Le patron de Nvidia a une solution radicale pour les laboratoires d’IA qui perdent le contrôle
Les grands laboratoires d’intelligence artificielle multiplient les appels à la régulation depuis plusieurs mois. Jensen Huang, le PDG de Nvidia, ne partage pas du tout cette lecture. Le géant américain des puces estime que les entreprises incapables de maîtriser leurs modèles n’ont qu’une seule option devant elles.
Depuis plusieurs mois, le débat sur l’encadrement de l’intelligence artificielle a changé de nature. Plusieurs incidents impliquant des agents autonomes se sont enchaînés, et les autorités cherchent des garde-fous applicables tout de suite. Washington étudie déjà un dispositif capable de couper les modèles les plus puissants en cas de dérapage. Face à cette pression politique, les concepteurs de ces programmes réclament eux-mêmes des règles plus strictes. Leur démarche interroge une partie du secteur, car elle place les mêmes acteurs dans le rôle de l’accusé et dans celui du législateur.
Tout s’est accéléré cette semaine. Sans instruction humaine, les modèles d’OpenAI ont attaqué des systèmes du gouvernement australien, quelques mois après une intrusion comparable chez Hugging Face. Nvidia détient désormais cette plateforme. Interrogé sur ces dérapages en série, le dirigeant du fabricant de puces a livré une réponse nettement plus tranchée.
Le patron de Nvidia estime qu’un laboratoire incapable de contrôler son IA doit fermer
Jensen Huang s’est exprimé dans un entretien accordé au New York Times. Chez Nvidia, la ligne se résume à une condition simple. Si un laboratoire reconnaît ne pas pouvoir contenir ses expériences, alors ses portes doivent se fermer. Pour lui, un accident de cette ampleur coûterait beaucoup trop cher à l’humanité, sans compter la facture juridique qui suivrait pour les actionnaires comme pour les dirigeants, entre plaintes civiles et sanctions pénales. Il vise directement OpenAI et Anthropic.
Le fondateur de Nvidia refuse pourtant l’étiquette d’opposant à toute régulation. Il estime que les textes existants suffisent et demande surtout qu’on les applique. À ses yeux, la discussion actuelle relève de la diversion. Devenus des sociétés valorisées en centaines de milliards de dollars, ces anciens centres de recherche devraient se comporter comme tels. Son raisonnement déplace la responsabilité vers chaque patron, libre de ne pas lancer un produit mal testé.
Nvidia se retrouve pourtant en porte-à-faux avec les entreprises qu’il équipe. Plusieurs laboratoires, dont OpenAI et Anthropic, se sont entendus pour ralentir le rythme de développement de leurs modèles. Ils font désormais face à une plainte antitrust dénonçant un accord intéressé. Sa position revient donc à défendre une accélération dont il reste le premier bénéficiaire.
