Messageries chiffrées : Bernard Cazeneuve n’en veut plus !

Maj. le 9 octobre 2018 à 14 h 01 min

WhatsApp, Facebook Messenger…les messageries instantanées se mettent toutes au chiffrement de bout en bout pour mieux protéger la vie privée de l’utilisateur. Une initiative appréciable mais qui pourrait bien se voir compromise en France car le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve entend bien limiter ce chiffrement.

bernard cazeneuve

Alors que Facebook Messenger s’est enfin mis au chiffrement avec le mode « Conversations secrètes », suivant ainsi les traces de WhatsApp, Bernard Cazeneuve rencontrait hier son homologue allemand. But de cette rencontre ? Une initiative européenne de lutte contre le terrorisme qui passerait notamment par une limitation du chiffrement des messageries instantanées.

En assimilant le statut des messageries instantanées comme WhatsApp ou Facebook Messenger désormais trois fois plus utilisées que les SMS à celui des opérateurs téléphoniques comme le souhaite la Commission Européenne, le ministre de l’intérieur espère ainsi pouvoir faciliter l’accès des autorités aux communications des utilisateurs. Le Conseil National du Numérique est fermement opposé à cette initiative :

« De telles mesures auraient pour conséquence d’affaiblir la sécurité des systèmes d’information dans leur ensemble en ouvrant des failles de sécurité utilisables par tous, à des fins légitimes ou mal-intentionnées. »

Le président du CNNum, Mounir MAHJOUBI, n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler les enjeux du chiffrement utilisé aussi bien par les entreprises pour sécuriser leurs transactions que par les particuliers et qui selon lui reste « un élément essentiel de notre sécurité en ligne et, partant, de celle de notre pays ». Le CNNum reste, par ailleurs, convaincu qu’une limitation du chiffrement aurait « une efficacité toute relative sur l’infime minorité d’utilisateurs ciblés ».

De son côté, Bernard Cazeneuve a posté plusieurs tweets successifs dans lesquels on peut notamment lire qu’au cours du premier semestre 2016, le nombre d’individus interpellés en lien avec des réseaux terroristes était équivalent à celui de toute l’année 2015 ou encore que sur les sept individus arrêtés en août par la DGSI, « au moins 3 avaient des projets constitués ».

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