Ce rover emportera sur la Lune le premier supercalculateur capable d’y faire tourner une IA
La Lune n’a encore jamais hébergé la moindre puissance de calcul digne de ce nom. Astrolab compte y remédier avec son rover FLIP, attendu au pôle Sud avant la fin de l’année. L’engin emporte un supercalculateur chargé d’y faire tourner des programmes d’intelligence artificielle.

Le pôle Sud lunaire concentre aujourd’hui toutes les convoitises. Depuis plusieurs années, les agences spatiales y cherchent de la glace d’eau, ressource clé pour installer une base habitée. Sur place, le terrain reste impitoyable, entre cratères profonds, poussière abrasive et nuits qui durent plusieurs jours terrestres. Des relevés récents montrent même que des failles se multiplient à la surface de la Lune, au risque de compliquer les futures missions habitées. Peu de machines tiennent dans ces conditions.
La mission Griffin-1, confiée à l’entreprise américaine Astrobotic, doit s’y poser avant la fin de l’année. Son atterrisseur déposera plusieurs charges utiles, dont le rover FLIP. Astrolab a conçu ce véhicule pour transporter des équipements scientifiques variés. Explorer un sol inconnu sans la moindre aide au positionnement reste un exercice délicat, déjà pratiqué ailleurs dans le Système solaire. Sur Mars, Perseverance a repéré des traces d’eau chaude sous un cratère martien.
Le HPE Spaceborne Computer-4 doit faire tourner les premières intelligences artificielles sur le sol lunaire
Selon le communiqué de Hewlett Packard Enterprise, FLIP embarquera le Spaceborne Computer-4, présenté comme le premier supercalculateur posé sur la Lune. Le module se passe de ventilateur et associe un processeur 64 bits basse consommation à un GPU. Son refroidissement passe par le circuit du rover, son énergie par les batteries et les panneaux solaires du véhicule. Côté stockage, des SSD fournis par Kioxia accueilleront les données. Un conteneur de services doit faire tourner sur place les premières applications d’intelligence artificielle de l’histoire lunaire.
L’ordinateur servira aussi la navigation. Une méthode de localisation mise au point par le JPL compare le terrain observé à une carte stockée en mémoire, faute de signal satellite, afin d’écarter les cratères les plus dangereux. Déjà éprouvée sur Mars, cette technique n’avait jamais servi autour de la Lune. FLIP doit tenir un an sur place, parcourir plusieurs centaines de kilomètres et traverser des nuits de 150 heures d’obscurité totale. Personne ne sait encore ce que ces outils apporteront aux prochaines missions habitées.