Bouygues Telecom : pas de rachat mais un mariage avec Orange

Bouygues Telecom et l’opérateur historique Orange seraient en pourparlers pour que le premier cède ses activités de téléphonie. Bouygues était déjà la cible de Patrick Drahi avant qu’il ne rachète SFR, il chercherait désormais non pas un rachat mais une union avec la société de Stéphane Richard.

Ce projet ne date pas d’hier puisqu’il s’agit de la réanimation d’une tentative amorcée en 2014. Cette opération de cession a repris à la mi-novembre après que les enchères des Fréquences en or aient été clôturées, Orange ressortant grand gagnant de cette vente.

Martin Bouygues, patron du conglomérat majoritairement présent (90 %) dans les travaux publics verrait avec ce rapprochement une valorisation à hauteur de 10 milliards d’euros de son secteur des télécommunications. Si la cession de ses activités de téléphonie (en titres) devait avoir lieu, Bouygues deviendrait alors titulaire d’une part de 22 % d’Orange, là où l’Etat en possède 25 %. Une issue visiblement plus que profitable pour Bouygues qui désire conserver une présence au sein de la télécommunication.

Ne se débarrassant pas à proprement parler de son implication dans les télécoms, Bouygues a pu ainsi infirmer les rumeurs de rachat par Orange laissant davantage sous-entendre une union plus qu’une acquisition. Pour l’instant néanmoins, celle-ci n’en serait qu’à ses balbutiements et plusieurs obstacles vont se présenter sur le chemin des deux acteurs.

martin bouygues
Martin Bouygues

Il faut savoir que lors de la tentative de rachat par Patrick Drahi proposant alors une enveloppe de 10 milliards, le gouvernement avait fait entendre sa désapprobation quant à une telle manœuvre, pointant du doigt une action contraire aux priorités comme l’emploi, l’investissement et l’amélioration du service aux consommateurs.

Alors qu’elle sera la décision de l’État face à cette nouvelle tentative mêlant Martin Bouygues et Stéphane Richard ? Peut-être que les 2,8 milliards d’euros engrangés à l’issue de la vente des antennes 700 MHz sauront le convaincre de laisser le paysage des télécoms français passer de quatre à trois opérateurs.

Bouygues et Orange auront non seulement besoin de l’accord du gouvernement, auquel Bouygues réclame d’ailleurs plus de 2 milliard d’euros, ils devront également obtenir celui de l’Autorité de la concurrence. Si celle-ci semble flexible sur le nombre d’opérateurs en France, cela pourrait ne pas être la même histoire au niveau de la Commission Européenne. En effet, sa commissaire à la concurrence semble peu encline à avaliser une telle opération, l’ayant déjà refusé à deux opérateurs danois.

Il lui faudra également obtenir le consentement de ses deux concurrents, SFR et Free Mobile. En s’unissant avec Orange, Bouygues Telecom se verrait démantelé et ses réseaux fixes, équipes et fréquences pourraient être répartis parmi leurs concurrents qui auraient tout intérêt à suivre le courant puisque la disparition d’un concurrent apaiserait la guerre des prix.

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