Terrorisme : Google et Facebook vont laisser la police fouiller dans vos données

De la réaction, de l’émotion, de l’instantané mais jamais de réflexion aboutie. Au lendemain des attentats de Londres, la Commission Européenne s’est décidée à discuter les bases d’une nouvelle règlementation. L’idée : permettre aux forces de police d’accéder directement à vos données Google et Facebook sans demander l’autorisation à l’Etat membre au sein duquel est domicilié le suspect.

commission europeenne Facebook google donnees

 

A chaque attentat, la réaction et l’émotion sont de mise. Chacun y va de son petit discours, tweet, petite bougie, manifeste sa compassion, etc. Les gouvernements s’empressent d’accuser les géants du web de facilitateur de dialogue entre terroristes et de leur servir de relai pour la propagande. Après chaque attentat, un accès facilité aux données est mis sur la table, idée non suivie d’effet.

La Commission Européenne a décidé de se pencher sur le sujet. Un projet de règlementation est en discussion pour permettre aux forces de police de chaque Etat membre d’accéder directement à vos données Google et Facebook. L’information peut apparaître banale, mais une nouveauté est présente : peu importe l’Etat membre où vous êtes domiciliés, l’Etat du lieu de l’enquête aurait un accès direct à vos données. Concrètement, si vous êtes domiciliés en France, des enquêteurs allemands pourraient accéder à vos données sans demande d’autorisation à la France.

L’Europe se veut plus intrusive

Selon la commissaire européenne pour la justice, les consommateurs et l’égalité des genres, Vera Jourova, 3 projets sont pendants dont l’un sera choisi et examiné d’ici à fin 2018. La proposition la plus intrusive consiste à copier les données depuis le cloud de l’entreprise concernée lorsque les enquêteurs ignorent l’emplacement du serveur hébergeur ou s’il existe un risque de perte de ces données. Mais des garde-fou supplémentaires seraient envisagés, sans plus de précisions.

 
Les deux autres propositions apparaissent plus modérées mais visent à accélérer l’obtention de ces données, jugée trop lente actuellement. L’une, cela a été dit, permettrait de demander l’accès aux données directement auprès de l’entreprise concernée, sans passer par les autorités des Etats. L’autre possibilité consiste à obliger Facebook et Google à transmettre les données exigées par la police d’un autre Etat membre.

La commissaire européenne pencherait plutôt vers la première option, alors que nombreuses sont les inquiétudes autour des données personnelles ainsi que pour les entreprises concernées qui craignent de voir les internautes se détourner de leurs services pour protéger la réutilisation de leurs données. Comme d’habitude, les décisions instantanées l’emportent sur un effort de réflexion.

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