Google jouait avec nos données de géolocalisation, l’entreprise condamnée à une amende de 403 millions d’euros
Nouvelle lourde amende infligée à Google en Europe, dont la politique de traitement des données de géolocalisation a été jugée contraire au RGPD.

403 millions d’euros. C’est le montant de la dernière amende infligée à Google par la Commission irlandaise pour la protection des données (DPC). Cette sanction est prononcée par cette entité car Google a installé son siège social européen en Irlande, mais la sanction vaut pour ses activités dans toute l’UE, et pas seulement en Irlande. Il est reproché au géant du numérique un traitement des données de géolocalisation qui ne soit pas conforme au RGPD.
“En raison des manquements de Google à cet égard, des personnes ont pu ignorer que leur géolocalisation était utilisée, par exemple, pour les influencer par le biais de publicités ciblées ou pour déduire leurs centres d’intérêt, et ont ainsi pu perdre le contrôle de leurs données personnelles. La conservation des données de géolocalisation des utilisateurs au-delà de la durée nécessaire a aggravé cette perte de contrôle”, a déclaré Graham Doyle, commissaire adjoint de la DPC.
Google s’est un peu trop amusé avec les données de localisation de ses utilisateurs européens
L’organisme a retenu quatre points essentiels contre Google, qui n’a pas respecté :
- La légalité et l’équité du traitement des données de localisation dans l’activité Web et d’applications et l’historique de localisation.
- Ses obligations de responsabilité au titre du RGPD en ne pouvant démontrer sa conformité au principe de licéité, d’équité et de transparence concernant le traitement des données personnelles dans Location Accuracy.
- Ses obligations de transparence concernant les trois caractéristiques mentionnées ci-dessus.
- Sa conservation des données de localisation dans l’activité Web et d’applications ainsi que dans l’historique de localisation.
En plus de l’amende, Google doit revoir ses procédures de traitement pour les mettre en conformité dans un délai de 6 mois, est-il précisé. Selon Graham Doyle, les données de localisation “peuvent considérablement améliorer l’utilité des services en ligne, mais aussi révéler une quantité importante d’informations personnelles, y compris des informations intrinsèquement privées”, d’où la vigilance de la législation européenne à cet égard.
En juillet dernier, la Commission européenne avait déjà prononcé une amende de 890 millions d’euros à l’encontre de Google pour abus de position dominante sur Search et le Play Store.