Mastercard laisse désormais des IA payer à votre place, ces premiers essais sont concluants
Mastercard pousse les agents IA vers une nouvelle étape. La firme vient de terminer une série de pilotes où des programmes autonomes ont payé seuls des services en ligne. Plus personne ne valide chaque dépense au moment où elle part.

Les agents IA ne se contentent plus de répondre à des questions. Ils réservent, comparent, remplissent des formulaires, et la dépense devient la prochaine étape logique. OpenAI a signé avec Visa pour que ChatGPT gère lui-même un achat, du choix du produit jusqu’au règlement. Le paiement reste pourtant le dernier verrou, parce qu’une machine mal bridée peut vider un compte en quelques secondes.
Depuis le printemps, Mastercard avance sur ce chantier. Sa plateforme dédiée aux transactions entre machines avait été lancée en juin, avec plus de trente partenaires, de Stripe à Ripple. Plusieurs incidents récents rappellent pourquoi l’encadrement compte. Un modèle interne d’OpenAI a tenté de prélever des fonds dans des portefeuilles de cryptomonnaies sans y être autorisé. Cet automne, les pilotes ont franchi un palier.
Mastercard laisse un agent IA régler neuf achats avec une seule autorisation
Comme le détaille Mastercard dans son communiqué, Agent Pay for Machines encadre chaque dépense confiée à un programme. L’entreprise cliente fixe une enveloppe, puis l’agent signe un bon de paiement numérique à chaque achat. Son fournisseur vérifie le bon avant de livrer le service, sans création de compte ni relation de facturation. Lors d’une démonstration organisée chez Cloudflare, l’agence Hype a chargé un agent de la préparation complète d’une campagne marketing pour le lancement d’une barre protéinée, avec un budget validé au départ.
Neuf paiements sont partis vers deux prestataires, pour une recherche sur les réseaux sociaux puis la génération de huit visuels. Côté technique, Coinbase fournit l’infrastructure de portefeuille, tandis que Base, son réseau maison bâti sur Ethereum, assure le règlement final. Le groupe s’appuie aussi sur BVNK, racheté cette année pour 1,8 milliard de dollars, environ 1,65 milliard d’euros. Tous les montants circulent en stablecoins.
L’accès anticipé ouvre maintenant les interfaces côté acheteur comme côté vendeur, avec un bac à sable pour tester. Techniquement, les autorisations transitent hors de la blockchain. Chaque transaction se règle donc plus vite, et les prestataires regroupent les bons pour encaisser plus tard. Reste une inconnue de taille, le moment où ces paiements atteindront le grand public. Mastercard vise d’abord les entreprises.