SFR convoqué par le gouvernement suite à l’annonce de ses 5000 licenciements

SFR n’en a pas fini avec ses déboires. La semaine dernière, l’opérateur annonçait vouloir licencier 5000 employés dans les années à venir. Un plan de licenciement qui ne semble pas plaire au gouvernement qui a convoqué l’opérateur.

Il fallait presque s’en douter. La semaine dernière, SFR annonçait qu’il prévoyait de supprimer près de 5000 emplois sur les dix années à venir. Au total, cela représente plus d’un tiers de ses effectifs. Un choix qui inquiète visiblement le gouvernement.

En effet, lors du rachat de SFR par Numéricable, Patrick Drahi s’était engagé à ne supprimer aucun emploi pendant trois ans. La fin de ces engagements arrivera à terme l’année prochaine, le 1er juillet 2017. Mais attendre trois ans pour finalement licencier en masse, c’est loin d’être satisfaisant pour le gouvernement et les syndicats.

« Beaucoup de gens en souffrance »

D’autant que les arguments avancés par l’opérateur ne semblent pas très convaincants. En tout cas, aux yeux des syndicats, c’est une certitude. Ainsi, Laurence Barma, de la fédération CFDT-F3C, a qualifié l’annonce de SFR de « brutale » et explique à nos confrères du Monde :

Avant d’annoncer des suppressions d’emplois, il faudrait peut-être que [les dirigeants de SFR] parlent de la stratégie et du modèle économique qu’ils veulent mettre en place. Or ils n’en parlent pas du tout.

Laurence Barma ajoute que depuis les rachat par Patrick Drahi, les conditions chez SFR sont devenues extrêmement compliquées. Nous vous racontions il y a quelques mois maintenant à quel point la nouvelle stratégie de SFR était devenue un enfer. Ainsi une autre source syndicale explique :

Ce qu’on voit, c’est déjà beaucoup de gens en souffrance et en burn-out. Cela ne pourra que s’aggraver avec les suppressions d’emplois.

Une autre se demande carrément « comment l’entreprise va pouvoir fonctionner avec si peu de salariés ». Il est vrai que passer d’un effectif de 14 000 personnes à 9 000 peut paraître surprenant dans une stratégie de reconquête. Si c’est bien la stratégie envisagée par SFR.

Nécessaire pour vendre des abonnements à 1 euro par mois

De son côté, SFR tente de minimiser la chose. L’opérateur explique qu’aucun chiffre n’a été donné aux syndicats et que parler de 5 000 emplois supprimés est de la pure spéculation.

Par ailleurs, l’opérateur explique que les syndicats et l’entreprise sont tombés d’accord sur la réorganisation du groupe, une nécessité absolue selon les deux partis. Patrick Drahi aurait même en toute transparence expliqué que « la garantie de l’emploi a rendu les choses compliquée et créé des tensions ». Le groupe affirme par ailleurs qu’il a toujours été très clair que le groupe était en « sureffectif ».

Enfin, comme pour asséner un dernier argument presque imparable, l’opérateur a comparé sa stratégie à celle de ses concurrents. Selon le groupe, SFR est le seul à ne pas avoir licencié pendant trois ans alors qu’il a suivi la tendance des forfaits à prix imbattables.

On est quand même dans une situation en France où tous nos concurrents ont licencié à tour de bras, et nous, on a pris une garantie sur trois ans à un moment où on vend à 1 euro par mois des abonnements.

Dans tous les cas de figure, SFR va devoir s’expliquer avec la ministre Myriam El Khomri. Mais quoi qu’il arrive, le grand perdant de l’affaire sera encore une fois le client. Comme le craignent les syndicats, ce plan de licenciements massif signerait « la casse industrielle » de l’opérateur.

Tous craignent une baisse de la qualité de service de l’opérateur déjà très critiquée depuis le rachat de SFR par Numéricable. Son réseau 4G a pris du retard, son offre fibre a été requalifiée et la qualité globale de son service client est souvent mise en cause. Avec ce plan de licenciement, si SFR fait du bien aux finances du groupe, pas sûr qu’il adopte une stratégie gagnante à moyen et long terme.

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Réagir à cet article

  • iAndroid

    Ah oui et qu’est-ce qu’il va faire le gouvernement hein ? SFR est une entreprise privée, donc le directoire fait ce qu’il veut.
    Bon je vous le mets dans le mille : SFR va avoir droit à une enveloppe puisqu’à moins d’un an des élections le gouvernement donne de l’argent à crédit à tout le monde. Mais la contrepartie c’est que l’an prochain, quel que soit le nouveau gouvernement , on va les payer très chèrs ces « cadeaux » et on va morfler grave aux impôts, augmentations insidieuses de taxes, nouvelles taxes, etc.

    • Mr Patator

      Ben non, puisque dans tou les cas c’est en été 2017 que la casse aura lieu. Pas besoin d’enveloppe.
      D’autre part, SFR est une entreprise privée certes, mais qui bénéficie déja très probablement des largesses de l’état (CICE, le plan compétitivité recherche, montage financier pour bénéficier d’un TVA réduite…). Donc à ce titre, elle a des comptes à rendre.

  • Nicolas

    Sérieux, le mec a racheté SFR pour faire couler cette boite et tous ceux qui y bossent …
    Vraiment dommage. Je pense que si cela aurait été Bouygues, cela aurait été moins catastrophique !!!
    SFR va disparraitre petit à petit…

  • Sylvain Janot

    ppff, campagne de communication du gouvernement, comme d’hab.

    Grosse campagne de communication pendant un mois dans tous les médias comme quoi le gouvernement va se mobiliser pour empêcher les licenciements.

    Et ensuite quand les licenciements arriveront en 2017, peut-être qu’un média au fin fond de la Creuse fera remarquer que l’action du gouvernement n’a absolument rien protégé du tout et n’était que du vent.

    On commence à les connaitre leurs ficelles….

  • vinakumarathysanchtan

    Quil recrutent des informaticiens indiens et vire les gros salaires et laisse le petit personnel avec leurs maigres salaires au lieu den licencier 5000inutilements.

    • Fireworks

      Bah oui, allons y, vu que le taux de chômage n’est pas suffisant allons chercher des travailleurs dans d’entre pays ! Sinon, sérieusement, c’est sa votre solution ? …

  • Shimaran

    Si la société était bien gérée elle n’aurait peut-être pas besoin d’autant de salariés, mais au moins on ne parlerait pas de licenciement massif. Ce n’est pas aux salariés de subir la mauvaise gestion de l’entreprise, c’est au(x) patron(s) de prendre leurs responsabilités.

  • « Selon le groupe, SFR est le seul à ne pas avoir licencié pendant trois ans alors qu’il a suivi la tendance des forfaits à prix imbattables. » Euh, parce que t’avais pas le droit, sinon, tu t’en serais pas privé, au contraire …