plus violents détruisaient les astres concernés, alors que les rencontres lentes déclenchaient des fusions en chaîne. Claire Williams, de l’université de Californie à Los Angeles, décrit un empilement capable de produire un astre gigantesque dont la masse égale celle de l’amas entier. En fin de vie, ce monstre s’effondrerait sur lui-même pour donner un trou noir hors norme.
Normalement, un trou noir né de l’effondrement d’une étoile pèse entre dix et cent fois la masse du Soleil. Dans les simulations américaines, les objets obtenus se révèlent bien plus lourds, entre cent et cent mille masses solaires. Ils joueraient le rôle de graines, avec l’avance nécessaire pour atteindre le stade supermassif avant le premier milliard d’années. Le même environnement leur fournit ensuite le gaz indispensable à leur croissance.
Dans ce scénario, les points rouges du télescope spatial James Webb seraient ces amas chaotiques, secoués en permanence par des collisions stellaires. Leur disparition s’expliquerait alors sans difficulté. Le cosmos s’est refroidi et étalé, ces régions se sont rangées en galaxies calmes, et rien n’était plus assez extrême pour les entretenir. Smadar Naoz compare ces travaux à des aveugles décrivant un éléphant, chacun selon la partie qu’il touche.