Huawei : la France soupçonne aussi le constructeur d’espionnage et le surveille de près

Huawei est dans le viseur de la France : nos confrères de Challenges révèlent l’existence depuis 2015 d’un dispositif secret dont le nom de code est Cerbère et qui vise à surveiller les activités du constructeur chinois dans le pays, et à éviter toute dérive. Plusieurs entités, dont 6 ministères les agences de renseignement, de sécurité des systèmes d’information et le gendarme de la cybersécurité sont impliqués dans ce dispositif. La France craint un risque d’espionnage pour le compte du gouvernement chinois jugé crédible, et les conséquence d’un entrisme très agressif dans le domaine des télécommunications du pays. 

huawei

Comme les Etats-Unis, la France se méfie aussi de Huawei, entreprise sous surveillance depuis 2015 via un dispositif jusqu’ici secret dont le nom de code est Cerbère. L’info vient d’être révélée dans une enquête exclusive du magazine Challenges. Selon les journalistes, les services du pays sont convaincus que Huawei a mis en place une stratégie pour acquérir une position dominante en France dans les infrastructures de télécommunication « par tous les moyens ». Et lancent un pavé dans la marre : « la première crainte des services de l’Etat est justement que Huawei se serve de ses équipements pour espionner la France ». 

Huawei est dans le viseur de la France

Créé en 2015, Cerbère a été maintenu par le nouveau locataire de l’Elysée, Emmanuel Macron : « resté jusqu’à présent secret, ce dispositif s’est traduit par la création d’un comité de pilotage réunissant Matignon, six ministères, les services de renseignement et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), le gendarme de la cybersécurité en France ». Il vise à enquêter mais aussi à lutter contre un entrisme de plus en plus visible de la marque dans le pays. Challenges parle par exemple « de conseillers ministériels qui avaient reçu des téléphones [Huawei] en cadeau », relaie les inquiétudes de Cerbère concernant l’utilisation de smartphones Huawei par les agents EDF.

En outre, Huawei noue de nombreux partenariats avec les grandes écoles et laboratoires de recherche Français, parfois déséquilibrés, lorsque la firme demande par exemple l’intégralité de la propriété intellectuelle des brevets en échange d’une modique subvention. Ou encore avec des opérateurs, comme Orange. En vertu de ce dispositif, les personnels des ministères et certaines institutions sont tenus de limiter au possible leurs contacts avec des représentants de Huawei. Cerbère via la voix de l’Anssi aurait été impliqué pour écarter Huawei de contrats sur les routeurs de coeur de réseau, indispensables à l’infrastructure nationale (et internationale).

Vous pouvez lire davantage de détails dans l’enquête exclusive de Challenges. Pensez-vous que les smartphones chinois, en particulier de Huawei, représentent un risque pour la sécurité nationale ? Partagez votre avis dans les commentaires.

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