UberPop vs Taxis : quand la violence met fin à l’innovation !

C’est toujours pareil avec les taxis, dès que quelque chose les tracasse, ils organisent des opérations escargot, bouchent les avenues les plus fréquentées, manifestent, crient au scandale, bref c’est le bordel. Après tout, c’est normal non ? Ils payent une licence une fortune et sont toujours dérangés dans leur travail.

Le taxi, comme toute autre profession, est intégré à un marché, celui du transport de personnes. Mais la technologie et les innovations qui l’accompagnent ont perturbé le petit train-train des chauffeurs de taxis qui étaient en situation de quasi monopole, les voitures avec chauffeurs étant réservés aux catégories sociales les plus aisées.

taxis vs uber

UberPop : quand l’innovation fait peur

Ainsi, l’américain Uber est venu marcher sur les plates bandes de la grande famille des taxis. Et ça, ça ne passe pas. Non ça ne passe vraiment pas. Un service qui propose aux utilisateurs des courses dans un confort bien loin de celui des taxis pour moins cher, parfois au même tarif, de temps en temps plus chers, ça c’est vraiment dégueulasse. Et en plus c’est facile, une application suffit pour tout faire : contacter, donner rendez-vous et payer.

Un chauffeur qui dit bonjour, qui propose une bouteille d’eau, qui discute volontiers, qui porte les valises sans supplément et qui accepte toutes les courses, c’est vraiment n’importe quoi. On n’a jamais vu ça ! Et tout ça, sans payer de licence, de taxes et tutti quanti, mais où va-t-on ?

On va vers le terrain du progrès, de l’innovation. Certes, les chauffeurs du service UberPop ne paient pas de taxe, et c’est un point qui devrait être examiné avec le plus grand sérieux, mais doit-on aller jusqu’à exiger la suppression du service ?

Pas forcément, mais pourquoi ne pas demander aux chauffeurs d’opter pour un statut de type auto-entrepreneur pour régler ce problème de taxe et de travail dissimulé que les taxis mettent en avant perpétuellement.

taxis vs uberpop

Une sorte d’Uber mais pour les particuliers qui souhaitent arrondir leurs fins de mois avec quelques petites courses. Les chauffeurs paieraient des taxes sur leurs recettes eux aussi. Ce système est déjà en place pour le service UberPop mais le régime d’auto-entrepreneur n’est exigé qu’à partir de 7500 euros par an. Pourquoi ne pas l’exiger dès le premier euro ?

Mentionnons entre parenthèses également le fait que 80% des revenus engrangés par les courses d’Uber restent en France (20% aux Pays-Bas). On aimerait voir ce taux dans d’autres géants américains comme Apple, Microsoft ou Google pour ne citer qu’eux.

Les solutions existent mais le fond du problème ne réside certainement pas dans le fait que les chauffeurs d’UberPop ne paient pas de taxe. Non, le vrai problème c’est que le service est innovant, de qualité et abordable. Et c’est bien cela qui fait peur aux taxis.

L’arrivée d’une concurrence qui les dépasse, ils n’en veulent pas. Evidemment tous les chauffeurs de taxis ne sont pas à mettre dans le même sac, mais les récents évènements nous montrent que beaucoup défendent la même cause.

La question des licences

L’argument principal des chauffeurs de taxis c’est que contrairement aux VTC, ils doivent payer une licence. Ce que l’on appelle communément la licence de taxi est en fait une autorisation de stationnement. Le problème, c’est que lorsque les chauffeurs de taxis expliquent qu’ils « doivent » payer une licence, c’est faux. En réalité, ils « peuvent ». Mais ils peuvent aussi l’obtenir gratuitement.

Les autorisations de stationnement sont délivrées depuis le 1er octobre 2014 ne sont plus cessibles ni vendables et elles sont valables durant 5 ans renouvelables. Seules les licences attribuées avant cette date peuvent être revendues.

Pour obtenir une licence, il suffit d’en faire la demande. Après avis de la commission des taxis et des voitures de petite remise, le maire ou le préfet de police (pour Paris) fixe le nombre d’autorisations. Plus clairement ils décident du nombre de nouveaux taxis qui pourront être admis.

Un procédé qui permet de protéger l’activité des taxis déjà en place. Mais pour obtenir ces autorisations il faut attendre longtemps, très longtemps, et c’est pour cette raison qu’un système de revente des licences s’est mis en place… par les taxis eux-mêmes.

taxis licences

Attention, seules les licences délivrées avant octobre 2014 peuvent être revendues. Bien souvent, la revente permet aux chauffeurs de s’assurer une retraite confortable surtout lorsqu’ils l’ont obtenu gratuitement (ils doivent l’exploiter 5 ans minimum avant de revendre).

Ce système de revente des licences, ce sont donc les taxis eux-mêmes qui l’ont mis en place. Et ce sont aussi eux qui sont responsables de la flambée des prix de ces licences. Selon les villes les prix varient : à Paris (qui n’est pas la ville où la licence est la plus chère contrairement à ce que l’on peut croire) il faut compter entre 220 000 et 240 000 euros.

En banlieue il faut débourser 180 000 à 210 000 euros. Les licences les plus chères sont celles de Nice : 300 000 euros environ. Alors oui, les licences coûtent cher, il faut des années pour les rentabiliser, mais ce sont les taxis qui l’ont voulu. Ils peuvent très bien attendre et l’obtenir gratuitement.

La réponse des taxis à l’innovation : la violence, et ça marche !

Face à la proposition d’UberPop, les taxis ont donc sonné la cloche de la révolte. Ils ne leur serait pas venu à l’idée de trouver le moyen de se démarquer de la nouvelle concurrence comme n’importe quelle autre société aurait pu le faire sur un autre marché. Oh non !

Changer les bonnes habitudes, ça ne va pas la tête ? Nous on veut continuer à choisir nos courses, à exiger du cash et à imposer notre humeur aux passagers. Il faut quand même pas déconner, on ne va pas créer une application non plus ? Et pourquoi pas une petite bouteille d’eau aussi ?

taxis uberpop violence

Non les taxis, plutôt que de revoir leur stratégie commerciale qui n’exige pas non plus de nombreux investissements (un peu d’eau et de bonne humeur) ont préféré monter au créneau et « tout péter » ! Des actes de violence complètement disproportionnés, tournant même dans certaines villes en émeutes.

Les forces de l’ordre ont dû intervenir de manière brutale pour stopper l’hémorragie, des chauffeurs UberPop ont été agressés, leurs voitures saccagées, des pierre lancées depuis les ponts des périphériques sur les véhicules des chauffeurs, bref ce que l’on appelle communément l’intelligence.

UberPOP doit être dissous et déclaré illégal et la saisie des véhicules devra être prononcée et effectuée. – François Hollande, Président de la République –

Et le pire dans tout ça, c’est que le gouvernement a fini par cautionner ce comportement puisque François Hollande a exigé la dissolution du service. Rien que ça. Peu avant la déclaration du Président de la République, le Ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait affirmé avoir porté plainte contre UberPop pour incitation à poursuivre une activité illégale et a qualifié l’attitude de la société américaine d’arrogante.

Le 3 juillet, le directeur général d’Uber France a fini par annoncer la fin du service UberPop « dans un esprit d’apaisement ». Il promet d’accompagner les 10 000 chauffeurs à obtenir le statut de VTC. Les taxis ont gagné.

Ce que l’on retiendra de toute cela ? Que la violence a fini par triompher face à l’innovation. Un bien triste constat en 2015, à l’heure où tous les hommes politiques encouragent à créer des entreprises innovantes. Innovantes d’accord, mais à condition de ne pas déranger les copains ?

uberpop caricature
Crédits : Korben

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