Pour Free, l’Etat favoriserait le monopole d’Orange sur la fibre optique

Maj. le 22 mars 2018 à 10 h 27 min

Free est actuellement entendu par l’Assemblée Nationale afin d’expliquer à l’Etat la stratégie de l’opérateur sur l’année. Celui-ci a profité de l’occasion pour tacler Orange, qui selon lui a été favorisé par le gouvernement sur la fibre et est en situation de monopole.

free impresionne 17 millions abonnes

La situation entre les différents acteurs des télécoms en France est tendue en 2016. Beaucoup souffrent encore des retombées dues à la baisse drastique des prix des forfaits mobiles, qui aura endigué (selon eux) leur possibilité d’investir dans leurs réseaux.

Le PDG d’Orange Stéphane Richard argumentait il y a peu que si ses concurrents voulaient investir, ils le feraient. Une déclaration choc qui a tendance à simplifier un processus beaucoup plus complexe que cela. Et Free, face à l’Assemblée Nationale, a mis en évidence une autre pièce de l’échiquier.

Maxime Lombardini, directeur général d’Iliad, a en effet déclaré face à l’hémicycle que « l’opérateur historique ne doit pas profiter de la fibre pour remonopoliser. Or, aujourd’hui, c’est ce qui se passe » argumentant que les 70% de parts de marché sur la fibre FTTH d’Orange n’était pas uniquement liés « à son talent« .

Celui-ci ajoute à cela les 550 millions d’investissements qu’a fait l’opérateur sur la fibre en 2016, alors que pour Free : « Nous versons plus que cela, nous seuls à Orange, au titre du dégroupage quand on utilise son réseau cuivre« . Une situation analogue aux frais d’itinérance discutés le jour d’avant sur le mobile.

Pour l’opérateur d’Iliad, le constat est simple : l’acteur historique est favorisé sur de nombreux niveaux : « jusqu’en 2009, Orange s’est réservé l’usage des fourreaux (les tuyaux dans les routes) pour déployer la fibre, alors que les autres devaient creuser des tranchées ou passer par les égouts. Tout cela a permis à l’opérateur historique de couvrir toute la zone dense quand les autres ne pouvaient pas y accéder ».

Sur les mutualisations également : « C’est une barrière à l’entrée énorme dans les zones denses. Rien qu’à Paris, il y a 65 000 immeubles dans lesquels il faut entrer et cela nous pose de gros problèmes ». Maxime Lombardini l’accuse même de pratiquer des tarifs surfacturés dans leur co-investissement.

Il résume donc : « Aujourd’hui, on a un opérateur historique qui est en train de balayer tout le monde sur la fibre parce que le cadre lui est trop favorable !« . De quoi remettre en perspective la dernière étude de l’ARCEP.

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