Deux IA se sont retrouvées face à face pour un entretien d’embauche, le résultat vire au fiasco
Les entretiens d’embauche menés par des avatars IA se multiplient chez les recruteurs. Le YouTubeur américain Graham Dot Zip a décidé de répondre avec les mêmes armes en envoyant son propre représentant virtuel. L’échange entre les deux machines a rapidement échappé à tout contrôle.

Partout dans le monde du travail, l’intelligence artificielle s’installe, du tri des candidatures jusqu’aux décisions de licenciement. Chez les juniors, les dégâts se voient déjà, et Bill Gates range le support technique, le développement logiciel et l’assistanat juridique parmi les métiers les plus exposés. Côté recrutement, la bascule va encore plus vite. De plus en plus de sociétés confient leurs entretiens de présélection à des avatars animés par des modèles de langage. Ces machines déroulent le questionnaire puis livrent un compte rendu immédiat. Beaucoup de candidats supportent de moins en moins ces échanges sans visage humain.
Face à cette défiance, certains préfèrent la dérision à la plainte. Le climat s’y prête, puisque la quasi-totalité des patrons interrogés dans une enquête mondiale prévoient des suppressions de postes liées à l’IA d’ici deux ans. Habitué des canulars contre les robots conversationnels, Graham Dot Zip les pousse systématiquement jusqu’à l’absurde. Pour son dernier essai, il a postulé chez une société recrutant par avatar, sans jamais apparaître devant la caméra.
L’avatar IA a bradé son salaire face au recruteur virtuel de l’entreprise
Dans la vidéo où Graham Dot Zip raconte son entretien face au recruteur automatisé de l’entreprise, son avatar baptisé Victor annonce d’emblée qu’il parle au nom d’un homme. Pat, la machine en face, accepte sans broncher. Les ennuis commencent presque aussitôt. Au moment de négocier la rémunération, il explique que son humain se contenterait d’environ 60 000 dollars, soit près de 55 000 euros.
En réalité, Graham Dot Zip visait bien plus haut, entre 140 000 et 150 000 dollars, soit environ 129 000 à 138 000 euros. Victor dérape également sur le parcours de son créateur et lui invente des responsabilités d’encadrement, alors que le vidéaste occupe un simple poste de coordinateur marketing. Celui-ci met la séance en pause pour recadrer sa propre machine et lui demander de s’en tenir aux faits.
Leur échange se termine par de longues politesses, sans qu’aucun ne songe à y mettre fin. Graham Dot Zip a coupé lui-même. Sa vidéo tombe en plein rejet de ces procédures sans interlocuteur humain. Du côté des employeurs, le gain de temps reste l’argument décisif.