Wikileaks : Chirac, Sarkozy et Hollande espionnés par les américains depuis 2006 !

Date de dernière mise à jour : le 5 avril 2016 à 11 h 52 min

Wikileaks a encore frappé ! Comme l’avaient mentionné Libération et Médiapart qui avaient eu les documents en avant-première, Wikileaks a dévoilé des informations jusqu’à maintenant confidentielles concernant un programme d’espionnage visant l’Elysée ainsi que d’autres parlementaires et fonctionnaires français orchestré par les américains. Le début des écoutes daterait de 2006.

Les documents obtenus par Wikileaks sont sans équivoque : de 2006 à Mai 2012 Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont été espionnés par les services secrets américains. Les documents en question, baptisés par Wikileaks « Espionnage Elysée », sont en fait cinq rapports d’analyses de la NSA appelés « Global SIGINT Highlights » qui émanent d’un bureau identifié comme étant celui des Summary Services (service des synthèses).

Ils regroupent les « faits marquants » tirés du renseignement d’origine électromagnétiques ainsi que les interceptions de communications. Evidemment, tous ces documents sont classés « Top Secret » et ne sont normalement réservés qu’aux responsables des services secrets américains.

Dans les coulisses du pouvoir

Que révèlent ces documents ? Les contenus sont divers et variés, mais tous concernent les hautes sphères de l’Etat. On apprend par exemple que Jacques Chirac, alors qu’il était Président de la République en 2006, a poussé son candidat pour le poste de sous-secrétaire général adjoint des Nations Unies.

On apprend également que Philippe Douste-Blazy, son Ministre des Affaires Etrangères à l’époque, avait tendance « à faire des déclarations inexactes ou inopportunes » ou encore que Nicolas Sarkozy se voyait en 2008 comme « le seul homme capable de résoudre la crise financière ». Sans blague ?

François Hollande n’y a pas échappé non plus puisque la dernière écoute date du 22 Mai 2012. Ce mémo révèle que des « réunion secrètes » concernant la sortie de la Grèce de la zone euro ont été tenues mais également que le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault s’inquiétait de la réaction d’Angela Merkel si elle apprenait que le Président de la République avait rencontré l’opposition allemande.

Pas de quoi renverser un pays, mais c’est avant tout la pratique qui est pointée du doigt. Car Wikileaks ne rend pas que ces documents publics. Il publie également un extrait de base de données de la NSA où figurent des numéros de téléphones qui lui permettent de collecter massivement des informations concernant la politique intérieure du pays notamment en matière d’économie. Les numéros de téléphones sont évidemment ceux de hauts fonctionnaires, de parlementaires, de ministres et même celui de Nicolas Sarkozy.

wikileaks nsa numeros telephones

Crédits : Libération

C’est promis, j’arrête

Suite aux révélations de Wikileaks, Libération et Mediapart ont sollicité la NSA, la Maison Blanche ainsi que l’entourage de François Hollande. Du côté des américains, c’est le silence radio complet.

A l’Elysée, on assure qu’en février 2014, lors de la visite de François Hollande à la Maison Blanche, Barack Obama s’est engagé à « ne plus pratiquer d’écoutes indifférenciées concernant les services de l’Etat des pays alliés ».

Des propos qui devraient rassurer Angela Merkel qui s’était indignée de découvrir dans le journal Spiegel que la NSA avait ciblé son téléphone portable. Elle avait alors déclaré : « s’espionner entre amis, cela ne se fait pas ». Visiblement les Etats-Unis et l’Allemagne n’ont pas le même sens de l’amitié.

Dans tous les cas de figure, cet espionnage massif des hautes sphères de l’Etat révèle qu’il existe une zone d’ombre dans les relations entre les Etats. C’est d’ailleurs l’un des points les plus obscurs de la loi renseignement qui sera votée aujourd’hui malgré toutes les controverses qui l’entourent.

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Réagir à cet article

  • no quarter

    Les USA n’ont pas d’amis ou d’alliés….ils n’ont que des intérêts.

    • Lnely

      Ce qui conduira leur perte :)

    • leatherface

      Tu as bien écouté la radio ce matin. C’est bien.

  • lemaitre

    La lutte pour faire cesser ces écoutes sera longue car même les installations de nos opérateurs sont truffées de mouchards permettant à des agences américaines, chinoises, coréennes de nous espionner. Toute architecture réseau à l’échelle nationale et même européenne doit dans ce cas être revue, tant sur le plan hardware que software. Ce n’est pas pour rien que certains composants Huawei sont interdits aux usa. Il faut que l’Europe s’engage dans un projet de d’indépendance numérique par rapport aux usa : c’est une urgence

    • Lnely

      Sauf que l’europe est soumise, et c’est tellement le bordel entre tous ces pays (EU), qu’il faut même pas esperer une révolution d’unification.. Faut pas chercher, c’est chacun pour sa gueule. Et ca a toujours été le cas en fin de compte

  • Miidou B

    Les chinois doivent ce fendre la poire