Devenez chasseurs de trous noirs : ces milliers de bénévoles ont aidé à trouver les géants « manquants » de la galaxie… depuis chez eux
« Nous avons besoin de toute l’aide possible » : une équipe d’astronomes a lancé un projet collaboratif. Baptisé Black Hole Hunters, il consiste à trouver les trous noirs « manquants » de la Voie lactée. Et face à l’ampleur de la tâche, l’aide de bénévoles s’avérait indispensable. Mais en quoi consiste concrètement ce projet ? C’est justement l’objet de cet article.

Les trous noirs font partie de ces objets énigmatiques de la Voie lactée. Selon les estimations des astronomes, en 13 milliards d’années d’existence, notre galaxie a accouché de plus de 10 millions de trous noirs. Mais seulement 70 ont été débusqués jusqu’à aujourd’hui.
Une équipe de chercheurs du Royaume-Uni s’est donc donné pour mission de combler cet écart. Partant du postulat que l’union fait la force, les astronomes ont fait évoluer ce projet en travail collaboratif pour accélérer cette recherche titanesque. C’est ainsi qu’est né Black Hole Hunters – signifiant littéralement Chasseurs de trous noirs.
Trouver des trous noirs est finalement à la portée de tout le monde
Le projet a été lancé sur la plateforme Zooniverse il y a déjà 5 ans. D’après le site web, Black Hole Hunters a déjà rassemblé près de 23 000 bénévoles, pour plus de 12 millions de classifications effectuées. Cela n’est pas étonnant : y participer est simple.
Nul besoin d’un diplôme, simplement d’un ordinateur : il s’agit ici de reconnaissance de motifs visuels pouvant manifester la présence d’un trou noir « manquant ». Si plusieurs bénévoles désignent le même motif, alors les astronomes pourront cibler leurs prochaines observations en optant pour les candidats les plus évidents.
Cette approche permet de pallier deux problèmes : les erreurs individuelles et les limites de l’IA dans ce domaine, qui se fait parfois piéger en confondant les potentiels trous noirs avec d’autres phénomènes complexes du cosmos.
Les données à l’origine des motifs à analyser proviennent des observations du satellite chasseur d’exoplanètes de la NASA : TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) – qui a déjà traqué une exoplanète sans le savoir, découvert un rare système stellaire à triple éclipses et promet de découvrir bien plus de mondes que prévu.
L’équipe n’en est pas à son coup d’essai avec cette méthode. Avant de lancer ce travail collaboratif s’appuyant sur TESS, elle avait mené une recherche similaire reposant sur les données de SuperWASP, un programme d’observation des étoiles à la recherche de signes de planètes mené entre 2004 et 2016.
Pour le moment, le projet est « terminé » car « à court de données ». Mais, comme le souligne Space.com, les données d’autres instruments pourraient venir l’enrichir. Et notamment celles recueillies par la mission Euclid de l’Agence spatiale européenne, ou encore celles que récoltera le télescope spatial Nancy Grace Roman.
