Comme votre frigo, les data centers européens pourraient bientôt recevoir leur propre étiquette énergie
L’essor de l’intelligence artificielle fait exploser les besoins en électricité des data centers européens. Face à cet appétit grandissant, l’Union européenne veut désormais y voir plus clair. Les plus grands sites devront bientôt dévoiler leur consommation d’énergie comme d’eau, selon des critères communs à tout le continent.

L’intelligence artificielle ne repose pas seulement sur des puces toujours plus puissantes. Pour tourner, elle s’appuie sur des data centers géants, gourmands en courant comme en eau. Leur multiplication crée déjà des tensions locales. Aux États-Unis, un centre de données du comté de Fayette, en Géorgie, a puisé des millions de litres d’eau à l’insu des riverains. Partout, ces infrastructures captent une part croissante de l’électricité disponible.
Le Vieux Continent n’échappe pas au phénomène. En juin, Bruxelles demandait déjà aux ménages européens de limiter leur consommation d’électricité aux heures de pointe. L’Union compte pourtant tripler sa capacité en centres de données d’ici sept ans, au nom de sa souveraineté numérique. D’après l’Agence internationale de l’énergie, les data centers ont englouti 68 TWh chez les Vingt-Sept en 2024. Leur appétit devrait atteindre 114 TWh en 2030, soit plus de 3 % de la demande électrique du bloc, en grande partie à cause de l’IA. La Commission accélère désormais.
L’Union européenne veut noter l’efficacité énergétique des grands data centers
Selon le communiqué de la Commission européenne, un système de notation commun va encadrer les data centers dont la capacité dépasse 500 kW. Leurs exploitants devront publier des indicateurs sur leur consommation d’énergie et d’eau. Ils préciseront aussi leur usage d’eau au regard du stress hydrique de leur région. Chaque site indiquera également s’il réinjecte de l’énergie dans son écosystème local, par exemple en récupérant la chaleur dégagée par ses serveurs. En revanche, le texte n’impose ni plafond d’usage, ni publication de la dépense électrique totale.
Cette notation doit servir de base à de futures normes minimales de performance pour les data centers européens. Son principe rappelle l’étiquette énergie des réfrigérateurs ou des voitures. Pour Bruxelles, ces installations doivent consommer le moins d’électricité et d’eau possible, tout en s’intégrant durablement au système énergétique. Le Parlement et le Conseil disposent désormais de deux mois pour examiner le règlement, voire s’y opposer avant son entrée en vigueur. Si le calendrier tient, les premières étiquettes seront publiées l’an prochain. Reste à savoir si une bonne note suffira à calmer l’appétit de ces géants du numérique.